Economie

Comment renforcer l’intégration en Afrique

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5202 Le 05/02/2018 | Partager
Identifier tout d’abord les barrières et mener des actions pour les surmonter
Augmenter les flux commerciaux avec le développement des infrastructures de transport
La valeur ajoutée du Maroc dans le renforcement de la coopération Sud-Sud
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Pour Khaled Sherif, vice-président des opérations de la Banque africaine de développement, les stratégies sectorielles développées par le Maroc peuvent être partagées avec d’autres pays du continent (Ph. BAD)

- L’Economiste: L’intégration africaine est un bien vaste chantier. Quelles sont les actions de la BAD pour renforcer cette intégration?
- Khaled Sherif:
Nous agissons à plusieurs niveaux pour renforcer la dynamique d’intégration africaine. D’abord en identifiant tous types de barrières – tarifaires et non tarifaires – de nature à ralentir les échanges commerciaux. Nous soutenons également cette dynamique par le développement d’infrastructures de transport de dernière génération qui vont contribuer à l’augmentation des flux commerciaux intra-africains. Sur un autre volet, nous mettons à disposition des investisseurs marocains des études ciblées qui les éclairent sur les opportunités et complémentarités en matière d’échanges commerciaux. Nous le faisons également en créant de la confiance entre les banques marocaines et leurs homologues au moment de la concrétisation des transactions commerciales (import-export) à travers des accords de partage de risque auxquels nous apportons des garanties. Sans oublier notre implication pour assurer un partage d’expériences entre le Maroc et quelque pays africains pour exporter certains de ses modèles de développement sectoriel (Noor, plan Maroc Vert…).

- Que représente la contribution du Maroc dans la coopération Sud-Sud?
- Le Maroc a toujours placé l’Afrique au cœur de ses priorités avec plus de 80% de ses investissements directs étrangers destinés au continent. Cela est le fruit d’un partenariat de longue date avec plusieurs dizaines de  conventions conclues couvrant divers secteurs. Le Souverain a donné une forte impulsion à la dynamique coopération Sud-Sud à travers ses multiples visites à différentes sous-régions de l’Afrique. Cela dénote les liens d’amitié du Maroc à son continent. Nous saluons le rôle moteur que joue le Maroc dans la coopération Sud-Sud.

- Quelle est la valeur ajoutée de l’adhésion du Maroc à l’Union africaine et à la Cedeao?
- Pour ce qui est du retour du Maroc au sein de l’Union africaine et de sa volonté d’adhérer à la Cedeao, ce sont naturellement d’excellentes nouvelles. Le Royaume rejoint ainsi sa famille institutionnelle pour prendre part, pleinement, à l’agenda du développement de l’Afrique et contribuer à asseoir les bases d’une croissance africaine forte, durable et partagée.
En tant que Banque de développement, nous nous félicitons de cet ancrage africain du Royaume qui va dans le sens de nos priorités en matière d’intégration régionale.
- Le Maroc entretient des relations avec la BAD depuis longtemps. Quel bilan peut-on en faire?
- Il s’agit d’une coopération de près d’un demi-siècle couvrant plusieurs domaines avec plus de 10 milliards de dollars de financements  accordés par la BAD au Royaume. Une grande importance donnée pour les grands projets structurants comme le complexe solaire Noor, le renforcement de l’infrastructure ferroviaire et le plan Maroc Vert. Cette coopération a permis aussi d’accompagner les grandes réformes.

- Quelles sont les perspectives d’avenir?
- La BAD a adopté, en mars 2017, une nouvelle stratégie d’intervention pour le Maroc sur la période 2017-2021. Cet appui consistera principalement à accompagner le développement durable du tissu industriel marocain, la création d’emploi, notamment pour les jeunes et les femmes et l’amélioration de la qualité et la pérennité de l’emploi en zone rurale. La banque continuera, par conséquent, à soutenir le développement social et humain à travers l’appui aux réformes dans le secteur de l’éducation et de la formation ainsi que l’élargissement de la couverture médicale. Elle continuera, de même, à favoriser la création d’emploi par le déploiement de projets, le financement des startups et des TPE à travers des fonds d’amorçage ainsi que l’encouragement de l’auto-entrepreneuriat. A travers cette stratégie, la BAD va poursuivre son appui au processus de désenclavement à travers notamment le soutien aux programmes de routes rurales, d’électrification rurale et d’approvisionnement en eau potable.

Portefeuille de 3 milliards de dollars

Pour le responsable de la BAD, le Maroc est considéré comme un partenaire stratégique de la banque. Le portefeuille actuel en témoigne avec 33 programmes et projets totalisant plus de 3 milliards de dollars d’engagements dans les secteurs de l’énergie, des transports, de l’eau, de l’agriculture et du développement social avec plus de 80% de ces financements destinés aux infrastructures.

Propos recueillis par Noureddine EL AISSI 

 

 

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