International

Traité de libre-échange: L’Aléna menacé!

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5195 Le 25/01/2018 | Partager
Reprise des négociations jusqu’au lundi prochain à Montréal
L’occasion d’aborder les différents points de désaccord
Le protectionnisme s’invite à Davos en Suisse
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Donald Trump devra vanter sa politique «L’Amérique d’abord» vendredi 26 janvier lors de la 48e réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) qui se déroule du 23 au 26 janvier à Davos-Klosters (Suisse). Mais avant son intervention, le président américain est passé des paroles aux actes pour protéger le marché américain du flot de produits importés à l’instar des panneaux solaires en provenance de Chine.

En signant les documents imposant ces droits de sauvegarde et d’autres sur les machines à laver importées, Trump a assuré qu’il entendait «faire respecter le principe d’un commerce équitable et démontrer au monde que les Etats-Unis ne se laisseraient plus faire».

Outre la Chine, plusieurs pays sont visés par ces différentes décisions: Corée du Sud, Mexique, Thaïlande et Vietnam… Elles s’avèrent comme la plus importante depuis celle, début 2017, de sortir de l’accord commercial de libre-échange Asie-Pacifique (TPP). Peu après son élection à la Maison-Blanche, Donald Trump avait abandonné ce traité dans le cadre de sa politique protectionniste visant à sauver des emplois américains menacés selon lui par le libre-échange. Il a aussi imposé la renégociation du traité de libre-échange nord-américain (Aléna) dont la 6e session de négociations s’est ouverte mardi 23 janvier à Montréal (voir encadré).

L’administration américaine prépare aussi tout un arsenal de mesures protectionnistes pour les secteurs stratégiques de l’acier et de l’aluminium ainsi que pour protéger la propriété intellectuelle. Ces mesures pourraient être dévoilées très prochainement, les enquêtes étant déjà bouclées.

En réponse à ces décisions, le ministère chinois du Commerce a simplement averti qu’avec d’autres membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la Chine allait défendre résolument ses intérêts légitimes. Il n’a pas précisé les actions envisagées. De son côté, le ministère sud-coréen du Commerce a annoncé son intention de déposer une requête auprès de l’OMC.

En dévoilant ses prévisions de croissance économique plus optimistes pour 2018 et 2019, le Fonds monétaire international (FMI) a mis en garde contre des mesures de protectionnisme qui pourraient compromettre la reprise. Dans une récente analyse, Euler Hermes mentionne aussi une résurgence du protectionnisme (plus de 400 nouvelles mesures en 2017).

Le forum de Davos se tient au moment où les tractations sur l’Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) reprennent dans un climat tendu. L’avenir de plus en plus sombre de cet accord a poussé le gouvernement canadien à décider de rejoindre le partenariat transpacifique, zone de libre-échange réunissant dix autres pays riverains du Pacifique, dont le Mexique. Les Etats-Unis s’en étaient retirés il y a un an à l’arrivée au pouvoir du président Donald Trump.

Le nouvel Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP pour son acronyme en anglais) devrait être paraphé d’ici fin mars. Les 11 partenaires (Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour et Vietnam) avaient déjà bien avancé les négociations en novembre mais le Canada voulait des amendements. Le CPTPP se veut un pacte ambitieux qui va bien au-delà de la simple levée des barrières douanières.

Il prévoit aussi la levée de barrières non-tarifaires, comme l’ouverture des appels d’offres nationaux par les pays membres aux entreprises étrangères sans avantages indus pour leurs propres entreprises publiques, la détermination de normes communes pour le commerce électronique et les services financiers, le respect du droit du travail selon les normes de l’Organisation internationale du travail (OIT).

Pourquoi les négociations bloquent

Outre la montée du protectionnisme américain, l’Aléna est menacé par l’absence de progrès notables sur plusieurs dossiers litigieux lors des cinq sessions précédentes de négociations engagées depuis la fin de l’été. Les discussions bloquent entre autres sur deux propositions américaines jugées inacceptables aussi bien par le Canada que par le Mexique. L’une est une clause «crépusculaire» (Sunset en anglais) permettant d’abroger l’Aléna au bout de cinq ans, l’autre supprimerait le chapitre 19 de l’accord prévoyant la constitution de panels binationaux pour régler les différends commerciaux. Les règles d’origine pour l’industrie automobile sont un autre dossier épineux, mais un compromis reste envisageable. Les discussions doivent durer jusqu’à lundi prochain, faisant de cette séance de négociations la plus longue depuis le début des tractations il y a six mois.

 

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