Culture

Expo: La poésie argentique de Houda Kabbaj

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5205 Le 08/02/2018 | Partager
Immanence, jusqu’au 28 février à la So Art Gallery
Des œuvres de très grand format en noir et blanc
Femmes et Mère nature
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«Parfois l’épiderme du corps humain entre en résonance avec l’épiderme végétal, où le corps pense la nature, et la nature ressent le corps» (Ph. H.K.)

«Qu’elles sont ces femmes aux corps habités par des plantes dans les surprenantes œuvres de Houda Kabbaj? Oui, mais d’abord, qui est cette jeune artiste frondeuse qui se permet sans vergogne de mettre à mal les repères d’une société fondée sur l’interdit. Comment habille-t-elle de feuillage ces silhouettes esquissées par un œil glouton, irrévérencieux comme aurait pu l’être le mien, trente ans plus tôt».

Ainsi s’exprime le peintre, sculpteur et écrivain Mahi Binebine face au travail de la photographe Houda Kabbaj, qui expose sa série «Immanence» à la So Art Gallery, à Casablanca jusqu’au 28 février. S’il y a assurément de la fronde et de l’irrévérence dans les sublimes clichés tirés en argentique de Houda Kabbaj, c’est d’une fronde et d’une irrévérence pleines de grâce, de poésie et de lumière qu’il s’agit.

L’artiste met en scène  dans une démarche onirique et intime le lien entre la femme et la nature. «Ce rapport personnel au monde végétal est d’ordre intuitif, il devient un lieu où le mental et le corps ne se dissocient plus… C’est cette expérience que je tente de retranscrire à travers mes photographies, où parfois l’épiderme du corps humain entre en résonance avec l’épiderme végétal, où le corps pense la nature, et la nature ressent le corps. Ici, le corps de la femme prend pour symbolique Notre Mère Nature», précise l’artiste photographe qui tient à mettre en évidence notre indivisibilité avec celle-ci. Une thématique de prédilection qui met l’accent sur sa fascination pour les végétaux à travers de sublimes motifs surdimensionnés.

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L’artiste met en scène dans ses clichés, dans une démarche onirique et intime le lien entre la femme et la nature (Ph. H.K.)

Immanence propose une vingtaine de clichés, en noir et blanc, au grain prononcé, à la lumière évanescente et aux textures transcendant l’image dont quelques uns de très grands formats, assez inhabituels en photographie: «chaque prise de vue est unique, ancrée dans le moment, guidée par mon instinct, incertaine du résultat, convaincue du processus», décrit-elle.

Les photographies sont sublimées par le travail de celui que l’artiste appelle «mon alchimiste», l’un des derniers maîtres tireur-filtreur argentique, Alain Le Yaouanc, des laboratoires Diamantino à Paris. Du travail dans la plus pure tradition des grands maîtres-artisans, qui donnent aux clichés de Houda Kabbaj, cette inestimable et parfaite finition et font des photographies de Kabbaj des œuvres aussi belles que précieuses.

Née à Casablanca en 1985, Houda Kabbaj quitte le Maroc en 2005 pour étudier à l’Ecole Spéciale d’Architecture à Paris. Diplômée en 2011, elle travaille à Paris durant trois années au sein d’une agence spécialisée en architecture, design et ingénierie. En 2014, elle décide de se consacrer à la photographie qui l’accompagne depuis ses 16 ans.

Photographe autodidacte, elle utilise principalement la photographie argentique, dont le processus expérimental s’inscrit dans sa démarche. Elle définit son travail comme étant introspectif à partir «d’images mentales» qu’elle retranscrit.  Son univers interpelle par sa précision, son processus expérimental et ses tirages grandeur nature.

 

 

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