Economie

La nouvelle stratégie de la SFI

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5198 Le 30/01/2018 | Partager
Infrastructures, PME, éducation, eau, marché des capitaux… les axes ciblés
Ses engagements portés à plus de 10 milliards de DH sur 5 ans
Cette institution accompagne le Maroc sur l’Afrique

La Société Financière Internationale (SFI) a mis en place une nouvelle stratégie pour le Maroc, étalée sur cinq ans. Elle coïncide avec l’arrivée de Xavier Reille aux commandes de cette filiale de la Banque mondiale il y a quelques semaines en remplacement de Joumana Cobein pour le Maroc et la région du Maghreb.

C’est donc lui qui est chargé du déploiement de cette stratégie.  Pour lui, le Maroc est «notre priorité. Nous allons doubler nos engagements pour atteindre au moins 200 millions de dollars par année afin de pouvoir atteindre l’objectif de 1 milliard de dollars en 5 ans. Aujourd’hui, nous faisons entre 50 et 100 millions de dollars». Les montants en jeu sont conséquents, soit plus de 10 milliards de DH sur la période 2018-2022.

Cette nouvelle stratégie se base sur 4 grands axes dont le premier concerne les infrastructures. Aujourd’hui, elles sont essentiellement financées par le secteur public alors que «des solutions du privé, innovantes et effectives, n’ont pas été testées au Maroc». Selon lui, la loi sur les PPP (Partenariat public-privé), qui existe depuis 2014, est bonne mais des blocages persistent encore. 

L’Etat n’a pas encore réussi à attirer massivement des financements du secteur privé dans les énergies renouvelables. Dans d’autres pays, tout le solaire est financé par le privé, note le nouveau directeur. «Il y a des choses qui doivent se faire en PPP. Ce qui allège les investissements de l’Etat. Nous allons apporter cette innovation comme nous l’avons fait dans beaucoup d’autres pays», dit-il.

Le transport est également un domaine sur lequel il est impératif de se concentrer. Il s’agit de moderniser les ports, les aéroports avec des extensions de terminaux, de construire des routes qui sont prioritaires pour le gouvernement et pour la population.

Il convient de préciser que les 200 millions de dollars ne seront pas répartis sur les secteurs de manière équitable. «C’est très difficile de le faire. Nous serons pragmatiques pour que les fonds soient mobilisés en fonction des besoins. Nous savons que la construction des infrastructures demande beaucoup d’argent. Le soutien aux PME aura également une grande part des investissements», ajoute-t-il.

Le 2e axe de l’intervention de la SFI portera sur les PME. Sur cette question stratégique, Xavier Reille est catégorique: «ce pays est magnifique, avec de très grandes entreprises compétitives à l’international, qui conquièrent les marchés en Afrique et ailleurs. Mais, il est plombé par un secteur des PME très chétif».

D’où la nécessité d’aider à le développer, note-t-il avant de rappeler que les PME contribuent entre 5% à 10% du PNB, ce qui est très faible. Alors qu’en Turquie, cette part se situe entre 20% et 30%. Une donnée importante puisque ce sont les PME qui créent de l’emploi.

Xavier Reille considère que l’environnement des affaires au Maroc a été très bien traité au niveau du business mais sans apporter beaucoup de choses pour les PME. «Je pense qu’il est possible de nouer de vrais partenariats où la grande entreprise aide les PME, ses distributeurs et ses fournisseurs à se développer. Nous avons développé des programmes de formation et d’accompagnement pour les PME qu’on pourrait apporter au Maroc», ajoute-t-il.

Par ailleurs, le rythme de créations des entreprises est jugé faible comparativement à la Tunisie ou à l’Egypte. «Ce n’est pas normal. Il faut encourager la création d’entreprises. Nous étudions la pertinence des fonds d’incubation qu’on pourra faire venir au Maroc et améliorer l’écosystème de créations d’entreprises».

Le troisième axe de la stratégie de la SFI porte sur l’appui à des secteurs stratégiques comme l’éducation et la santé. La SFI veut s’y impliquer davantage. Le quatrième et dernier axe de cette stratégie est d’accompagner les entreprises marocaines à l’international. En Afrique, la filiale de la Banque mondiale est très présente. Elle  a déjà noué des partenariats avec de grandes entreprises et des banques dans ce continent.

L’Asie est également sur le tableau de bord. Des liens ont été créés notamment avec la Chine et l’Inde. La SFI peut faciliter des rapprochements, aider les entreprises marocaines à s’y exporter ou tisser des relations de partenariat notamment avec la Chine.

En synergie avec la Banque mondiale

Changement d’approche: la SFI va travailler, la main dans la main, avec la Banque mondiale. Elles vont identifier ensemble les secteurs où le privé peut participer. Dans les transports, les énergies et l’eau, de très bonnes opportunités se dessinent. L’idée est d’être dans un partenariat beaucoup plus intégré avec la Banque. Avant, chacun de son côté, menait ses opérations en toute indépendance. «Aujourd’hui nous travaillons sur une stratégie commune pour le Maroc pour identifier les créneaux où les deux institutions peuvent collaborer pour faire la différence. La Banque mondiale opère plus en amont sur les réformes sectorielles. Nous, nous travaillons davantage pour faire des transactions et attirer le secteur privé. Une très bonne complémentarité s’annonce». Elle a déjà été mise en œuvre en Egypte, avec la mise en place sur 2 ans de 2,5 Gigawatt de programmes sur les énergies renouvelables. Le modèle dans les infrastructures est arrêté: la Banque mondiale travaille sur les réformes sectorielles, la SFI attire les investisseurs.

L’IFC au Maroc

  • 1962: Premier investissement au Maroc dans la défunte BNDE
  • 1988: 1er PPP au monde dans le secteur de l’irrigation avec le ministère de l’Agriculture dans la région Guerdane
  • 1996: 1re augmentation de capital d’une banque marocaine (BMCE) auprès d’investisseurs internationaux
  • 2011: 1er crédit bureau dans un pays francophone réalisé par la Banque centrale du Maroc
  • 2012: création et développement de l’Institut des administrateurs marocains (IMA), un des premiers en Afrique
  • 2017: 1er pays de la région MENA à ouvrir un 2e Crédit bureau pour favoriser l’inclusion financière
  • 2017: 1re émission d’obligations vertes en devises (Green bonds) par la BCP
  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc