International

Guerre commerciale: A chacun ses intérêts

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5237 Le 26/03/2018 | Partager
USA vs Chine, sanctions et représailles
L’UE défend aussi sa cause
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Depuis le début de la guerre commerciale, la cible de la Maison-Blanche était la Chine.  Washington qui envisage de taxer les importations chinoises à hauteur de 60 milliards de dollars, Pékin qui réplique, puis une bataille devant l'OMC… le bras de fer des deux plus grandes puissances économiques de la planète se poursuit.

Face aux tensions commerciales, les Bourses mondiales ont chuté la semaine dernière. Côté américain, les nouvelles sanctions sont avant tout un «prélude à une série de négociations», a assuré le ministre du Commerce, Wilbur Ross. L'administration américaine a désormais 15 jours pour publier une liste de produits qui seront frappés. Voici quelques effets et conséquences:

■ Une «demande de consultation» devant l’OMC: Concrétisant une menace brandie par le président Donald Trump, le Bureau du représentant américain au Commerce a indiqué avoir déposé une «demande de consultation» avec Pékin devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Et ce, à propos de certaines mesures chinoises relatives à la protection des droits de propriété intellectuelle. En fait, Washington reproche depuis des années à la Chine de tirer profit du système de coentreprises imposé aux entreprises étrangères qui s'implantent chez elle pour retarder les innovations technologiques américaines.

■ Fruits, viande de porc…:
La Chine a répliqué en dévoilant une liste de 128 produits, ou lignes tarifaires, sur lesquelles elle appliquera des droits de douane de 15% à 25%... en cas d'échec des négociations. Les produits américains ciblés par la Chine, par exemple les fruits, la viande de porc ou l'aluminium, pèsent à peine 2% du total des exportations américaines vers ce pays. La liste ne comprend cependant pas le soja. Si ce produit devait être visé, les conséquences pourraient être graves pour les agriculteurs américains.

■ Le front européen: «L'Union européenne se réserve toujours le droit de répliquer à d'éventuelles taxes américaines sur l'acier et l'aluminium si elle n'en est pas exemptée de manière permanente», ont averti les dirigeants européens, réunis la semaine dernière en sommet à Bruxelles. L'administration Trump a joué la carte de l'apaisement avec plusieurs de ses principaux alliés, dont l'UE, en annonçant la suspension de ces taxes jusqu'au 1er mai. Plusieurs pays sont visés: l'Argentine, l'Australie, le Brésil, le Canada, le Mexique et la Corée du Sud. Donc, c'était bien la Chine qui était la première visée par ces taxes de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium. Et ce bien que Pékin ne fournisse que 2% de l'acier importé aux Etats-Unis et moins de 10% de l'aluminium.

■ Protectionnisme commercial: L’année 2017 a marqué le renforcement du protectionnisme commercial américain, avec 90 nouvelles mesures appliquées, contre 84 en 2016 et 86 en 2015, indique une étude d’Euler Hermes sur le développement du protectionnisme dans le monde. A noter, un usage croissant des taxes à l’importation et des mesures anti-dumping. La Chine et le Canada sont au cœur des préoccupations, ciblés respectivement par 30% et 20% des nouvelles mesures protectionnistes américaines l’an passé. La métallurgie est le 2e secteur le plus affecté dans le monde par la résurgence du protectionnisme (plus de 500 nouvelles mesures sur les 4 dernières années). Plus d’une barrière sur 3 concernant ce secteur a été appliquée par les Etats-Unis, selon l’étude.

                                                              

Le marché local

Cette guerre commerciale sur l’acier interpelle le marché local (cf. notre édition N° 5231 du vendredi 16 mars 2018). La sidérurgie joue un rôle majeur dans la chaîne de sous-traitance, d’approvisionnement et d’équipement de l’ensemble des branches industrielles (infrastructures & BTP, énergies & télécoms, transport, automobile & aéronautique, construction & produits métallurgiques, industries de transformation, agriculture…). Le secteur a réalisé un chiffre d’affaires de 10 milliards de DH en 2016. Côté investissements, les projets réalisés ont totalisé 15 milliards de DH (chiffres de l’Association des sidérurgistes du Maroc). Cette activité a également généré 1,1 milliard de DH de valeur ajoutée et compte pas moins de 5.000 emplois directs (cf. notre édition N° 5147 du 14/11/2017). Le Maroc a adopté des mesures anti-dumping sur les importations de tôles d’acier laminées à froid jusqu’en 2018. L’objectif est de protéger l’industrie nationale face aux exportations chinoises et d’autres pays asiatiques et européens dont l’excédent de production inonde les marchés.

 

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