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Agence de développement du digital: Des ambitions mais pas d’agenda

Par Nadia DREF | Edition N°:5195 Le 25/01/2018 | Partager
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La feuille de route présentée au prochain CA en juin
Les opérateurs IT demandent l’ouverture du marché haut débit
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La tant attendue Agence de développement du digital ne devra démarrer que d’ici un an ou deux! «Nous prendrons le temps qu’il faut pour mieux la doter de compétences qualifiées qui pourront facilement rattraper le retard pris au démarrage», a indiqué Othman El Ferdaous, secrétaire d’Etat chargé de l’Investissement, en ouverture de l’assemblée générale ordinaire élective de l’Apebi. Une réunion avec les professionnels du secteur où il a remplacé son ministre de tutelle, Moulay Hafid Elalamy retenu pour une autre manifestation.

Le jeune ministre a présenté les grands axes de la feuille de route de l’agence sans donner des objectifs chiffrés ni d’agenda d’exécution. Il a toutefois indiqué que le Digital Lab devra démarrer dès la première année. Au total 14 axes ont été retenus: digital city, digital PME, digital Auto-entrepreneurs, digital gouvernement (dématérialisation des procédures), digital génération, digital infrastructures, adaptation du cadre réglementaire…

«Pour ce qui est des PME, l’agence travaillera en partenariat avec l’ANPME pour sélectionner les entreprises à accompagner et à financer», promet Othman El Ferdaous qui insiste également sur la digitalisation de l’enseignement et l’accompagnement des jeunes.

L’agence devra, ainsi, jouer un rôle important pour positionner le Maroc en tant que hub régional et leader africain dans ce domaine. Elle sera en charge de la mise en œuvre de l’implémentation de la stratégie Maroc Digital 2020, de l’encouragement de la diffusion des outils numériques et de la promotion de leur utilisation auprès de la population. Un outil qui donnera un nouvel élan à l’économie numérique après l’échec de Maroc Numeric.

Les professionnels du secteur, à travers l’Apebi, avaient demandé depuis longtemps la création d’une instance gouvernementale autonome et dotée de moyens humains et financiers suffisants pour garantir le déploiement des différents projets inclus dans la stratégie Maroc Digital 2020. Toutefois, l’association se dit «étonnée de ne pas avoir été consultée sur la constitution du comité des experts nommé au conseil d’administration de l’Agence du développement digital».

Les professionnels ne comprennent pas les raisons de cet écart alors que l’Apebi a été impliquée dès le départ dans le processus d’élaboration de la stratégie digitale 2020, de la loi 61-16. Elle a même été approchée par le cabinet Mckinsey chargé de mettre en place la feuille de route de l’agence.

En tout cas, les professionnels restent sur leur faim. Ils demandent une meilleure gouvernance pour mieux accompagner la digitalisation et réduire la fracture numérique. «S’il n’y a pas de haut débit, il n’y aura pas de digitalisation», souligne un membre de l’Apebi.

«Actuellement, le haut débit reste cher. Nous n’avons pas une bonne couverture territoriale en matière d’Internet. De plus, les data centers existants sont minuscules. A ce niveau, la Tunisie nous dépasse alors que le Maroc était précurseur dans la région», se désole un autre opérateur. «Il existe un manque de coordination avec l’ANRT que nous avons soulevé auparavant. Je ne vois pas de développement s’il n’y a pas une vraie politique du haut débit et des data centers», précise un chef d’entreprise.

Actuellement, tous les acteurs publics et privés sont interpellés sur les enjeux de la révolution numérique, avec à l’appui les solutions innovantes et outils préconisés. Le secteur a une opportunité certaine de se développer en apportant des solutions encore plus pertinentes en phase avec les besoins des utilisateurs. Reste qu’il faut se comparer aux pays qui ont fait leurs preuves en la matière à savoir, la Turquie, la Malaisie et d’autres et non les pays voisins.

Au niveau mondial, les dépenses IT vont atteindre 3,7 billions de dollars en 2018, soit une croissance de 4,3% par rapport à 2017 qui a totalisé 3,5 billions. Cette hausse sera favorisée par l’ère de la «troisième plateforme» qui se profile en 2018 et qui regroupera le cloud-computing, le big data ainsi que les solutions de mobilité dans une optique de réduction de l’infrastructure intramuros.

Rappelons que la 1re plateforme prônait l’utilisation de l’infrastructure et les terminaux et la 2e plateforme adoptait l’utilisation de client-serveur pour y accéder. Selon les prévisions de l’américain Gartner, 35% des nouvelles dépenses iront vers le cloud en 2020.

Saloua Karkri Belkeziz réélue

L’Apebi, fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring, a élu son nouveau bureau le 23 janvier à Casablanca. Sans grande surprise, Saloua Karkri Belkeziz, PDG de DGFI et candidate unique à ce poste, a été réélue en tant que présidente. C’est Youssef El Alaoui, directeur-associé et co-fondateur de Mobiblanc, qui a été désigné nouveau vice-président général en remplacement de Aziz Daddane, président du directoire de S2M. L’AGO élective a également adopté le rapport moral et financier et le plan d’action 2018-2020. L’Apebi compte 160 membres qui réalisent un chiffre d’affaires de 50 milliards de DH en TIC et télécoms. En 2018, l’association fête son trentenaire.

 

 

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