Analyse

Enquête Unicef sur la pauvreté: Un enfant sur quatre souffre de malnutrition

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5197 Le 29/01/2018 | Partager
La moitié n'a aucune couverture médicale
Un accès peu satisfaisant à l'eau, au logement et à l'assainissement
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Un enfant en situation de pauvreté et de vulnérabilité monétaire a un risque beaucoup plus élevé d'être également pauvre de point de vue multidimensionnel. C'est le cas de 64,5% contre 34% pour les non pauvres/vulnérables. L'approche multidimensionnelle dévoile l'autre visage de la pauvreté.

L’estimation du taux de privation dans les dimensions eau, assainissement, logement, couverture de l’assurance maladie, rend compte de l'étendue des efforts qui restent à faire (voir tableau): un enfant sur 4 vit dans un ménage qui a accès uniquement à des sources d’eau non améliorées: puits, citerne d'eau, etc. Un tiers vit aussi dans des ménages surpeuplés et/ou utilisant des matériaux insalubres pour les toits et les sols.

Des disparités importantes existent selon le milieu de résidence. Ainsi, presque la moitié des enfants du rural est privée de l'accès à des sources d'eau adéquates contre 3% dans le milieu urbain. Pour l’assainissement, le taux  de privation est de 18% dans le rural contre moins de 1% pour l’urbain. Par rapport au logement, ce taux atteint 52,2% pour les enfants du rural contre 16,8% pour ceux résidant dans les zones urbaines. Une situation qui nécessite, selon l'Unicef , un ciblage prioritaire de l'investissement public dans le rural.

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Les mères d’environ un enfant sur quatre du rural n’ont pas bénéficié des soins périnataux adéquats, notamment à cause des contraintes d’accès à l’infrastructure sanitaire de base. Une disparité importante est également observée pour la dimension de la couverture de l’assurance maladie. Pour la dimension relative à la nutrition, le taux de privation est pratiquement le même dans les milieux urbain et rural

La couverture médicale qui mesure la capacité des interventions de protection sociale à atteindre la population des enfants enregistre également un déficit important: elle varie de 46%, pour les "15-17 ans", à 53% pour les moins de 5 ans. Ces derniers sont privés d’une assurance médicale de base, et présentent donc un risque plus élevé de ne pas recevoir des soins de santé adéquats en cas de nécessité. Cela renvoie aussi au constat dressé par l'ONDH pour lequel «les populations ciblées par le Ramed ont un taux d’affiliation au régime encore faible» (voir L'Economiste n° 5195 du 25/01/2018).

Le Maroc doit également faire face au défi de la malnutrition des enfants: 27% des enfants de moins de 5 ans en sont touchés. Cela  se manifeste surtout sous forme de surpoids et d’obésité que d’émaciation et/ou d’insuffisance pondérale. Cela est à mettre sur le compte de pratiques nutritionnelles inadéquates et à la qualité de l’alimentation. En tout cas, la prévalence de l’émaciation est plus élevée pour les garçons (9,9%) que pour les filles (6,4%).

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Les taux de pauvreté multidimensionnelle les plus élevés sont observés chez les enfants de moins de 5 ans et les adolescents (15-17 ans). En milieu rural, 4 enfants sur 5 sont en situation de pauvreté multidimensionnelle

L'Unicef s'est également attardé sur l'analyse de la dimension "éducation" pour les enfants de la tranche d’âge 5-14 ans (période de l’instruction obligatoire) et de la tranche d’âge 15-17 ans (adolescence en transition vers l’âge adulte). Il en ressort des niveaux de privation très importants pour ces deux groupes d’âge et en particulier pour les adolescents.

Pour la tranche des 5-14 ans, le taux de privation est à 12,9% car une proportion importante a déserté l’école.  Pour les 15-17 ans, le taux de privation culmine à 35,3% en raison du nombre de jeunes hors système scolaire ou ayant enregistré du retard dans l’achèvement du collège.

 

 

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