Entreprises

Le match Uber, Heetch et Careem

Par Amin RBOUB | Edition N°:5219 Le 28/02/2018 | Partager
Le volet réglementaire entretient encore le flou
Mais les formules se multiplient

Uber s’en va, Heetch se positionne. Le timing de ces deux événements qui ont marqué le marché des VTC (voiture de transport avec chauffeur) est tout sauf une coïncidence. Il annonce une reconfiguration du marché et une redistribution des cartes. Pour l’heure, les plateformes se multiplient (Careem, Votrechauffeur.ma, Heetch...) en l’absence d’un cadre réglementaire clair.

Au moment où Uber jette l’éponge après avoir engagé un bras de fer musclé avec la corporation des taxis (surtout à Casablanca), Heetch opte pour un autre mode opératoire, avec l’ambition de réconcilier taximen et VTC. Toute la différence est là! Une semaine à peine après son lancement officiel à Casablanca, l’application mobile qui met en relation passagers et taxis (Heetch Maroc) revendique déjà des milliers de clients.

Au moment de son départ du Maroc, Uber revendique 300 conducteurs et une flotte de véhicules pour 19.000 utilisateurs. Modèle économique flou, absence de volet réglementaire régissant l’activité, tensions avec la corporation des taxis, absence d’investissement, zéro taxes et impôts, effets pervers liés au coût marginal de la prestation, dumping, système prédateur... Autant de critiques formulées à l’encontre de l’expérience d’Uber au Maroc.

Mais en quoi les deux formules sont-elles différentes?
 «Uber est à la base une application numérique qui permet de mettre en relation des chauffeurs particuliers et des clients. Mais à la différence du modèle Uber, Heetch ne travaille qu’avec des chauffeurs de taxi au Maroc. Ce qui permet à la fois de bénéficier d’une offre conséquente (avec près de 10.000 taxis à Casablanca uniquement) et de respecter le cadre réglementaire en vigueur», tient à préciser Teddy Pellerin, co-fondateur et CEO de Heetch.

L’autre avantage réside dans l’amélioration des revenus des conducteurs et l’optimisation de la prestation taxi. «Tout l’enjeu réside dans la prestation d’un service optimisé... De plus, l’application numérique a le mérite d’optimiser la rencontre entre chauffeurs et passagers afin de maximiser le nombre de trajets et par ricochet, la rentabilité des conducteurs/amortissement des véhicules tout en réduisant les temps d’attente des clients», fait valoir le fondateur de Heetch.

Dans ce même contexte d’engouement sans précédent des plateformes VTC pour le Maroc, Careem vient d’annoncer son engagement à développer des services de transport en étroite «collaboration avec les autorités» (administration et ministère de tutelle). L’opérateur s’engage à développer des services de qualité, à créer des emplois et mener des initiatives à caractère social. Aujourd’hui, Careem revendique 100.000 utilisateurs satisfaits de ses services.

L’entreprise compte plus de 1.000 capitaines au Maroc. La plateforme veille à assurer une évaluation rigoureuse de ses capitaines (suivi en ligne du trajet, fourniture d’informations relatives au capitaine, contrôle préalable par Careem des antécédents du chauffeur, ses qualifications, sa formation sur les normes internationales et sur le respect de l’éthique, des coutumes et des traditions, ainsi que son sérieux, son respect des principes, des lois et du code de la route...). Careem assure également l’usager en cas d’accident.

Who’s who

Lancée en 2013 en France, l’application Heetch est opérationnelle dans plusieurs pays, notamment l’Italie, la France, la Belgique, la Suède et, depuis quelques semaines, le Maroc. En janvier 2018, Heetch a réalisé une levée de fonds de 16,5 millions d’euros auprès de Félix Capital (Royaume-Uni), Via ID Alven, Idinvest Partners, InnovAllianz (France) et le fonds stratégique d’Allianz. Cette levée de fonds devra permettre à Heetch de consolider ses équipes tout en accélérant le développement à l’international en 2018. Pour sa part, Careem  a été créé en juillet 2012 à Dubaï. Il opère dans plus de 90 villes réparties dans 14 pays en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, ainsi qu’en Turquie et au Pakistan. Le prestataire compte plus de 20 millions d’usagers et quelque 500.000 capitaines dans différents marchés.
La plateforme Careem dispose au Maroc d’un centre de relation pour les clients et un autre pour les capitaines 24h/24 et 7j/7. L’entreprise propose aux jeunes désireux de rejoindre les rangs de ses capitaines des emplois à plein temps et d’autres à temps partiel.

 

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