Politique

RNI: Le grand pari du social

Par Fatiha NAKHLI | Edition N°:5217 Le 26/02/2018 | Partager
Le parti de la colombe prône la social-démocratie
Il table sur la création de 2 millions d’emploi à l’horizon 2025
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Le RNI a présenté son nouveau programme politique lors de l’étape finale d’Agadir. Education, santé et emploi sont les priorités du nouveau modèle de développement mis en place par le parti (Ph. RNI)

Après un périple de plusieurs mois, le RNI a clôturé ses congrès régionaux, samedi dernier à Agadir. Une occasion de décliner la nouvelle offre politique du parti de la colombe, qui a clairement affiché son ambition d’arriver 1er lors des prochaines élections législatives.

Résultat d’un «débat entre les dirigeants du parti et ses militants», le programme du RNI «émane de la base et non du sommet», précise Aziz Akhannouch. Le patron du parti de la colombe, attaqué récemment par Abdelilah Benkirane après avoir annoncé les ambitions électorales de son parti, garde le cap. Mais les membres du parti ne se sont pas empêchés de lancer des piques à l’ex-chef du gouvernement et ses soutiens.

2021, ça se prépare dès aujourd’hui, selon des dirigeants Rnistes. Un programme ambitieux répondant aux différents préoccupations des citoyens a été élaboré, selon une approche participative, mettant l’accent sur la dimension locale, selon des dirigeants de la formation. Education, santé et emploi, trois secteurs vitaux, au cœur des propositions du RNI. Lors de cette dernière étape des tournées régionales du parti d’Agharass agharass, le ton est direct, décomplexé et dynamique.

Après une phase de restructuration du parti, qui compte désormais 100.000 nouveaux adhérents, selon Akhannouch, l’objectif aujourd’hui est de faire la promotion de «l’offre politique». A commencer par les aspects liés à l’identité du parti. Comme annoncé lors du Congrès national du parti, tenu l’année dernière, la social-démocratie cimente la vision politique et économique de cette formation.

Dans cette configuration, la justice sociale et l’émancipation des citoyens sont les maîtres mots. Le RNI veut apporter «des solutions concrètes, trop longtemps attendues», à des problématiques comme l’accès à l’emploi, à la santé et à l’éducation.

Les 13 congrès régionaux ont confirmé que «la voie de la confiance», annoncée par le parti en mai dernier à El Jadida, est une voie qui ne pourra être complétée qu’en intensifiant les efforts des différents membres et en créant une structure partisane éclairée et unifiée dans sa vision de l’exercice politique. L’élection des conseils régionaux a par ailleurs démontré une profonde prise de conscience du renforcement de la démocratie interne du parti.

«Elle a également permis d’impliquer les jeunes et les femmes qui occupent une place centrale au sein de notre parti pour le pousser dans sa trajectoire», a déclaré Mohamed Boussaid à L’Economiste. Chacune selon son domaine, les différentes organisations du RNI constituent une réelle valeur ajoutée à la pratique et à l’approche politique.
Des réformes en série...:
■ Santé
Le RNI innove en misant sur un système de médecine familiale (un médecin pour 500 familles, rien que ça). Création de centres de santé de proximité, révision de la carte de santé, mise en place d’une carte intelligente de santé et centres d’appels pour conseiller à tout moment les citoyens sont aussi au menu. Le RNI propose aussi de mettre en place des facultés de médecine dans toutes les régions du pays. Concernant le Ramed, le RNI estime que ce programme constitue  une grande avancée et appelle à l’amélioration de ses services à travers la révision de la gestion de ses ressources, l’élargissement du pack de soins et la mise en place d’un système de paiement pour chaque service.
 
■ Formation
 Le RNI plaide pour la réforme de l’éducation à travers la lutte contre l’abandon scolaire, la généralisation du préscolaire et la mise à niveau des universités. Ambitieux, le parti compte généraliser l’expérience des écoles communales dans le monde rural avec les services adéquats: soutien scolaire, transport, cantines, hébergement…  Il est aussi question de généraliser l’informatique et d’encourager l’apprentissage des langues étrangères (français, anglais). La réinsertion scolaire sera aussi obligatoire avec accès à un système d’éducation non formelle ou la formation professionnelle. L’intégration des enfants à besoins spécifiques et l’amélioration des conditions de travail du corps enseignant, avec indemnités pour ceux qui exercent dans les zones reculées et révision des salaires, sont de même à l’ordre du jour. Le parti propose aussi de mettre en place une faculté nationale spécialisée dans les métiers de l’éducation pour la formation des enseignants.
 
■ Emploi
2 millions d’emploi à l’horizon 2025, des chiffres annoncés par Akhannouch dont le parti mise sur l’initiative privée et le secteur des services pour la création de l’emploi. Les propositions du RNI s’accordent sur la nécessité d’une réelle révolution dans le domaine de la formation professionnelle. Un million de jeunes seront ainsi formés sur les 5 années à venir. Le parti est aussi convaincu que l’éradication du chômage implique l’incitation à l’investissement privé. Ceci passera par la garantie d’une sécurité douanière et juridique, la réforme des centres d’investissements régionaux, ainsi que la promotion de la compétitivité des entreprises tout en consolidant les infrastructures et la logistique. Le parti appelle de même à mettre en place des mesures incitatives pour la création de l’emploi dans les zones semi-urbaines dont la population ne dépasse pas 100.000 habitants. L’arsenal juridique de la formation continue, un droit légitime de tous les fonctionnaires, sera aussi révisé.

 

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