Régions

Fès: Une nouvelle vie pour le Cotef?

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5198 Le 30/01/2018 | Partager
L’ancien fleuron du textile cherche preneur
Une plateforme de 15,3 ha qui redynamiserait l’emploi
L’expropriation en cours de finalisation
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Créé en 1967, Cotef est sur la liste des sociétés privatisables depuis le début des années 90. Durant toutes ces années, plusieurs études ont été réalisées pour sa restructuration. Mais sans aboutir. Aujourd’hui, le ministre de l’Industrie promet de le revivifier d’ici peu (Ph YSA)

Moulay Hafid Elalamy veut redonner vie au complexe textile de Fès (Cotef), ancien fleuron de l’industrie. Le ministre de l’Industrie cherche un repreneur pour cette usine de 15,3ha de superficie. «L’expropriation du foncier sera finalisée d’ici quelques mois. J’ai une offre industrielle pour le Cotef qui devrait permettre la création de 6.000 à 7.000 emplois», ajoute le ministre sans dire plus.

Sur la même longueur d’onde, Mohamed Boussaïd affirme qu’il «a été procédé à une opération simplifiée pour faciliter l’expropriation de ce terrain ». Le ministre des Finances qui ne cache pas sa consternation quant à la situation actuelle de la capitale spirituelle de Fès rappelle que «170.000 étudiants sont inscrits dans les universités de Fès. Il s’agit d’un vivier de ressources humaines qualifiées. Lesquelles devraient être embauchées dès leur diplomation».

En attendant, Elalamy conseille deux secteurs pour Fès : «le textile et l’automobile». Pour le premier, l’expertise de la ville est légendaire à travers Cotef, Texnord, Manudra, etc. S’agissant de l’automobile, l’implantation des premières unités remonte aux années 1980. En fait, Fès est la première ville à produire des pistons pour équiper en première monte les moteurs de grands constructeurs européens comme Peugeot, Renault, Volvo, Fiat ou encore Iveco.

En témoigne l’usine Floquet Monopole, installée au quartier Doukkarate depuis 1981. Connue sous le nom de la SMFN, Société marocaine des fonderies du Nord, cette unité couvre une superficie de 10.600 m2, dont 6.500 m2 couverts. Elle est spécialisée dans la production des composants automobiles.

Elle produit sur son site industriel plus de 1,2 million de pistons et chemises par an. Les responsables de la SMFN présentent leur unité comme leader dans la fabrication de pièces moteurs, et unique en son genre au Maroc, toute l’Afrique et les pays arabes. «98% de notre production est destinée à l’export à travers plusieurs pays dans le monde entier», indiquent-ils.

En tout cas, l’ex-Cotef devrait attirer un investisseur dans l’une des activités défendues par Elalamy. L’objectif aujourd’hui est de lui trouver un bon preneur. Rappelons que cette plateforme s’étale sur plus de 15,3 hectares (153.000m2). La surface couverte est de 55.000 m2. Le site bénéficie d’un positionnement géographique privilégié puisqu’il est situé en plein centre-ville, il est également à proximité du réseau autoroutier et d’une fréquence quotidienne de vols aériens internationaux.

Tombée dans l’oubli après son arrêt en 2005, cette ancienne unité, fleuron de l’industrie textile dans les années 1980, ne peut laisser personne indifférent. Elle refait parler d’elle en 2009 à cause d’un incendie qui a ravagé ses bâtiments. Rappelons que l’entreprise avait procédé au licenciement de quelque 502 ouvriers dans le cadre d’un programme de restructuration, en septembre 2005.

En juillet 2006, et après plusieurs mois de tourmente, l’espoir de relancer l’activité du complexe se profilait. Mais rapidement, l’idée a été abandonnée. L’éventualité d’une liquidation judiciaire causait de multiples angoisses au personnel. Pourtant, les représentants du personnel gardaient le moral.

Ils demandaient aussi, dans le cadre de la 2e phase de restructuration de l’entreprise, aux responsables d’adopter la solution du départ volontaire avec indemnisation et non un départ obligatoire. Finalement, l’unité a fermé ses portes avant d’être envahie par les vagabonds et les pilleurs, au vu et au su de tout le monde.

Fermeture, incendie, pillage…

AU début des années 2000, Cotef s’était retrouvé en mauvaise posture pour cause de concurrence féroce dans le secteur. A tel point qu’en 2005, le gouvernement avait octroyé 50 millions de DH à la direction générale afin de restructurer ses ressources humaines et indemniser 502 personnes. Une opération qui s’était déroulée dans la sérénité. Sur place, certains ouvriers se souviennent encore qu’en 1997/98, Cotef avait réalisé un bénéfice exceptionnel. Quatre ans plus tard, son chiffre d’affaires était en chute libre. Les machines étaient au point mort et le moral du personnel à zéro. L’incendie de juillet 2009 a rappelé la triste fin d’une unité qui a subi de plein fouet la concurrence chinoise, mais aussi celle des ateliers informels. Après la fermeture et l’incendie, l’usine était à la merci des pilleurs (www.leconomiste.com). Ainsi, plus de 40 millions de DH de machines ont disparu, mais aucune enquête n’a été menée dans ce sens.

Où est passée la zone aéronautique?

En mai 2017, lors du 1er forum économique de la CCIS, Moulay Hafid Elalamy avait demandé aux opérateurs de la région d’élaborer des propositions solvables, et non des dossiers revendicatifs. Le responsable gouvernemental avait promis la réalisation d’une zone aéroportuaire, d’une cinquantaine d’hectares, à Fès. «Avec le plan d’accélération industrielle, le Maroc s’attelle à la mise en place d’une approche intégrée et inclusive et d’une insertion irréversible et maîtrisée dans les chaînes de valeurs mondiales», disait-il. Cette promesse a été réitérée par le Chef du gouvernement lors de son déplacement du 13 janvier dans la région. Mais, aujourd’hui, ce projet semble être abandonné, tout comme beaucoup d’autres (P2I, zone franche, district de cuir…).

De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

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