Economie

Région Mena: Industrie, éducation... les angles d’une croissance efficace

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5199 Le 31/01/2018 | Partager
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■ Saâdeddine El Othmani, Chef du gouvernement
«Ce qui n’était pas obligatoire hier, l’est aujourd’hui en raison d’une pression sociale grandissante quant aux attentes des citoyens. Le monde connaît en effet une compétition de plus en plus féroce. Une nouvelle approche est nécessaire face aux grandes transformations accélérées et profondes au niveau de l’économie mondiale et régionale. Cette conférence aujourd’hui permet de faire, dans un premier temps, un diagnostic, et de trouver des solutions immédiates, à moyen et à long terme, car la population a des besoins qu’il faut satisfaire immédiatement. Notre industrie ne représent que 14% du PIB, ce qui est encore trop peu. Nous n’avons aucun complexe et sommes prêts à écouter et nous inspirer des pratiques qui ont fait leurs preuves ailleurs».

                                                                   

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■ Abdulrahman A. Al-Hamidy, DG du Fonds monétaire arabe
«Dans notre région, où la moitié de la population a moins de 25 ans, notre plus grand défi est l’emploi des jeunes. Encore 16 à 17 millions de projets n’ont pas accès au financement et à l’accompagnement. Le Fonds monétaire arabe a mis en place une stratégie dans ce sens pour faciliter l’accès au financement des projets innovants et des startups. Les nouvelles technologies ont tout changé sur leur passage. Regardons la jeunesse de nos pays comme une vraie opportunité et une chance».

                                                                   

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■ Youssef Chahed, Chef du gouvernement tunisien
«Les politiques qui ne prennent en compte que le développement comptable, que le PIB, impactent tout le modèle économique, sachant que les citoyens eux mesurent ce développement à travers leur niveau de vie. L’initiative du FMI proposant d’autres indicateurs de mesure offre un cadre qui permet aux marchés du travail de mieux répartir les richesses. La Tunisie est un exemple vivant. Même avec un taux de croissance de 5%, cela n’a pas empêché la révolution que nous avons connue».

                                                                   

■ Caroline Freund, directrice Banque mondiale

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«Le problème est que la région Mena reste concentrée sur le marché domestique, alors qu’elle devrait se tourner pleinement vers le marché mondial. Il ne faut pas redouter la robotisation comme destructrice d’emplois, mais nous mettre en phase dans l’éducation, comme l’ont fait les pays asiatiques, qui engrangent les meilleurs classements, pour réduire l’écart avec les besoins du pays».

                                                                   

■ Christine Lagarde, DG du FMI

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«Tout d’abord, je salue la flexibilité engagée par le Maroc. Les marchés apprécieront. Concernant la croissance, la bonne nouvelle est qu’elle est de retour dans plus de 120 pays. Le développement, conduit par l’investissement, est un peu partout engagé, avec plus d’échanges commerciaux. Mais si l’amélioration du climat des affaires comme au Maroc a permis de créer de l’emploi, les défis persistent pour les PME paralysant leur développement. Les encouragements sont là, mais pas suffisants. Alors les priorités restent l’émergence d’un secteur privé fort, le soutien des groupes exclus comme les jeunes, les femmes, les populations rurales ou les réfugiés, et aussi la mise en place de politiques de taxation qui prennent en compte plus de dépenses sociales sur la santé ou l’éducation. Un volet qui représente actuellement moins de 11% du PIB. Trop peu».

                                                                   

■ Marwan Juma, fondateur de Kinz

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«Les entrepreneurs ont besoin d’un environnement sécurisé et prévisible avec la possibilité d’une sortie réussie. Il faut encourager le secteur public pour retenir nos jeunes et nos talents. C’est une priorité. A ces jeunes, peu leur importe comment tout se passe et se décide, ils veulent juste voir les lois s’appliquer. Sans conditions favorables, ils n’ont aucun état d’âme à partir travailler ailleurs».

                                                                   

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■ Ibrahim Manna, DG Careem
«Notre petite startup a pu créer 500.000 emplois en moins de 5 ans, dont la moitié pour la seule année 2017. Les secteurs privé et public doivent s’unir pour favoriser un environnement global apte à nous soutenir».

 

 

                                                                   

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■ Nezha Hayat, Morocco capital market authority
«C’est l’environnement qui est en cause, moins le cadre législatif. Les entrepreneurs doivent accepter de changer leurs façons de faire, en étant plus autonomes face à la mondialisation».

 

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