Economie

IMME: Les opérateurs réclament plus de visibilité

Par Nadia DREF | Edition N°:5205 Le 08/02/2018 | Partager
Ils pointent du doigt les retards de paiement et la concurrence étrangère
AMDIE, OCP, ONCF… Les mastodontes rassurent
Ecosystèmes: Un grand potentiel dans les bicyclettes

Le moral des industriels de la métallurgie et de la mécanique est en berne. 2017 aura été une année difficile pour le secteur marquée par les retards de paiement, les fermetures d’usines, la suppression d’emplois et la baisse du régime de production.

Pis encore, il n’y a pas eu de nouvelles créations d’entreprises. Un tableau peu reluisant pour un secteur à fort potentiel. «Les entreprises du secteur, qui travaillent principalement dans la sous-traitance, attendent plus de visibilité de la part des donneurs d’ordre», a souligné Abdelhamid Souiri, président de la Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques (FIMME).

Il s’exprimait lors d’un séminaire organisé le 7 février par la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM) qui a mis en exergue le rôle des écosystèmes en tant que facteur de développement des Industries métallurgiques et mécaniques (IMM). Une rencontre qui a rassemblé un nombre important d’opérateurs du secteur. L’Agence marocaine de développement des investissements et exportations (AMDIE), Maroc PME ainsi que les grands donneurs d’ordre nationaux étaient représentés à cette rencontre.

«Dans le cadre de la mise en place de l’AMDIE, nous avons décidé d’adopter une organisation par écosystèmes. Chaque secteur aura un interlocuteur unique. De même, chaque écosystème travaillera en synergie avec les autres départements pour cibler des niches particulières afin de vendre le Maroc en tant que destination intégrée», a déclaré Hicham Boudraa, DG par intérim de la super agence actant ainsi sa première sortie après sa nomination à ce poste.

Et d’ajouter: «Pour les écosystèmes embryonnaires, nous avons mis en place une direction qui leur servira d’incubateur afin de les porter à maturité. De même, l’AMDIE n’est plus uniquement au service de l’industrie et des services mais de l’Etat aussi. Nous allons créer des écosystèmes dédiés à la santé et l’éducation pour les accompagner en matière d’investissement et d’exportation».

L’actuel patron de l’AMDIE a invité la FIMME à lancer une étude portant sur la cartographie et les perspectives du secteur IMM pour mieux profiter des opportunités actuelles et futures. «Nous sommes prêts à accompagner cette étude, sachant qu’il y a un grand potentiel dans l’assemblage des bicyclettes vu que la Chine n’est plus aussi compétitive qu’auparavant après les dernières hausses de salaires. Dans ce contexte, il est plus facile d’attirer des constructeurs dans ce domaine», précise Hicham Boudraa. Rappelons que les contrats de performances signés en 2016 prévoient d’attirer deux constructeurs de tracteurs agricoles et deux constructeurs de bicyclette d’ici 2020 dans le cadre de l’écosystème «Nouveaux métiers».

De son côté, Saad Mikou, directeur Achats et Ecosystèmes au sein de l’OCP, a également rassuré les industriels. Il a passé en revue les opportunités offertes par l’écosystème industriel OCP. Il a annoncé que le groupe est en négociations avec trois banques (BCP, BMCE et Attijariwafa bank) pour offrir des packages dédiés aux sous-traitants partenaires.

«Des discussions sont également en cours pour la mise en place d’un parc de maintenance», fait valoir Saad Mikou. Par ailleurs, deux autres «fertiparcs» sont dans le pipe. Celui de Khouribga est en cours de développement. Celui de Safi est au stade d’identification du foncier qui sera mis à la disposition des investisseurs qui souhaiteraient s’installer autour de l’OCP. 

Pour sa part, Mohamed Bennani, responsable Global Sourcing chez l’ONCF, a passé en revue les offres existantes. Les achats de l’ONCF ont à peine totalisé 1,6 milliard de DH en 2017 contre 5,4 milliards en 2016 et 5,8 milliards en 2015. Cette baisse s’explique par l’approche de la fin d’achèvement des grands travaux, ce qui a nécessité moins d’achats. Pour rassurer les opérateurs, Mohamed Bennani a souligné que désormais l’ONCF utilisera la charpente métallique pour les futures gares.

Il a également salué la maturité des entreprises locales. Le groupe compte la réalisation de 300 voitures au Maroc dont 60 sont en cours de production. S’y ajoute la rénovation au Maroc de 300 voitures du parc ONCF. La commande de 2018 englobe l’acquisition de 30 locomotives diesel, 60 voitures à voyageurs et 700 wagons fret. Autant de marchés à prendre pour ces opérateurs, avides de nouvelles opportunités.

Rappelons qu’un écosystème ferroviaire devait être signé avant fin 2017. Selon Mohamed Bennani, «il est en cours de finalisation et sera signé dans les prochaines semaines».

Les objectifs de 2020 fortement compromis!

Les objectifs de 2020 sont fortement compromis. «Nous pouvons dépasser 2020. Les écosystèmes ne pourront se développer qu’avec l’implication des acteurs à travers de nouveaux investissements, extension ou montée en expertise», a affirmé Ramon Fernandez, vice-président de la FIMME. Ce dernier a annoncé que dans quelques semaines, le financement sera bouclé. Il a également invité les opérateurs à déposer leurs dossiers dès mars 2018. Les contrats de performances signés en 2016 s’étendront jusqu’en 2020. Ils devraient générer 13.000 emplois additionnels, 2 milliards de DH d’investissement et 2,3 milliards de DH de gains en termes de balance commerciale.

Chiffres-clés

  • Nombre d’entreprises évoluant dans le secteur: 1.600 unités
  • Effectif du secteur: 78.000 salariés
  • Production: 35 milliards de DH
  • Investissements: En moyenne,
  • 20% des investissements industriels
  • Nombre d’adhérents: 109 membres
  • Nombre d’entreprises du secteur: 20.732.

 

 

 

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