Economie

Les investisseurs ont moins peur d’aller en Bourse

Par Franck FAGNON | Edition N°:5230 Le 15/03/2018 | Partager
La prime de risque s’est établie à 6% en fin 2017 au plus bas depuis huit ans
Le rebond des résultats des sociétés cotées atténue les exigences des investisseurs
Hausse anticipée de 12% des bénéfices 2017 à 32,2 milliards de DH
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 Les investisseurs tolèrent une prime de risque moins élevée qu’auparavant pour aller en Bourse. Calculée selon la méthode de sondage, elle  s’est établie à 6% en décembre 2017. La rentabilité exigée par les investisseurs sur le marché actions tourne autour de 9%

Les volumes qui transitent en Bourse ne sont pas encore exceptionnels, mais la place gagne petit à petit en attractivité. La prime de risque du marché a poursuivi sa baisse en 2017. Celle-ci s’est établie à 6% en fin d’année selon la méthode de sondage, relève Attijari Intermédiation. La prime est en recul de 1,1 point par rapport à juin 2017 et se situe à son niveau le plus bas en huit ans.

La méthode adoptée par CFG Bank diffère, mais le constat est le même. Le rendement supplémentaire exigé par rapport au taux sans risque (bon du Trésor à 10 ans) est sur une tendance baissière depuis trois ans et affiche aussi un plus bas depuis huit ans.

Par catégorie d’investisseurs, les acteurs de référence sont les plus exigeants aujourd’hui avec une prime de risque de 7% selon l’enquête de la filiale d’Attijariwafa bank. Les institutionnels, les OPCVM ou encore les particuliers requièrent une prime de 5,7%. Elle ressort à 5,5% pour les étrangers. Le rendement exigé par les investisseurs (prime de risque + taux sans risque) pour se positionner en Bourse tourne autour de 9% selon Attijari Intermédiation.

Le contexte de taux bas sur le marché obligataire favorise les arbitrages en faveur du marché actions. Cette situation devrait perdurer encore un moment, prévoient les analystes. En outre, la mise en œuvre de la flexibilisation du dirham modifie quelque peu l’approche des investisseurs vis-à-vis du marché obligataire, dans la mesure où la valeur de la monnaie influencera davantage la courbe des taux. «Ils n’auront plus la même visibilité qu’auparavant sur les taux longs», relève un analyste.

En dehors de la situation sur le marché obligataire, l’amélioration des résultats des sociétés cotées encourage aussi le retour des investisseurs vers les actions. Après cinq années de baisse, les bénéfices de la cote ont retrouvé le chemin de la croissance en 2016 (+12%). La cuvée 2017 devrait confirmer ce rebond. Moins de 2/3 des entreprises cotées ont publié leurs résultats 2017 à deux semaines de la date limite. Néanmoins, les performances de certaines majors de la cote dont Maroc Telecom, Attijariwafa bank, BCP, Wafa Assurance, Saham Assurance... laissent entrevoir de bonnes perspectives. CFG Bank anticipe une hausse de 12% des profits à 32,2 milliards de DH (cf. L’Economiste n°5211 du 16 février 2018).

La croissance des profits devrait par la suite ralentir à 6% en 2018 anticipent les analystes de la banque. A court terme, les perspectives positives pour les résultats des sociétés cotées et l’environnement de taux bas qui devrait persister un moment soutiennent le Masi. Après deux années de hausse, le marché anticipe une nouvelle cuvée dans le vert pour l’indice vedette de la Bourse. CFG Bank pronostique un gain minimum de 5%. Le Masi affichait un gain annuel de 6,5% au 14 mars.

 

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