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Sécurité ferroviaire: Comment stopper l’hécatombe?

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5218 Le 27/02/2018 | Partager
Un dispositif important déployé depuis 2010
158 passages à niveau supprimés, 180 autres sécurisés et 750 km de clôture
L’incertitude du comportement individuel, une angoisse permanente

C’est une véritable tempête qui s’abat sur l’ONCF à la suite de l’accident à Tanger entre un train de marchandises et un minibus de transport de personnel (6 morts et 14 blessés). Les réseaux sociaux, avec une virulence inouïe, accablent l’Office et son management.

En attendant le dénouement de l’enquête en cours, la question est de savoir si l’ONCF a été négligeant dans la sécurisation des passages à niveau. A en juger d’après plusieurs indicateurs, difficile d’étayer cette hypothèse. Depuis 2010, une stratégie, présentée au Souverain en 2012 s’est donnée pour objectif de traiter l’ensemble des niveaux de risque: ressources humaines, organisation et équipements ferroviaires.  Dans ce vaste chantier qui a mobilisé près de 1,5 milliard de DH entre 2010 et 2015, l’ONCF s’est allié avec d’autres acteurs institutionnels notamment le ministère de l’Equipement et Transports, les régions et les communes.

Dans le détail,  158  passages à niveau  sur un total de 180 prévus ont été supprimés entre 2010 et 2015. Ces passages ont été remplacés par des ouvrages de substitution (pont-route, pont-rail…). Au programme, la suppression de 50 % des PN existants sur le réseau national et 100 % de ceux situés sur les lignes à double voie comme Fès-Casablanca-Marrakech, Casablanca-El Jadida.

Une autre action a ciblé les passages à niveau non gardés (au nombre de 180)  en les équipant d’un dispositif d’annonce sonore, de fermeture automatique des barrières et des signaux routiers lumineux à l’approche d’un train. A terme, 200 passages à niveau sont concernés. Une mesure plus radicale a consisté à interdire  les passages à niveau dans tout nouveau projet. Premiers projets à en avoir fait les frais: le doublement complet de la ligne Settat-Marrakech en cours et le triplement de la voie Kénitra et Casablanca.

Reste une autre grande zone à risque: les intrusions dans les emprises ferroviaires et la traversée anarchique des voies ferrées, pratiques qui ont été à l’origine de plusieurs accidents dont les médias se font régulièrement l’écho. Pour lutter contre ces «comportements irresponsables et aux conséquences souvent dramatiques», l’ONCF a investi dans la construction des murs de clôture et de plusieurs ouvrages de franchissement (passerelles, passages souterrains…).

Au terme de son programme (2010-2015), l’Office a bâti plus de 750 km de murs de clôture, un linéaire bien supérieur au plan initial qui prévoyait 300 km. Il a également édifié 12 passerelles pour piétons. D’autres travaux sont en cours pour atteindre un total de 50 passerelles. Au menu également, la construction de 5 passages souterrains en gares et les travaux sont en cours pour 16 autres.

Sensibilisation

Outre les actions sur les infrastructures, l’ONCF a mené des campagnes de communication pour  sensibiliser aux dangers du réseau ferroviaire. Un travail de proximité est mené, en collaboration avec les autorités locales et les associations. Les statistiques à fin 2015 font ressortir une baisse du  nombre d’accidents (non respect de la signalisation routière) de 87 % et du nombre de décès de 94 %  (un seul cas en 2015 contre 17 en 2011).

 

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