Société

Droits de l’homme: Ramid à Genève et à Addis-Abeba

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5209 Le 14/02/2018 | Partager
La commission de pilotage bientôt installée
Le financement risque de poser problème
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Mustapha Ramid, ministre d’Etat en charge des Droits de l’homme est conscient que «sa mission est plus concrète ». Son travail sera apprécié sur la base des réalisations du Plan national présenté en décembre dernier (Ph. Bziouat)

Le Maroc va présenter le Plan national en matière de démocratie et des droits de l’Homme devant les ONG internationales. Prochaines étapes: Genève et Addis-Ababa. Le plan a été présenté au Conseil de gouvernement à la mi-décembre (cf.www.l’economiste.com). Il reste à mettre en place le mécanisme de suivi de la mise en œuvre.

La commission de pilotage sera installée prochainement. Invité hier au forum de la MAP, Mustapha Ramid, ministre d’Etat chargé des Droits de l’Homme, s’est beaucoup concentré sur le plan, en le plaçant dans son contexte. Ce dispositif comprend 435 mesures, présentées selon des axes.

Visiblement, le fait d’ériger la délégation des droits de l’Homme en un ministère d’Etat est une bonne chose. Ainsi, le Maroc revient à l’ancien schéma où les droits de l’Homme étaient pris en charge par un secteur gouvernemental au lieu de se limiter à une institution consultative comme le CNDH. Rappelons que dans les années 90, le Maroc s’était doté d’un ministère des Droits de l’Homme, d’abord confié à Mohamed Ziane, ensuite à Omar Azziman.

Sans tomber dans la défense des institutions consultatives de recours comme notamment le CNDH, la perception à l’international diffère de ce qui est développé par le ministère. En effet, dans les pays à démocratie consolidée, ces questions de droits de l’Homme ne devraient pas être prises en charge par un département gouvernemental.

Elles doivent l’être par des mécanismes de recours comme la justice ou d’autres institutions. Ramid est conscient de cette donne. Mais, aujourd’hui, sa mission est plus concrète. Son travail sera apprécié à l’aune de la mise en œuvre de ce plan, dont la première version a été élaborée du temps du gouvernement Abbas El Fassi.

Pour l’exécution de ce plan, Ramid  dispose de 4 ans. Il est tenu d’accélérer la cadence. Toutefois, le financement de sa mise en œuvre risque de poser problème. Car le ministre est catégorique: «Nous n’avons pas besoin directement d’un budget. Les mesures que contient le plan seront gérées par les départements ministériels».

Sur cette question, les avis divergent: comment peut-on concevoir un plan d’action sans budgétiser son application? Si des aspects comme les procédures ou des textes de loi ne nécessitent pas de dotations financières, il en va autrement pour d’autres. Certaines actions exigent des moyens et des lignes budgétaires. La lutte contre le travail des enfants, par exemple, nécessite des programmes spécifiques pour la réinsertion.

Boycott?

La polémique autour de la dernière sortie de Abdelilah Benkirane devant la jeunesse du PJD et l’absence des ministres RNI du dernier Conseil de gouvernement continuent de faire couler beaucoup d’encre. Pour Ramid, il ne s’agit pas d’un boycott dans la mesure où les absences RNI ont été justifiées selon la procédure officielle. Le RNI avait pris des engagements à Laâyoune pour tenir son congrès régional. Le ministre d’Etat chargé des Droits de l’Homme s’est dit surpris par ces informations. «Si elles étaient vraies, elles annonceraient un véritable dysfonctionnement de la pratique politique», a-t-il ajouté, avant de rappeler que ce genre de problème se règle en principe dans le cadre de la commission de la majorité, sur la base de la charte qui sera bientôt signée.

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