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Fibre optique: Orange met les bouchées doubles

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5253 Le 17/04/2018 | Partager
Plus de 6.000 km installés à ce jour!
Le volet autorisations, crucial pour l’activité
La fiscalité à revoir pour accélérer le déploiement
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La micro- trancheuse Cleanfast est l’outil idéal pour le déploiement de réseaux de fibre optique en milieu urbain et autoroutier. L’engin permet de creuser des tranchées de 15 à 20 cm de largeur et 40 cm de profondeur (Ph. Orange)

Des travaux partout et des tranchées qui traversent les voiries de bout en bout. Les Casablancais ont certainement remarqué le foisonnement des chantiers d’installation de fibre optique, menés depuis un peu plus d’un an par Orange.

Du quartier Racine à Californie en passant par Belvédère, 2 Mars, Taddart,  Maârif, Ennassim … Sans oublier, Bouskoura, Mohammedia, Dar Bouazza... Au-delà de Casablanca, plusieurs zones sont également couvertes à Rabat, Marrakech, Tanger et Salé. «En tout, plus de 6.000 km de fibre optique sont actuellement déployés dans les principales villes», précise Fayssal Soulaymani, directeur Business Unit chez Orange.

Une étape qui devra durer encore quelques années. Le Maroc compte près de 7 millions de foyers avec une moyenne de 200.000 logements par an.

Monsieur fibre optique chez Orange reste toutefois discret sur le taux de couverture, ainsi que les investissements dédiés à ce chantier, car le plan de déploiement d’un opérateur est, selon lui, hautement stratégique et confidentiel. Les quartiers à raccorder sont choisis en fonction de la demande des riverains. D’ailleurs, un numéro est mis à la disposition des habitants pour leur permettre de formuler leur requête (0520 121 121).

Cette exigence se justifie par le coût exorbitant des installations. Pour chaque km de fibre optique déployé, il faut compter en moyenne 200.000 à 400.000 DH. Ce qui laisse deviner l’investissement global pour les 6.000 km déjà raccordés et les prochains à couvrir. «Ce sont des investissements colossaux, coûteux en budgets, en temps et en énergie», confirme Soulaymani. Le dégroupage ou le partage d’infrastructures avec l’opérateur historique aurait pu réduire ces frais supplémentaires. Mais l’expérience n’a pas été concluante. 

«Ça n’a pas de sens de faire 3 fois les travaux d’installation. Ce sont des surcoûts qui peuvent être évités et c’est surtout un désastre pour la ville», est-il expliqué. En effet, les voiries sont jonchées de tranchées (de 15 à 20 centimètres de large et 40 cm de profondeur) qui même après réfection restent visibles. Sans compter les désagréments occasionnés durant les travaux. «L’idéal serait de passer avant les travaux sur les voiries, quand nous sommes avisés à temps, mais ce n’est pas toujours le cas», déplore le manager.

Développer une coopération plus étroite avec la ville est l’idéal pour coordonner les travaux en concertation avec les autorités locales. Les procédures d’octroi des autorisations, complètement dématérialisées grâce au portail «Rokhas.ma», sont aujourd’hui plus fluides. En revanche, la ville pourrait contribuer au développement du réseau via des incitations fiscales.

En effet, les installations des opérateurs télécoms ne sont pas gratuites. Les coûts d’occupation du domaine public dépendent des villes et sont de 2 types: coûts de dégradation et coûts d’occupation. Casablanca est la ville où ces coûts sont les plus élevés. Ils sont comptabilisés par mètre linéaire pour les tranchées et par mètre carré pour les chambres.

La redevance annuelle pour les câbles installés dans le sol ou le sous-sol est fixée à 6 DH/ m. Les opérateurs devront également débourser 100 DH/m² au sol occupé par les boîtiers de raccordement. S’y ajoutent 500 DH par trimestre pour chaque armoire réseaux occupant le domaine public.

Certes, ce sont des recettes fiscales non négligeables pour la ville, mais les réduire permettra de favoriser l’investissement dans le raccordement et la connectivité de nouveaux quartiers.

Orange raccorde aujourd’hui à la fois des bâtiments anciens au niveau des centres villes et des résidences neuves. «Nous nouons des partenariats avec les promoteurs immobiliers et les supportons pour qu’ils équipent leurs projets en fibre optique», fait valoir le management.

Mode d’emploi

Pour chaque nouvelle rue fibrée par Orange, plusieurs étapes sont nécessaires:
● Etude de la zone à fibrer et définition des tracés et de l’ingénierie propre à la zone.
● Obtention des autorisations en fonction des tracés
● Balisage du site, information sur les travaux aux gardiens et concierges la veille du démarrage des travaux
● Journée consacrée aux travaux: Analyse du sol, réalisation des tranchées, pose des fourreaux, mise en place d’une réfection provisoire et nettoyage du site
● Installation des chambres de raccordement au niveau des rues dans les 2 jours qui suivent la réalisation des travaux. Ces chambres permettent de raccorder plusieurs immeubles au réseau
● Adduction de chacun des immeubles à partir de la semaine suivante. C’est cette adduction qui fait le lien entre la chambre et le boîtier de pied d’immeuble, généralement situé au sous-sol. A partir de ce boîtier, un câblage au niveau de la colonne montante des immeubles dessert les différents étages jusqu’aux points de branchement optique (PBO) situés sur les paliers. Chaque client Orange est ensuite installé depuis ce PBO jusqu’à son appartement par un câble optique relié à son routeur
● La réfection finale suivie d’un enrobé à chaud se fait environ 15 jours après les travaux de tranchée (sauf conditions exceptionnelles).

                                                               

Subventionner le raccordement

Pour promouvoir la smart-city de demain, les villes, les régions et les communes devraient aussi mettre la main à la poche pour co-financer l’installation de fibre optique. En France, par exemple, les communes co-investissent pour que les opérateurs déploient la fibre en  milieu rural.

Ce qui limite l’exode rural, favorise le télétravail et donne accès aux services de base, aux soins… Avec tout ce qui s’en suit comme réduction considérable des déplacements urbains (moins de pollution, économie de ressources, d’énergie…).

L’impact du très haut débit sur le développement des territoires figure d’ailleurs au programme de la 4e édition du symposium dédié à la fibre optique et aux bâtiments intelligents. Co-organisé par Orange et AOB Group, l’évènement se tiendra le 8 mai prochain à Casablanca. Il aura pour thème: «Connectivité avancée au service de l’attractivité des territoires».

Il s’agit d’un rendez-vous annuel pour les professionnels des télécoms, les fabricants et installateurs de fibre optique, les promoteurs immobiliers, architectes, bureaux d’études, aménageurs-développeurs…

 

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