Analyse

Compensation: Black-out sur le calendrier de réforme

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5195 Le 25/01/2018 | Partager
El Othmani évite de s’engager sur les prochaines étapes du processus
Il insiste sur l’importance des mesures d’accompagnement
el_othmani_compensation_095.jpg

Interpellé par les Conseillers sur l’impact de la réforme de la compensation sur le pouvoir d’achat des citoyens, Saâdeddine El Othmani a évité d’annoncer clairement la date de la décompensation de certains produits comme le gaz ou le sucre. Il a plutôt insisté sur «le caractère global de la démarche». Il a annoncé des projets, en partenariat avec la Banque mondiale et l’Union européenne, visant le renforcement de la gouvernance du système de protection sociale et l’amélioration du ciblage des bénéficiaires (Ph. Bziouat)

La décompensation des produits pétroliers a permis d’alléger la pression sur les finances publiques et de mettre fin à une aberration très critiquée. Toutefois, cet élan s’est estompé avec l’arrivée du gouvernement de Saâdeddine El Othmani. Plusieurs mois après l’installation du nouvel exécutif, aucune visibilité sur les prochaines étapes de ce processus de décompensation.

Par exemple, pour le gaz butane, le gouvernement avait annoncé que rien ne sera fait en termes de libéralisation avant 2019. Or, difficile d’imaginer la mise en place de ces mesures au coût social à quelques mois des élections législatives. Quoi qu’il en soit, le dernier passage d’El Othmani devant les Conseillers, mardi dernier, a confirmé ces constats. Le Chef du gouvernement a évité de s’engager sur un calendrier précis.

Même s’il a reconnu que «la réforme du système de compensation est inévitable». Pour l’instant, El Othmani préfère s’abriter derrière la nécessité de «préparer les conditions nécessaires avant de passer à la prochaine étape de la réforme». Concrètement, l’idée est de «procéder selon une approche globale, prévoyant des mesures d’accompagnement afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens et d’améliorer le ciblage des catégories pauvres et vulnérables», selon le Chef du gouvernement.

L’une des principales actions annoncées dans ce domaine: la mise en place d’un registre social commun. Un projet en cours d’exécution (2017-2019), en partenariat avec la Banque mondiale. Il s’agit d’une plateforme informatique permettant de réunir les données sociales et économiques des citoyens et des ménages, afin de mieux déterminer les personnes éligibles aux aides sociales ou des autres programmes comme Tayssir et Ramed.

Parallèlement, un projet d’amélioration de la gouvernance de ces programmes et de la mise à niveau de l’ingénierie sociale est aussi en cours, grâce à un financement européen qui s’élève à 1 milliard de DH. L’objectif est d’assurer «la convergence des données relatives au système de protection sociale, en vue d’aboutir à un modèle de gestion intégrée, permettant de faire le suivi des différents indicateurs sociaux».

Un autre système informatique, également mis en place dans le cadre de ce projet, devra favoriser le regroupement et l’analyse des données disponibles chez les établissements de couverture sociale. Pour El Othmani, cela permettra de «simplifier les conditions d’accès aux programmes sociaux, afin d’augmenter le nombre des bénéficiaires».

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc