International

Elections, adhésion à l’UE… les défis d’Erdogan

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5255 Le 19/04/2018 | Partager
Le président turc convoque des scrutins anticipés pour juin
Pas de nouveau chapitre de négociations avec l’Union

Le président turc Recep Tayyip Erdogan vient d’annoncer des élections présidentielle et législatives anticipées pour le 24 juin, soit un an et demi plus tôt que prévu. Il y briguera un nouveau mandat aux pouvoirs considérablement renforcés.

En effet, ce scrutin marquera l’entrée en vigueur de la plupart des mesures renforçant les prérogatives du chef de l’Etat, adoptées lors d’un référendum constitutionnel en avril 2017. Prévoyant notamment la disparition de la fonction de Premier ministre. Cette révision constitutionnelle permet à Erdogan (âgé de 64 ans) de briguer deux nouveaux mandats de cinq ans. L’homme fort de la Turquie est au pouvoir depuis 2003, d’abord comme Premier ministre puis comme président.

Erdogan a justifié cette décision par la nécessité de passer urgemment au système présidentiel afin de faire face à «l’accélération des développements en Syrie» et la nécessité de prendre rapidement des «décisions importantes» sur la situation économique du pays. Les élections anticipées se dérouleront alors que le pays vit au rythme des purges massives lancées après la tentative de coup d’Etat de juillet 2016 qui ont tendu les rapports entre Ankara et l’Occident.

Peu après cette annonce, le Parlement a d’ailleurs voté une nouvelle extension (la septième de suite) de l’état d’urgence instauré dans la foulée du putsch avorté. Bien que la principale formation d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), ait exigé sa levée «immédiate».

Sur un autre registre, l’UE a écarté toute ouverture d’un nouveau chapitre dans les négociations d’adhésion de la Turquie. Tout en estimant que les récentes actions d’Ankara, notamment en mer Egée, n’étaient «pas propices à de bonnes relations» avec ses voisins européens.

«La Turquie est un pays candidat, un partenaire déterminant pour l’UE et un acteur clef. Mais le moment n’est pas venu d’ouvrir un nouveau chapitre dans les négociations…», a expliqué la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini. Laquelle a présenté, le 17 avril, le rapport d’évaluation de la Commission européenne sur les pays candidats à l’adhésion à Strasbourg, où le Parlement européen est réuni en session plénière.

Les droits fondamentaux

«Notre analyse montre que le pays continue à s’éloigner à grands pas de l’Union européenne en particulier dans le secteur de l’Etat de droit et des droits fondamentaux», a indiqué de son côté le commissaire autrichien Johannes Hahn, responsable de la politique d’intégration européenne. La plupart des Etats membres de l’UE n’ont toutefois pas souhaité pour l’heure suspendre officiellement ces négociations d’adhésion. Ils craignent de provoquer une rupture définitive avec un partenaire clé sur le dossier migratoire et dans la lutte antiterroriste.

F. Z. T. avec agences

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