Entreprises

Drapor investit 500 millions de DH

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5232 Le 19/03/2018 | Partager
Une nouvelle autorisation d’exploitation de dix ans en instance
L’entreprise devra s’en tenir aux nouvelles règles du jeu, notamment la loi sur les carrières
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Drapor compte investir 500 millions de DH au cours des cinq prochaines années, dont 250 millions de DH ont déjà été engagés pour la construction d’une nouvelle drague (Ph. L’Economiste)

Drapor, spécialisée dans l’exploitation du sable marin, rempile. Elle vient d’avoir l’accord de principe du ministère de l’Équipement pour le renouvellement de ses autorisations. Sauf que cette fois-ci, l’entreprise devra se conformer aux nouvelles dispositions réglementaires, notamment les lois sur les carrières et les ports. La réponse du ministère de l’Equipement à la demande de Drapor s’articule autour de trois points. Le premier porte sur une autorisation pour l’occupation temporaire du domaine public maritime pour l’entreposage du sable dragué. Le deuxième point indique que le dragage du cône de déjection (embouchure des oueds) et du chenal navigable relève des prérogatives de l’Agence nationale des ports (ANP). Par conséquent, c’est cette agence qui devra délivrer l’autorisation nécessaire.

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Le troisième point concerne le dragage du sable au large et en haute mer. Sur ce point, Drapor devra tenir compte des dispositions de la loi sur les carrières, notamment en matière de profondeur des fonds marins et de cahier des charges relatif à l’exploitation des carrières marines. La même loi prévoit l’obligation d’effectuer une étude d’impact environnemental. «Nous avons commandité cette étude à un cabinet spécialisé, agréé par le gouvernement. Les conclusions sont positives. Ainsi, il n’y a pas d’impact significatif sur l’environnement et le dragage a même des avantages en ce sens qu’il permet une ouverture des embouchures pour une meilleure circulation des masses d’eau», affirme Hassan Ayad, directeur général de Rimal. Selon le management, il faudra encore attendre la décision ministérielle pour les détails de l’autorisation, notamment la durée, qui devrait être de 10 ans, l’obligation de respecter le cahier des charges… L'Economiste n'a pas pu obtenir plus de détails auprès du ministère de l'Equipement.
L’entreprise dispose de trois plateformes de dragage: Mehdia, Azemmour, Larache (Khmiss Sahel). 
Le Maroc consomme annuellement 32 millions de m3 de sable par an. Selon les estimations de la profession, le sable du dragage représente 5%. En terme de recettes fiscales, Drapor représente 85% à cause de la prédominance de l’informel. Il s’agit de la taxe communale (6 DH/m3), de la redevance (10 DH/m3) et de la taxe spéciale sur le sable (25 DH/m3). A l’instar d’autres taxes parafiscales (sable et fer à béton), cette dernière est devenue déductible en vertu de la loi de finances 2018.
La feuille de route établie en 2014 par le ministère de l’Equipement suite à différentes études visait à orienter la consommation vers le sable de substitution pour atteindre 15 millions de m3 contre environ 10 millions actuellement.
L’objectif n’a pas été atteint. Pourtant ce n’est pas faute d’avoir essayé. Le ministère de tutelle avait bien lancé à plusieurs reprises des appels d’offres pour de nouvelles autorisations d’exploitation de sable de dragage à Tahaddart (entre Asilah et Tanger), Casa Nord, Casa Sud et Rass Hdid (nord d’Essaouira). Mais les appels d’offres n’ont pas abouti. 
La perspective de la reconduction des autorisations d’exploitation au profit de Drapor va en refroidir plus d’un. En effet, les producteurs de sable de concassage se frottaient déjà les mains à l’idée que la société serait évincée. Nombreux parmi eux se positionnaient pour combler l’éventuel gap. «Nous pourrions vite monter en régime via un investissement dans les installations. Certains opérateurs utilisant moins de 50% de leurs capacités de production n’ont besoin que d’un simple réglage des machines», explique l’exploitant d’une carrière de concassage.

Carte de visite

• Créée en 1984, la société a été rachetée par le groupe Satramarine en 2007
• 240 millions de DH de chiffre d’affaires
• 2.500 emplois dont 500 directs
• 5% de parts de marché
• 85% de contributions fiscales au titre de la taxe sur le sable
• 800 millions de DH d’investissement entre 2008 et 2017.

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