Economie

Dépendance énergétique: Les chantiers en cours et ceux à venir

Par Nadia DREF | Edition N°:5214 Le 21/02/2018 | Partager
Le Maroc enregistre un taux de 93% de dépendance
En 2030, ce taux devra être ramené à 82% grâce aux EnR
La baisse des coûts de production du solaire favorise l’accélération de ce projet
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Hausse soutenue de la demande, dépendance énergétique quasi-totale de l’extérieur, prédominance des produits pétroliers dans la balance énergétique… Le Maroc est confronté à de nombreux défis. La stratégie énergétique, entamée depuis 2009, commence à donner ses fruits.

«L’équilibre entre l’offre et la demande électrique est actuellement assuré, avec une marge de réserve de plus de 10%, qui est un niveau très satisfaisant», souligne Aziz Rabbah, ministre de l’Energie, des Mines et du Développement durable, en marge du Congrès Photovoltaïca, tenu du 13 au 15 février à Marrakech.

La part de l’éolien et du solaire dans la puissance installée est passée de 2% début 2009 à plus de 13% actuellement. Par ailleurs, le taux de dépendance énergétique est passé de 98% en 2008 à environ 93%. Ce qui est encore loin de la moyenne mondiale.

Pour accélérer la transition énergétique, la tutelle a lancé une feuille de route 2018-2021 qui favorise davantage le mix-énergétique. En 2030, le Maroc ambitionne de réduire à 82% sa dépendance aux combustibles fossiles importés pour produire de l’électricité et consolider sa sécurité énergétique.

Ceci grâce aux énergies renouvelables dont la capacité installée devra atteindre 42% en 2020 et 52% en 2030. Cet ambitieux objectif sera atteint à travers la réalisation d’une capacité additionnelle de production d’électricité de sources renouvelables d’environ 10.100 MW, dont 4.560 MW de source solaire, 4.200 MW de source éolienne, et 1.330 MW de source hydrique.

La conjoncture mondiale et régionale conforte le Maroc dans ses choix. Au niveau mondial, il y a une réelle transition vers des systèmes énergétiques durables. «Les énergies renouvelables constituent une solution appropriée aux défis de sécurité d’approvisionnement, d’accès à l’énergie et de préservation de l’environnement. Elles occupent actuellement la 4e position dans le mix énergétique mondial et la 2e source de production d’électricité après le charbon, si on intègre l’hydraulique», fait valoir le ministre Aziz Rabbah.

La production d'énergie solaire photovoltaïque (PV) a rapidement augmenté au niveau mondial, en passant de moins d’un gigawatt (GW) en 2000 à environ 300 GW en 2017. La compétitivité du solaire photovoltaïque par rapport aux autres sources d'électricité a également continué d'évoluer et se positionne aujourd’hui comme une solution appropriée dans certaines conditions.

L'énergie solaire est entrée dans un cycle de baisse des coûts, de déploiement croissant et de progrès technologique accéléré. Les prix des panneaux solaires photovoltaïques ont diminué d'environ 80% par rapport à l’année 2009. Des économies d'échelle croissantes, des chaînes d'approvisionnement plus compétitives et d'autres améliorations technologiques continueront de réduire les coûts de cette filière énergétique, promet le ministre Pjdiste.

Une tendance confirmée récemment par le président de Masen, Mustapha Bakkoury: «Les coûts sont en baisse continue». D’après l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), le coût moyen de l'électricité pourrait baisser, d'ici 2025, d'au moins 37% pour des technologies de concentration d'énergie solaire (CSP) et de 59% pour des technologies solaires photovoltaïques (PV).

Des marchés à prendre en Afrique

Masen veut exporter des flux de l’électricité propre vers l’Europe mais aussi son savoir-faire vers l’Afrique. D’énormes marchés restent à prendre au niveau continental. Et pour cause, l'accès à l'électricité reste un enjeu vital pour l’Afrique. La consommation est estimée à 0,67 tonne équivalent pétrole par habitant (TEP) contre 1,89 TEP à l’échelle mondiale. L’offre demeure insuffisante face à un rythme de croissance de la population et de l’économie africaine. Ceci se traduira par des besoins énergétiques de plus en plus importants, qui devront être satisfaits d’urgence en engageant des programmes d’infrastructures énergétiques. «L’Afrique peut surmonter ce défi, grâce à ses atouts, et particulièrement son immense potentiel en énergies renouvelables, souvent inexploité», soutient Aziz Rabbah. «Le potentiel en énergie solaire s’élève à 10 TW au niveau du continent africain, ce qui en fait un vrai levier pour le développement du photovoltaïque et la satisfaction des besoins en électrification du continent», renchérit la tutelle.

 

 

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