International

Qui sauvera la Libye?

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5204 Le 07/02/2018 | Partager
Trafic d’êtres humains, crise économique et sociale…
Difficulté liée à l’accès aux services de base aux migrants

Le trafic d’êtres humains est en augmentation en Libye, selon un rapport d’experts de l’ONU. Ce dernier estime que les «forces libyennes aident des groupes rebelles dans leur contrôle des routes migratoires». Amnesty International avait déjà publié un rapport choc sur les abus contre les migrants dans ce pays (cf. notre édition N°5167 du 13/12/2017 «Migrants en Libye: Amnesty international accuse l’Europe!»). Le sort des migrants a notamment été mis en lumière en 2017 par la diffusion d’un reportage de CNN montrant un marché aux esclaves en Libye.

Après le lancement le 25 janvier de l’appel de fonds humanitaire 2018 pour la Libye, la Coordinatrice humanitaire de l’ONU dans le pays, Maria do Valle Ribeiro poursuit sa tournée européenne à Genève. Objectif: «attirer l’attention sur les difficultés rencontrées par les Libyens pour subvenir à leurs besoins fondamentaux».

En lançant un appel de fonds d’un montant de 313 millions de dollars pour aider 940.000 personnes en Libye, «notre message fondamental aux pays donateurs, c’est de ne pas oublier l’impact humanitaire de la crise en Libye et d’être prêt à soutenir les efforts de la communauté humanitaire», a déclaré Maria do Valle Ribeiro lors d’un entretien accordé à ONU Info.

Pour elle, l’urgence est d’assurer aux personnes déplacées, aux rapatriés, ainsi qu’aux migrants, réfugiés et demandeurs d’asile un accès aux services de base. La responsable de l’ONU a indiqué «qu’entre 400.000 et 500.000 migrants et réfugiés ont besoin d’une assistance humanitaire». Même «s’il y a sûrement jusqu’à 800.000 à 900.000 migrants en Libye».

Tous ces migrants sont victimes des réseaux des trafiquants et victimes des pires abus et des violations des droits de l’homme. Et ce, «en raison notamment de la prolifération des groupes armés qui se livrent à la contrebande, au trafic et à l’exploitation des réfugiés et des migrants», a souligné celle qui est également chef adjointe de la Mission d’appui des Nations unies en Libye.

A cet égard, elle note qu’«entre 5.000 et 8.000 migrants et réfugiés sont dans les centres de détention officielle et se trouvent dans des conditions particulièrement pénibles». A ce jour, près de 17.000 migrants ont accepté le programme de rapatriement volontaire établi par l’Agence de l’ONU pour les migrations (OIM).

Par ailleurs, le dernier bulletin humanitaire de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR) en date du 2 février souligne «qu’environ 1.428 réfugiés et demandeurs d’asile ont été libérés de ces centres de détention depuis l’année dernière, dont 316 depuis le 1er janvier». 

La Méditerranée continue d’être «le cimetière marin» de milliers de migrants et de réfugiés. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), environ 90 migrants se sont vraisemblablement noyés, vendredi 2 février, dans les eaux de la mer Méditerranée après que leur embarcation a coulé au large des côtes libyennes.

Les Syriens, 1re communauté enregistrée auprès du HCR

Il y a près de 181.000 déplacés internes en Libye et plus de 46.000 personnes enregistrées comme réfugiés ou demandeurs d’asile dans ce pays. Rien qu’en janvier 2018, 1.609 réfugiés ont demandé la protection du HCR, notamment des demandeurs d’asile originaires du Soudan (43%), de l’Erythrée (30%), de Syrie (10%), d’Ethiopie (5%). Les ressortissants syriens restent dans l’ensemble la plus importante communauté enregistrée auprès du HCR (48% - 22.313 personnes), suivie des Palestiniens (15% - 7.025 personnes) et des Erythréens (12% - 5.632 personnes). Pour tous les organismes humanitaires présents en Libye, l’accès demeure le principal problème à résoudre.

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