Analyse

Le déficit budgétaire s’allège vraiment?

Par Franck FAGNON | Edition N°:5202 Le 05/02/2018 | Partager
Il s’est établi à 38 milliards de DH sans le hors bilan
La performance de l’IS soutient la hausse des recettes fiscales
Masse salariale et subventions, deux réformes qui animeront les débats cette année
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Le Maroc n’a plus enregistré un solde à l’équilibre depuis 2008

Faut-il se fier ou non aux chiffres sur les finances publiques? La Cour des comptes a ouvert un débat en remettant en cause la méthode de calcul du déficit budgétaire. Celui-ci ne tient pas compte, entre autres, de certaines dettes de l’Etat, ce qui biaise l’analyse.

En se fiant à l’approche des magistrats, les chiffres publiés par les autres gouvernements ne donnaient donc pas une image réelle de la situation des finances publiques. En même temps, les investisseurs et les bailleurs de fonds bilatéraux ont bien conscience de la réalité des chiffres. Le Maroc arrive à emprunter sur les marchés à des taux plutôt attractifs.

En attendant que les critiques des magistrats de la Cour des comptes trouvent écho et aboutissent à une amélioration de la présentation des comptes publics, le déficit budgétaire a reculé de 4 milliards de DH en 2017 pour s’établir à 38 milliards de DH (source TGR). Il représente 3,5% du PIB contre 4,1% en 2016. L’amélioration tient en grande partie au dynamisme des recettes fiscales qui se sont élargies de 6,1% à 200 milliards de DH.

La performance de l’IS a été décisive. Les rentrées ont augmenté de 16,3% à 50 milliards de DH alors que le produit de l’impôt sur le revenu a quasiment stagné à 39 milliards de DH. La collecte des impôts indirects s’est améliorée de 6,7% l’année dernière à 84 milliards de DH.

Les dépenses ordinaires ont de leur côté marqué une hausse de 1,6% à 207 milliards de DH. Pour respecter la trajectoire de réduction du déficit, il faudra accélérer les réformes surtout au niveau de la masse salariale et de la charge de compensation. Ce sont des sujets qui vont occuper le devant de la scène encore en 2018. L’année dernière, les dépenses de personnel ont stagné à 105 milliards de DH.

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Pour respecter la trajectoire de réduction du déficit, il faudra accélérer les réformes surtout au niveau de la masse salariale et de la charge de compensation. Ce sont des sujets qui vont occuper le devant de la scène encore en 2018

Là aussi, la Cour des comptes a attiré l’attention sur la crédibilité de ce chiffre. En tout cas, la réforme de la fonction publique urge. Le gouvernement promet de s’y attaquer en particulier au système des salaires. Reste à savoir s’il aura le courage nécessaire pour la mener. La masse salariale demeure un sujet de polémique surtout face à la qualité du service public rendu.

L’intégration de la notion de productivité comme élément majeur dans la politique de rémunération des fonctionnaires pourrait aider à améliorer l’efficacité de la fonction publique. L’autre sujet qui retiendra l’attention cette année concerne la poursuite de la réforme des subventions.

En 2017, la charge de compensation a augmenté de 17% à 14 milliards de DH, mais reste inférieure aux prévisions de la loi de finances. Pour le moment, le gouvernement évite de s’engager sur un calendrier pour la décompensation du gaz butane notamment.

 

 

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