Analyse

Marché de l’édition: Le quart des publications aux frais des auteurs

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5205 Le 08/02/2018 | Partager
Le secteur demeure peu structuré
L’édition électronique progresse, mais reste balbutiante
La Fac des lettres d’Agadir, seul établissement universitaire avec plus de 10 titres/an

Dans un marché éditorial encore peu structuré, l’édition à compte d’auteur demeure importante. 25% des publications imprimées (718 titres en 2016-2017) sont à l’initiative d’auteurs qui s’autofinancent. C’est ce que révèle le rapport 2016-2017 de la Fondation du Roi Abdul-Aziz Al Saoud sur l’état de l’édition et du livre au Maroc (littérature, sciences humaines et sociales).

«Cela minimise leurs chances de voir diffuser leurs œuvres hors des limites de leurs villes ou du cercle de leurs connaissances», note le rapport.  Les éditeurs professionnels privés, pour leur part, au nombre de 178, assurent 43% des titres édités (1.248). Les deux tiers (65%) sont concentrés sur l’axe Casablanca-Rabat (de même que les deux tiers des imprimeurs). Mais d’autres régions sont en train d’émerger, à l’instar de celle du Nord (Tanger, Tétouan, Al Hoceïma), qui a contribué pour 16% à l’édition professionnelle privée en 2016-2017. La majorité édite principalement en langue arabe.

Les institutionnels, organismes publics et associations, quant à eux, concentrent le tiers des ouvrages (971). Leurs éditions annuelles restent, cela dit, peu nombreuses et irrégulières. Seulement 18 d’entre eux publient plus de 10 titres par an. A leur tête, la fondation Mouminoun Sans Frontières (49 titres arabophones). 

Parmi ces institutionnels, figure un seul établissement universitaire, la faculté des lettres et sciences humaines d’Agadir, avec 11 publications en arabe et 7 en langues étrangères. «Cela dit, plusieurs facultés, notamment de lettres, dans différentes régions, éditent des livres et périodiques. Les universités y consacrent un budget dédié», précise le président de l’université Hassan II de Casablanca, Driss Mansouri.

«A Casablanca, nous étudions la possibilité de couvrir toute la chaîne d’édition, y compris une imprimerie universitaire», confie-t-il. L’université Hassan II présentera, d’ailleurs, ses publications au Salon international de l’édition et du livre, qui se tient à Casablanca du 8 au 18 février.  
Une seule revue universitaire est indexée, Hespéris Tamuda (université de Rabat).

L’édition électronique, malgré sa progression notable (443 titres contre 222 en 2015-2016), est encore balbutiante en sciences humaines et sociales. Elle représente 11,5% du total des publications. Les institutions publiques y dominent (HCP, CESE, Institution du Médiateur du Royaume, ministère des Finances…).

Le prix moyen du livre en hausse
(2016-2017)

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Même si son prix a augmenté de 3,8 DH par rapport à 2015-2016, le livre marocain est moins cher que ceux vendus en Algérie et en Tunisie. Il ne représente, par ailleurs, que 23% du prix public moyen du livre français

 

 

 

 

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