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Cryptomonnaies: Le Japon condamne Coincheck après le méga-braquage

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5199 Le 31/01/2018 | Partager
Le gouvernement dénonce des failles de sécurité importantes
La plateforme s’engage à rembourser 400 millions de dollars à ses clients
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Koichiro Wada, le président de la plateforme Coincheck s’incline pour présenter ses excuses après le casse virtuel massif qui a frappé son entreprise vendredi 26 janvier (Ph. AFP)

Coincheck, la plateforme japonaise d’échange de cryptomonnaies a été victime du plus gros braquage virtuel de tous les temps. Le piratage massif a entraîné une perte de 58 milliards de yens, soit près de 400 millions de dollars aux clients. Le gouvernement japonais a dénoncé des failles de sécurité au sein de la plateforme.

«Nous allons prendre les mesures administratives nécessaires, y compris en procédant à des inspections sur place», a souligné Taro Aso, vice-Premier ministre japonais et également ministre des Finances. «Ils n’ont pas stocké les actifs importants séparément. C’est un manque de connaissances de base ou de sens commun», a-t-il déploré.

De son côté, l’Agence des services financiers (FSA) a sommé la société d’enquêter sur les causes de l’incident, de renforcer la gestion des risques, mais aussi de prendre des mesures de prévention afin d’éviter une nouvelle débâcle et de répondre aux clients escroqués «de manière appropriée». La plateforme doit rendre un rapport avant le 13 février.

Entre temps, des perquisitions peuvent avoir lieu à tout moment dans les locaux de l’entreprise. La plateforme japonaise avait détecté vendredi dernier, jour du piratage, des «accès non autorisés». La direction de Coincheck a ensuite  annoncé la suspension des échanges de ses clients dans tous ses actifs, à l’exception du bitcoin.

Ce qui a, sur le coup, provoqué une chute du cours des cryptomonnaies. La société s’est depuis engagée à puiser dans ses propres capitaux, pour rembourser en yens les 260.000 clients touchés par le vol. Ils ont perdu leurs avoirs en NEM (new economy movement), la dixième plus importante devise virtuelle du monde en termes de valeur. La FSA va s’assurer que la plateforme est à même d’honorer sa promesse.

Par ailleurs, le gendarme financier compte mener des contrôles sur d’autres plateformes d’échanges afin de détecter de potentiels problèmes de sécurité. «Tout en recherchant la cause de l’incident, nous souhaitons que les ministères et agences concernés étudient de manière urgente les autres mesures dont nous avons besoin», a indiqué Yoshihide Suga, le porte-parole de l’exécutif.

Rappelons qu’en 2014, le Japon a connu son premier grand braquage qui visait  la société MtGox. Ce qui avait brisé l’élan du bitcoin dans le pays. Mais depuis début 2017, date d’entrée en vigueur d’une loi régissant les monnaies virtuelles, plusieurs Japonais se sont rués vers ces devises.

Selon ce texte de loi, les gérants des cryptomonnaies ont l’obligation d’être enregistrés auprès de l’Agence des services financiers. Coincheck n’avait toujours pas obtenu une telle licence, mais avait reçu l’autorisation de continuer à opérer dans l’attente d’une décision des régulateurs.

 

 

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