Economie

Anti-corruption: Le gouvernement revoit sa copie

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5249 Le 11/04/2018 | Partager
Une réunion extraordinaire de la Commission dans trois mois
Objectif: identifier les 4 à 5 hauts risques de corruption la semaine prochaine
C’est décisif pour corriger les défaillances d’une «stratégie cocotte-minute»

Le constat est alarmant: la stratégie nationale de lutte contre la corruption est en panne.  Elle sera revue en profondeur, dans un souci de pragmatisme. La proposition de Mohamed Benabdelkader de convoquer une réunion extraordinaire dans trois mois, a été validée par le chef du gouvernement. L’objectif est de réadapter cette stratégie.

Le gouvernement a le droit de revoir, fusionner certains projets pour plus d’efficacité. Il a un programme, des engagements. «Il est impératif qu’à la fin de 2018, je présente un rapport de synthèse comprenant 3 à 4 projets qui auront abouti», a souligné le ministre de la Réforme de l’administration et de la fonction publique, en marge du Forum de la MAP organisé hier.

Selon lui, la stratégie élaborée à la fin de l’ancienne législature souffre d’anomalies à la naissance puisqu’elle a été conçue d’une «manière surdimensionnée, avec pas moins de 239 projets, c’est trop!», a jugé Benabdelkader. Le ministre a recommandé «une autre approche, celle des risques». Une autre réunion est programmée la semaine prochaine pour identifier les 4 à 5 hauts risques de corruption dans les services publics.

«Nous passerons aux risques moyens et aux plus faibles», a-t-il ajouté. Gendarmerie, DGSN et justice,… participent à ces réunions de travail. Cette rencontre permettra également de fixer les projets susceptibles d’êtres fusionnés, en établissant les priorités.

La stratégie nationale de lutte contre la corruption a été validée par l’ancien chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, lors d’une réunion qu’il avait présidée avec la présence de quelques ministres.

Cette stratégie avait prévu notamment des programmes, des projets et des mécanismes de suivi. Visiblement, ce chantier a été construit dans la précipitation, dans un souci électoral. Comme la lutte contre la corruption et la prévarication a été un slogan porteur lors des législatives de 2011, il fallait reconquérir cette base électorale par une stratégie cocotte-minute.

Trois missions

La Commission nationale dispose de trois missions dont la première est d’assurer le suivi de la mise en œuvre de la stratégie. Ce n’est pas la commission de la mise en œuvre de la stratégie.
La deuxième mission, qui a été abordée lors de cette réunion est d’examiner les possibilités de mobilisation des partenaires internationaux pour promouvoir la probité et l’intégrité dans les services publics. Il s’agit notamment de l’OCDE, l’UE ainsi que d’autres acteurs.
La troisième mission est la présentation du rapport de synthèse sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de cette stratégie. «La stratégie n’est qu’une partie des missions de cette Commission. Elle a tout introduit sans prioriser. Or, la bonne gouvernance exige de planifier tout en fixant les priorités», indique le ministre.

 

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