Entreprises

Ecosystème Renault: Tous les objectifs revus à la hausse

Par Nadia DREF | Edition N°:5225 Le 08/03/2018 | Partager
2 milliards d’euros/an de sourcing, 65% d’intégration locale, 50.000 emplois…
Renault et ses fournisseurs prêts à honorer leurs engagements à l’horizon 2023
Augmentation de la capacité de la Somaca à 90.000 véhicules en 2018

Près de 2 ans après la signature de la convention entre l’Etat et le groupe Renault, les objectifs sont revus à la hausse. 2 milliards d’euros additionnels par an de sourcing, 65% d’intégration locale, 450.000 véhicules produits, 868 millions d’euros d’investissements, 50.000 emplois directs et indirects… Ce sont là autant d’objectifs fixés pour l’écosystème Renault à l’horizon 2023.

Une annonce qui a été faite hier, mercredi 7 mars, à Casablanca, lors d’une conférence de presse tenue par Moulay Hafid Elalamy en présence de Fabrice Cambolive, directeur des Opérations de la Région Afrique, Moyen-Orient et Inde, et de Marc Nassif, directeur général du groupe Renault Maroc.

«Des objectifs ambitieux mais réalisables», a tenu à préciser le ministre de l’Industrie et du Commerce. Pour leur part, Renault et ses fournisseurs se disent prêts à honorer leurs engagements. «Pour remplir notre contrat à l’horizon 2023, nous utilisons la plateforme de l’Alliance Renault-Nissan Mitsubishi, la plus grande alliance automobile au monde. Plus que jamais, nous jouons notre rôle de locomotive au service de l’industrie automobile», précise Marc Nassif.

Cette montée en puissance est motivée par l’avancée notable de l’écosystème Renault au cours des deux dernières années qui le place sur la bonne voie pour atteindre les objectifs assignés d’ici 2023. En attestent les performances de 2017. En matière de sourcing, les approvisionnements du groupe Renault en pièces fabriquées à partir du Maroc pour ses usines marocaines et internationales, a dépassé un milliard d’euros en 2017.

Le groupe compte poser du simple au double et dépasser ainsi l’objectif initialement fixé (1,5 milliard d’euros/an), en 2023. Pour ce qui est du taux d’intégration locale du constructeur, il a dépassé les 50%. Autre indicateur, Renault et ses fournisseurs ont investi 815 millions d’euros, à fin 2017. Ce qui s’approche des 868 millions d’euros d’investissements visés en 2023. A fin 2017, l’écosystème aura permis la création de près de 14.000 emplois directs et indirects dans le Royaume.

«Le Maroc est parmi les bons élèves du constructeur. Avoir une visibilité de 3 ans est une très bonne chose. De même, le niveau d’intégration actuel est prometteur. Il fait la fierté du made in Morocco qui est en train de devenir un label et une force de frappe à travers les exportations et le marché local», affirme Fabrice Cambolive.

Un constat confirmé par le ministre du Commerce et de l’Industrie: «Des métiers à forts enjeux et des technologies nouvelles font leur entrée au Maroc et développent en profondeur l’intégration locale. Par ailleurs, l’écosystème réalise une forte montée en gamme des composants  made in Morocco».

De plus en plus, les métiers de l’automobile s’enrichissent de spécialisations à forte valeur ajoutée, tels le vitrage, les jantes aluminium, les systèmes de direction et de transmission ou encore l’ingénierie métiers. D’autres acteurs sont en cours d’implantation, notamment ceux spécialisés dans les amortisseurs, les tableaux de bord et les systèmes de navigation.

«Un bilan positif qui augmente l’attractivité de l’industrie automobile nationale. Aussi, l’arrivée d’un équipementier pneumatique n’est pas une urgence pour nous. Nous venons d’ailleurs de rejeter une demande de la part d’un acteur mondial qui voulait s’implanter au Maroc. Le business modèle qu’il a présenté ne nous a pas convaincus. Il a même échoué au niveau des tests d’homologation auprès des constructeurs présents au Maroc», fait valoir Elalamy, sans en dire plus. 

 Le PAI en mode turbo

L’écosystème Renault représente un maillon stratégique dans le Plan d’accélération industrielle (PAI). Le plan d’accélération automobile vise à atteindre à terme une capacité de production de 1 million de véhicules, la création de 170.000 emplois, un taux d’intégration de 65% et un chiffre d’affaires à l’export de 100 milliards de DH. Notons qu’en 2017, les exportations automobiles ont atteint 70 milliards de DH. Des réalisations qui se rapprochent des objectifs fixés d’ici 2023. L’arrivée de PSA devra également porter le taux d’intégration locale à 85% grâce à la production de moteurs. Le ministre, enthousiaste, ne désespère pas que «le groupe Renault puisse produire un jour des moteurs au Maroc».

Dépasser la barre des 400.000 unités en 2018

Pour booster la production locale, le groupe Renault a décidé d’augmenter la capacité de production de la Somaca qui sera portée à 90.000 unités d’ici fin 2018. Notons que l’usine casablancaise a produit, l’an dernier, 76.000 véhicules après une augmentation de capacités de 10.000 unités additionnelles en 2017. «Nous allons faire en sorte que cette usine soit un site de référence au sein du groupe», promet Fabrice Cambolive. Pour 2018, le groupe prévoit une production entre 80.000 et 90.000, selon la demande extérieure. D’après Marc Nassif, le groupe Renault devra franchir la barre des 400.000 véhicules produits au Maroc, l’année prochaine. Sachant que le constructeur a fabriqué localement 376.000 unités en 2017 et a commercialisé 70.000 véhicules sur le marché interne. Des chiffres record qui réconfortent la présence du constructeur français au Royaume. Par ailleurs, l’écosystème Renault a pour la première fois exporté depuis Tanger des pièces finies de Dokker vers l’usine de l’Argentine. Un sourcing qui va monter crescendo.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc