Entreprises

La SIE divorce de Masen

Par Nadia DREF | Edition N°:5196 Le 26/01/2018 | Partager
Une rupture prévisible confirmée par le conseil d’administration
Au gouvernement de lui fixer un autre métier

Le Département de l’Energie n’arrive toujours pas à trancher sur le positionnement de la Société d’investissements énergétiques (SIE). L’échéance a été repoussée à juin prochain. C’est ce qui ressort de la réunion du conseil d’administration, tenue, sous la présidence de Aziz Rabbah, Ministre de l’Energie, des Mines et du Développement durable.

Le dernier rapport de la Cour des comptes reproche à la tutelle une faible gouvernance, notamment en matière de pilotage de la SIE: positionnement mitigé, absence de stratégie claire et de contrat-programme, absence de tutelle du ministère de l’Energie, faible coordination avec Masen, l’Onee et l’Aderee... (cf. L’Economiste du 26 avril 2017).  

L’une des décisions marquantes du conseil est la confirmation de la sortie de la SIE du capital de Masen. C’était une issue inévitable tant le management de Masen a tout fait pour marginaliser la SIE. Il a créé une structure aux missions identiques à la SIE (Masen Capital). Les 25% détenus par cet établissement seront récupérés par l’ONEE, qui est déjà un actionnaire de référence aux côtés du Fonds Hassan II et de l’Etat dans le tour de table de Masen.

Aziz Rabbah a demandé au comité de pilotage ad hoc de superviser la mise en œuvre de cette séparation et de définir le nouveau positionnement de la SIE ainsi que son rôle éventuel, dans le contexte du nouveau paysage énergétique. A l’origine, la SIE devait être le bras financier de l’Etat pour la réalisation du mix-énergétique. Elle devait intervenir autant dans l’investissement que dans le développement de projets d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique. 

Le conseil d’administration était également une occasion pour présenter les réalisations de 2017. Ahmed Baroudi, directeur général de la SIE a présenté les projets phares menés par la société. Concernant l’efficacité énergétique, plusieurs projets ont été menés portant sur les mosquées vertes, le projet avec Maghreb Steel... La SIE a également fait bénéficier les régions de Souss-Massa et de Rabat-Salé-Kénitra de son expertise technique dans des secteurs tels l’éclairage public, la valorisation énergétique des déchets…

La SIE a accompagné la mise en place d’une unité industrielle de fabrication de bus électriques de dernière génération «made in Morocco» avec le constructeur chinois Yang Tse. S’y ajoute le projet de production de panneaux solaires photovoltaïques 100% marocains avec un partenaire chinois et le groupe Jet Contractor.

D’autres projets ont aussi été présentés, à savoir la centrale solaire de Marrakech avec Novare Energy, des projets de microcentrales hydrauliques de Sidi Driss et Hassan II avec Energie Terre, ou de la centrale solaire Copag- Shems dont le développement a été bouclé à 100% en 2017.

Deux appels d’offres pour les mosquées

En décembre 2017, la SIE a lancé deux appels d’offres. Le premier porte sur la mise à niveau de l’éclairage et de l’installation électrique de 240 mosquées dans les villes de Kenitra, Témara et Salé. Ce marché est estimé à 3,8  millions de DH. Le second appel d’offre concerne la rénovation des systèmes de l’éclairage, la mise à niveau de l’installation électrique, la fourniture et installation des chauffe-eau solaires dans 90 mosquées de la ville de Rabat. Le coût est évalué à 2,85 millions de DH. L’ouverture des plis est prévue le 5 février prochain.

 

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