Economie

La Berd intensifie son soutien aux services publics

Par Franck FAGNON | Edition N°:5199 Le 31/01/2018 | Partager
Un accord-cadre conclu avec la région de Casablanca
310 millions d’euros investis dans l’économie en 2017
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Pierre Heilbronn, vice-président Politiques et Partenariats à la Berd: «Nous comptons amplifier la coopération avec les maires autour des projets relatifs à la qualité des services publics, notamment en matière d’assainissement, de gestion des déchets et de mobilité»

- L’Economiste: Vous avez rencontré plusieurs officiels marocains ces derniers jours. Quel a été votre message?
- Pierre Heilbronn:
Le message que nous leur avons délivré est que nous sommes à disposition pour consolider et augmenter notre engagement dans le pays. Nous avons investi 310 millions d’euros dans l’économie marocaine en 2017, ce qui en fait la deuxième meilleure année depuis le démarrage de nos opérations. Il y a évidemment un potentiel très important et nous continuerons de privilégier des axes sur lesquels nous avons un vrai positionnement de niche, notamment le soutien au secteur privé. C’est une priorité traditionnelle de la banque avec un focus particulier sur les PME. Nous avons déjà accompagné près de 400 PME et nous souhaitons amplifier ce mouvement en développant dès cette année un programme sur les femmes entrepreneurs. Nous souhaitons croiser ce soutien aux PME avec la priorité liée à la lutte contre le changement climatique. Près de la moitié de notre portefeuille au Maroc est investi dans l’économie verte. Le mémorandum d’entente que nous venons de signer avec le ministre des Finances va dans ce sens.
Par ailleurs, l’accompagnement de la régionalisation avancée sera un axe important de travail à l’avenir. Nous avons signé un accord-cadre avec le président de la région de Casablanca. Nous comptons amplifier cette coopération avec les maires autour des projets relatifs à la qualité des services publics, notamment en matière d’assainissement, de gestion des déchets et de mobilité urbaine.

- Où en êtes-vous dans l’introduction de nouveaux instruments sur le marché pour faciliter l’accès des PME au financement?
- La Berd n’est pas seulement une institution financière qui investit et mobilise les investisseurs, mais elle est aussi une banque de développement. Notre valeur ajoutée tient en notre capacité à apporter l’assistance technique aux banques et de développer des produits financiers variés pour servir les PME qui le sont souvent moins. En matière d’efficacité énergétique par exemple, les produits que nous avons développés à la fois sur les secteurs industriel et résidentiel visent à combler ce gap. C’est cette valeur ajoutée que nous voulons aussi apporter dans le cadre du programme pour les femmes entrepreneurs à travers le conseil, le capacity building dans les banques, mais également l’accompagnement des entrepreneurs eux-mêmes à travers l’assistance technique pour le développement de projets.

- La Berd a manifesté à un moment un intérêt pour une prise de participation dans le capital de la société gestionnaire de la Bourse. Est-ce toujours d’actualité?
- Le renforcement de la place de Casablanca et du marché des capitaux est une priorité pour la Berd. Nous menons un certain nombre d’actions et des discussions avec à la fois le ministère des Finances, la Banque centrale, l’Autorité marocaines des marchés des capitaux, tous les acteurs de la place. Nous allons organiser des formations cette année, l’objectif étant de donner au marché casablancais la place qui est la sienne en Afrique. Tout cela peut se traduire par un certain nombre d’investissements et de financements. Toutes les solutions seront étudiées.

6,5 milliards d’euros investis depuis le printemps arabe

- L’Economiste: Vos interventions dans la région Mena ont démarré au lendemain du printemps arabe. Six ans après, quel bilan tirez-vous?
- Pierre Heilbronn:
En tout cas, c’est une histoire d’un grand succès. En moins de cinq ans, nous avons investi plus de 6,5 milliards d’euros dans la région. La part des investissements dans le secteur privé n’a cessé de croître dans chacun des pays de la région. L’Egypte est devenue le deuxième pays d’opération de la banque en 2017 avec 1,3 milliard d'euros d’investissement dont près de 70% dans le secteur privé. Cela montre à la fois la capacité d’agilité et de compréhension des besoins des différentes économies. La Berd n’est pas seulement une banque d’investissement,  mais elle soutient aussi l’agenda des réformes dans chacun des pays concernés. Cela suppose d’avoir une relation de confiance avec les gouvernements, de nourrir un dialogue très étroit avec eux, mais également de pouvoir les aider de façon très concrète pour augmenter leur capacité à mettre en œuvre les réformes. Je crois que sur la base de ces éléments, il y a un potentiel très grand dans la région, notamment en relation avec le reste de l’Afrique. Nous voyons des liens qui ne font que s’accroître entre l’Afrique du Nord et le reste du continent. Nous comptons dans les mois et les années à venir accompagner l’ensemble des acteurs dans nos pays d’opération dans leur expansion en Afrique et c’est le cas particulièrement des opérateurs marocains.

Propos recueillis par Franck FAGNON

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