Culture

Théâtre: «Allah Islah», quiproquos et éclats de rire

Par Karim Agoumi | Edition N°:5200 Le 01/02/2018 | Partager
La pièce de Youssef Lahrichi les 10 et 23 février à la FOL
Une œuvre en arabe dialectal illustrant les retombées du modèle patriarcal sur l’éducation
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La pièce de Youssef Lahrichi «Allah Islah» sera jouée les 10 et 23 février prochains à la F.O.L. L’occasion pour le public de rire d’une œuvre à l’humour fin et intelligent qui remet en question les fondements mêmes de la famille marocaine. Un spectacle qui met par ailleurs en scène deux comédiens (ex journalistes à L’Economiste): Rime Aitelhaj (à gauche) et Ayoub Naim (à droite) (Ph. 19H.T.)

L’Abus d’autorité paternelle porte-t-il atteinte à l’éducation? Tel est le sujet croustillant  de la comédie  en arabe dialectal «Allah Islah» (littéralement «Que dieu répare») qui sera jouée les 10 et 23 février prochains au théâtre de la Fédération des œuvres laïques (F.O.L.) par la troupe «19H THÉÂTRE». Une pièce de théâtre à la fois drôle et réaliste, écrite par Youssef Lahrichi, qui remet en question les fondements mêmes de la famille marocaine.

Pitch: Une famille composée d’une mère et de trois filles vit sous l’autorité abusive d’un père trop conservateur et agressif. Une sévérité à la limite de l’absurde et poussée à son paroxysme qui fait régner la peur et la soumission au sein du foyer. Jusqu’au jour où, quelques années plus tard, une personne fait irruption dans leur vie et remet en cause ce joug particulièrement contraignant.

Une comédie sociale et moderne qui met en exergue les sévères retombées de la famille patriarcale sur le modèle éducatif marocain. En effet, un père trop autoritaire tue la communication dans son foyer, ne donnant pas l’occasion à ses enfants de s’exprimer librement et naturellement. Ces mêmes individus deviendront ainsi plus tard des citoyens frustrés et «victimisés», manquant en effet considérablement de confiance en eux. L’œuvre insiste également sur le rôle crucial d’un environnement familial sain et ouvert pour améliorer la perception et la condition de la femme au sein de la société.

Une pièce dont l’efficacité repose sur un humour fin et intelligent, qui ne tombe jamais dans le lourdingue. En effet, l’œuvre multiplie situations cocasses et rebondissements inattendus tout en conservant un ton réaliste et grave. Les paradoxes entre les tranches de vie des quatre femmes, au ton sensiblement différent suivant la présence du père, sont quant à eux accentués par une mise en scène des plus ingénieuses.

Ainsi, le salon qui se transforme en salle à manger retransmet avec justesse ces ambiances de rire, de partage mais également de tourment. Enfin, le jeu des comédiens, à la fois impliqués et complices, contribue également à faire sourire le spectateur tout en l’invitant à la réflexion.

Une comédie loufoque et percutante qui a particulièrement séduit le public en décembre dernier, lors de sa première représentation à la F.O.L. A tel point que la troupe, constituée entre autre de lauréats du conservatoire d’art dramatique de Casablanca et de comédiens spécialisés en improvisation théâtrale dont Ayoub Naim ou encore Rime Aitelhaj (ex journaliste à L’Economiste), s’est décidée à en programmer de nouvelles pour le plus grand plaisir du public.

«Allah Islah» a été écrite et mise en scène par Youssef Lahrichi. Lauréat du conservatoire en art dramatique français, ce dernier a notamment joué dans plusieurs pièces théâtrales au sein de la troupe du territoire et est récemment parvenu à se faire un nom dans l’improvisation théâtrale à travers la compagnie «La Marocaine d’impro». C’est également un photographe émérite qui a déjà exposé sous nos latitudes ainsi qu’à l’étranger.

 

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