International

Sommet G20 Finances : Les grands argentiers relancent les sujets qui fâchent

Par Fatim-Zahra TOHRY Omar KETTANI | Edition N°:5232 Le 19/03/2018 | Partager
Tensions commerciales, volatilité sur les marchés, fiscalité numérique…
Ils devront se rencontrer les 19 et 20 mars à Buenos Aires
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Les ministres des Finances et des présidents des banques centrales des pays du G-20 se retrouvent les 19 et 20 mars à Buenos Aires. Ils ont prévu de parler de plusieurs sujets: 
■ Les risques pour la croissance: A la veille du sommet G20 Finances, la DG du FMI Christine Lagarde a tenu à mettre en garde contre le protectionnisme qui pourrait compromettre l’expansion mondiale. Le Fonds monétaire international avait revu en hausse en janvier la croissance à 3,9% pour 2018 et 2019. Pour l’OCDE qui prédit aussi un taux au même niveau, l’expansion économique mondiale s’affermit (cf. notre édition N° 5229 du 14/03/2018).

■ Des mesures contre les tensions commerciales: Pour la patronne du FMI, la réunion du G20 devra se concentrer sur les mesures nécessaires contre les tensions commerciales ainsi que le récent pic de volatilité sur les marchés financiers et les incertitudes géopolitiques. Le président américain Donald Trump a annoncé récemment l’imposition de taxes de 25% sur les importations américaines d’acier et de 10% sur celles d’aluminium suscitant une myriade de critiques à travers le monde. L’Union européenne a ainsi fait savoir qu’elle préparait des représailles. En tout cas, cette guerre commerciale sur l’acier interpelle le marché local (cf. notre édition N° 5231 du vendredi 16 mars 2018). 

■ Les Gafa dans le collimateur: Poussée par la France, la Commission européenne s’apprête à présenter cette semaine ses propositions pour mieux taxer les géants du numérique ou les Gafa (acronyme de Google, Amazon, Facebook, Apple). Ces derniers sont pointés du doigt pour leurs pratiques d’optimisation fiscale agressive. L’exécutif européen préconise dans un premier temps de taxer entre 2% et 5% les revenus (et non les profits) générés par l’exploitation d’activités numériques. Ce projet ne vise que les grands groupes (aux chiffres d’affaires annuels supérieurs à 750 millions d’euros) et non les PME. Dans son collimateur en revanche, les recettes publicitaires tirées des données de leurs utilisateurs (le modèle de Facebook, Google ou Twitter) ou les revenus provenant de la mise en relation d’internautes pour un service donné -celui d’Airbnb ou Uber. 

■ Pas de consensus international: L’OCDE a constaté l’absence de consensus international sur la manière de taxer les géants du numérique, dans un rapport intermédiaire publié vendredi 16 mars. Les 110 pays, qui font partie du groupe piloté par l’OCDE sur l’érosion des bases fiscales et les transferts de bénéfices (BEPS), n’ont pas trouvé de terrain d’entente sur les mesures que pourraient prendre les pays en attendant un accord mondial. Washington, (qui vient d’approuver une réforme fiscale afin d’inciter les multinationales à payer leurs impôts aux Etats-Unis) et Bruxelles ne sont notamment pas parvenus à se mettre d’accord sur la manière de taxer ces groupes.

■ Les champions de la digitalisation: Les Etats-Unis, l’Allemagne et les Pays-Bas occupent les trois premières places du classement de l’Indice d’Agilité Digitale (IAD) d’Euler Hermes. Celui-ci mesure la capacité de 115 pays à fournir aux entreprises un environnement leur permettant de continuer leur développement dans un contexte de digitalisation de l’économie mondiale. L’Europe de l’Ouest place 16 pays dans le top 30, et la France se maintient dans le premier tiers (19e). L’Asie tire son épingle du jeu avec 8 pays parmi le top 30. Au Moyen-Orient, les Emirats Arabes Unis sont en pole position (24e), avec un score important en matière d’infrastructures logistiques, relatif à leur rôle de plateforme commerciale centrale dans la région. Les autres économies peinent à tirer leur épingle du jeu, en témoignent la 50e place de l’Arabie Saoudite et la 80e de l’Egypte. Le Maroc arrive à la 77e place.

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■ Large débat sur la monnaie virtuelle: Les cryptomonnaies et le débat animé qui les entoure s’invitent aussi au débat du sommet du G20 Finances. «Mais malgré tous les progrès technologiques observés dans les paiements ces dernières années, l’usage de l’argent liquide continue d’augmenter», relève une étude de la Banque des règlements internationaux intitulée «Les modes de paiement évoluent mais l’argent liquide reste roi». L’argent en circulation est passé de 7 à 9% du PIB, même s’il a régressé en Suède ainsi que dans quelques autres endroits. D’un autre côté, les paiements par carte (de crédit ou de débit) augmentent également. Ils sont passés de 13 à 25% du PIB entre 2000 et 2016. Les consommateurs détiennent davantage de cartes et les utilisent pour régler des transactions plus nombreuses et de montants plus modestes.

■ Traque aux paradis fiscaux: Les pays du G20 ont fait de la lutte contre les paradis fiscaux une priorité. Il y a quelques jours, les grands argentiers de l’UE ont ajouté à leur liste noire de paradis fiscaux trois pays et en ont retiré trois autres.  Ont été ajoutés Saint-Christophe-et-Niévès, les Bahamas et les îles Vierges des Etats-Unis, lors d’une réunion des 28 ministres des Finances de l’UE, mardi 13 mars, dans la capitale belge. Ceux qui ont été retirés sont le Bahreïn, les îles Marshall et Sainte-Lucie. Ils se retrouvent sur la «liste grise» des pays ayant pris des engagements de bonne conduite en matière fiscale qui feront l’objet d’un suivi. Outre les trois nouveaux pays des Caraïbes, se trouvent ainsi sur la liste noire: Guam, la Namibie, Palaos, les Samoa, les Samoa américaines et Trinité-et-Tobago, donc neuf au total.

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