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Publicité sur écran Forte mobilisation contre la taxe

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5201 Le 02/02/2018 | Partager
5% sur toutes les publicités sur TV, PC, smartphones, écrans d’affichage…
Editeurs, annonceurs et agences de com s’insurgent

Une taxe de plus pour achever un secteur en pleine crise.  Le marché publicitaire marocain se mobilise contre une nouvelle mesure qui vient d’entrer en vigueur. Conformément aux dispositions de la loi de finances 2018, la taxe écran (5%), jusqu’ici applicable à la télévision et au cinéma, s’élargit dorénavant à tous types d’écrans numériques (écrans d’affichage LED, PC, smartphones, tablettes… Et ce sont les annonceurs qui doivent s’acquitter de ce droit de timbre, collecté par les agences de conseil en communication.

Aujourd’hui, les principaux acteurs du secteur (annonceurs, éditeurs, agence conseil en communication et régies) s’unissent contre une mesure qui «met en péril une économie numérique encore fragile». «Alors que nous militions pour la suppression de cette taxe qui s’appliquait à la publicité́ sur la télévision et le cinéma, nous avons été surpris de voir son champ d’application élargi avec les dispositions de la nouvelle loi de finances», déplore Mounir Jazouli, Président du Groupement des annonceurs du Maroc (GAM).

En effet, le texte de loi, qui remonte au 24 décembre 1958, a institué le paiement par les annonceurs, à travers leurs agences de communication en leur qualité de mandataire, de droits de timbre sur les annonces publicitaires sur écran (télévision et cinéma), communément appelée «taxe écran». A l’origine, les recettes de cette taxe étaient destinées à soutenir le secteur. Depuis, cette taxe a fait l’objet de plusieurs réformes, notamment celle de la loi des finances de 1998, qui a entériné sa suppression en deux temps, de 50% chacune. Initialement de 10%, la taxe écran a été ramenée à 5%.

«L’avènement de l’alternance, la même année, et le renouvellement des équipes qui l’a suivi ont éludé le sujet de sorte qu’à ce jour, seule la 1re tranche de 50% a été annulée», explique Maria Aït M’hamed, présidente de l’Union des Agences Conseil en Communication (UACC).

La transformation digitale de la presse au Maroc est complexe, en l’absence d’un modèle économique pérenne, le secteur sera impacté de plein fouet par cette nouvelle taxe. «C’est l’avenir de la presse, une presse que l’on souhaite professionnelle, diversifiée et indépendante, qui est en jeu», déclare pour sa part Noureddine Miftah, président de la Fédération marocaine des Editeurs de Journaux (FMEJ).

Côté agences Conseil, le constat est partagé. La profession pointe du doigt le caractère inéquitable de la taxe, qui touche le secteur de la publicité audiovisuelle et digitale uniquement, et qui vient prélever les ressources d’un secteur vital pour l’économie du pays. De plus, les sommes en jeu sont modiques (une cinquantaine de millions de DH).

Sans oublier que cette taxe complique davantage la comptabilité des agences de Com chargées de sa collecte. Ces dernières sont ainsi contraintes de déclarer et de verser chaque mois 5% de leurs commandes publicitaires avant même de faire le recouvrement auprès des annonceurs.

Historiquement, les recettes liées à cette taxe devaient être reversées au Fonds de Promotion de l’Audiovisuel pour stimuler la production nationale. Depuis la suppression de la première tranche de cette taxe, de nouvelles dispositions sont venues capter les ressources du secteur et ont permis de redynamiser le secteur audiovisuel et contribuer à son développement.

Il s’agit notamment de la taxe pour la Promotion du Paysage Audiovisuel National (TPPAN) qui contribue bien plus efficacement aux recettes de l’Etat que ne le fait la taxe d’écran (500 millions de DH au lieu de 50). De même, le secteur publicitaire finance, depuis 2008, sur ses fonds propres et dans le cadre d’un Groupement d’intérêt économique (GIE), le Ciaumed et le Cirad, les dispositifs de mesure d’audience de la télévision et de la radio au Maroc.

En tout cas, les opérateurs du secteur ne comptent pas se laisser faire. Ils vont saisir lundi prochain avec le directeur général des impôts. L’idée  est d’examiner avec lui les différentes possibilités qui se présentent pour protéger le secteur et les opérateurs.

Un dirham dépensé en génère 15!

«Un dirham dépensé dans la publicité génère en moyenne 15 DH pour l’économie nationale. Toute démarche visant à développer le marché publicitaire impactera donc positivement l’ensemble de l’économie du pays, selon un schéma vertueux», explique Maria Aït M’hamed, présidente de UACC. A l’inverse, toute taxation additionnelle génèrera une chaîne d’effets négatifs et entravera notamment les efforts de développement de l’économie numérique, antinomique avec la stratégie Maroc Digital 2020, précise la représentante des agences de com.

 

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