Economie

Banque mondiale: La richesse par habitant progresse au Maroc

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5199 Le 31/01/2018 | Partager
Une hausse de 45% de 2005 à 2014
Des gains notables dans le capital produit et naturel
Le capital humain mal exploité
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La richesse totale par habitant au Maroc s’élevait à environ 40.000 dollars en 2014. C’est un niveau similaire à celui constaté en Egypte mais inférieur aux niveaux observés en Jordanie, au Liban et en Tunisie. L’Espagne est également incluse dans le tableau, avec une richesse par habitant qui est 8,5 fois plus élevée qu’au Maroc. Même si la richesse par habitant a diminué en Espagne au cours de la dernière décennie en raison de la crise financière de 2008-2009. Une grande partie de l’écart entre le Maroc et les autres pays de la région Mena est le résultat de niveaux inférieurs de capital humain par habitant

La Banque mondiale publie une nouvelle analyse sur l’évolution de la richesse dans le monde (1). L’institution y consacre tout un chapitre sur le Maroc en se basant sur la période de 2005 à 2014. Ses conclusions indiquent que la richesse totale par habitant du Royaume est passée de 2010 à 2014 de 34.756 dollars à 40.488 dollars (contre 27.956 dollars en 2005).

De 2005 à 2014, le Maroc a enregistré une forte croissance de la richesse par habitant, en hausse de 45%. Des gains notables ont été enregistrés dans le capital produit (bâtiments, infrastructures, etc.) et le capital naturel (forêts et ressources minières, par exemple). Ce dernier ayant plus que doublé en raison de la hausse de la productivité agricole et du développement des réserves minérales, tandis que la position extérieure nette du pays a légèrement diminué.

Cependant, cette croissance masque des faiblesses. Si la croissance de la population est prise en compte, la variation nette du patrimoine réel par habitant -mesurée par l’épargne nette ajustée (ENA)- est passée de 400 dollars par personne en 2005 à moins de 100 dollars en 2014. Une grande partie de cette faiblesse est due au capital humain mal exploité.

En 2014, 41% de la richesse totale du Maroc était constituée de ce capital, contre 59% en Egypte et 65% au Liban.
L’écart de richesse observé entre le Royaume et les autres pays de la région Mena s’explique par le faible niveau de capital humain par habitant.
L’autre principal facteur conduisant à des niveaux insuffisants de richesse par habitant au Maroc est l’écart de revenus -et donc de richesse- par sexe. Les femmes ne représentent qu’environ 1/5 du capital humain total dans le pays. Si la parité des sexes dans la richesse du capital humain était atteinte, les niveaux de richesse de ce capital pourraient augmenter de plus de 1/3.

En 2014, le Roi Mohammed VI a souligné le rôle du capital immatériel dans le développement du pays. Les bonnes nouvelles sont que les réformes décrites dans le mémorandum économique du Maroc de 2040 pourraient faire une différence significative. Ce mémorandum met l’accent non seulement sur les réformes macroéconomiques mais aussi sur la croissance du capital humain à travers l’éducation et les réformes du marché du travail, ainsi que sur les efforts visant à accroître l’égalité des sexes.

Tout aussi importantes seront les réformes institutionnelles visant à créer une administration moderne, à améliorer l’investissement public et la gestion financière. Sans oublier la gouvernance et l’accès à l’information.

Période 1999-2013

LE Conseil économique, social et environnemental (CESE) et Bank Al-Maghrib (BAM) avaient finalisé en 2017 le rapport sur «La richesse globale du Maroc entre 1999 et 2013», dont L’Economiste a dévoilé le contenu en exclusivité (cf. notre édition N° 4943 du 20/01/2017).
L’étude demandée par le Roi porte sur le capital immatériel comme facteur de création et de répartition équitable de la richesse nationale. Ses conclusions indiquent que la valeur de la richesse globale du Royaume, à prix courants, a plus que doublé entre 1999-2013, passant de 5.904 milliards de DH à 12.833 milliards. Elle s’est appréciée en moyenne de 5% par an.
Le capital humain, social et institutionnel constitue la principale composante. Il représente une part moyenne de 73% entre 1999 et 2013.

Dans le monde

Au cours des deux dernières décennies, la richesse mondiale a fortement progressé, mais la richesse par habitant a reculé ou stagné dans plus d’une vingtaine de pays dans diverses tranches de revenus. Tel est le constat de la Banque mondiale, qui va au-delà des indicateurs traditionnels comme le PIB pour suivre les progrès et la viabilité économiques des pays.
D’après ses estimations, la richesse mondiale a progressé de 66% (passant de 690.000 milliards de dollars à 1.143.000 milliards de dollars en dollars constants de 2014 aux prix du marché). Mais les inégalités demeurent substantielles. Dans les pays de l’OCDE à revenu élevé, la richesse par habitant est 52 fois supérieure à celle des pays à faible revenu.

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(1) Le rapport «The Changing Wealth of Nations 2018» a étudié l’évolution de la richesse de 141 pays entre 1995 et 2014, en prenant en compte le capital naturel (forêts et ressources minières, par exemple), le capital humain (revenus d’une personne sur toute sa vie), le capital produit (bâtiments, infrastructures, etc.) et les actifs étrangers nets.

 

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