Economie

Gouvernement: Les chantiers prioritaires des nouveaux ministres

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5194 Le 24/01/2018 | Partager
Enseignement: Amzazi attendu sur la relance de la réforme
Anas Doukkali arrivera-t-il à «tenir» les blouses blanches?
Un nouveau ministre délégué devra faire le suivi des chantiers lancés par Rabat en Afrique
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Saïd Amzazi (au centre), ministre de l’Education, Mohamed El Gharrass (à droite), secrétaire d’Etat à la Formation professionnelle, ici en compagnie de Khalid Samadi, secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur, sont appelés à déployer les synergies pour assurer la mise en œuvre de la réforme du secteur éducatif, dans le cadre de la Vision globale élaborée par le Conseil supérieur de l’éducation et de la formation (Ph. Bziouat)

Après plusieurs mois d’attente, les remplaçants des ministres limogés ont été officiellement nommés par le Souverain, lundi dernier à Casablanca, sur proposition du Chef de gouvernement . Les cérémonies de passation se sont déroulées hier dans les différents départements concernés. Aujourd’hui, les nouveaux ministres sont attendus sur plusieurs dossiers.

Surtout qu’il s’agit de départements stratégiques, à portée sociale, dont l’impact est directement ressenti par les citoyens. A commencer par l’Education nationale. Le nouveau ministre, Saïd Amzazi, a du pain sur la planche. Il est attendu sur le grand chantier de réforme du système éducatif. Cet ex-président de l’Université Mohammed V de Rabat connaît bien les maux du secteur.

Il dispose également d’une véritable feuille de route, élaborée par le Conseil supérieur de l’éducation et de la formation. Les dispositions de cette Vision, qui s’étale sur plusieurs années, ont été contenues dans un projet de loi-cadre. Amzazi va-t-il revoir la copie de son prédécesseur, Mohamed Hassad? Pour l’instant, il ne s’est pas encore prononcé sur le sujet.

S’il procède à des changements dans ce texte, avant de le soumettre au Conseil des ministres, ces changements devront s’inscrire dans la logique tracée par l’instance présidée par Omar Azzimane. Cette Vision a fixé le cap pour la réforme du secteur jusqu’à 2030. Toutefois, plusieurs challenges restent à relever par Amzazi.

Particulièrement en termes de vulgarisation des orientations du projet de loi-cadre, dont certaines dispositions, surtout celles liées à la gratuité de l’enseignement public, avaient suscité la polémique. L’implémentation de cette réforme est également un chantier de taille, qui nécessite une grande mobilisation. Le nouveau ministre semble conscient de ce défi.

Quelques heures après sa nomination par le Roi, il a mis l’accent sur «l’importance de ce secteur dans la promotion des ressources humaines, afin qu’elles puissent participer activement au processus de développement». Un récent rapport du Conseil de Azzimane a mis l’accent sur le caractère décisif de l’école dans la résorption des inégalités et dans la consolidation de la dynamique de croissance.

Cela passe également par l’ouverture de passerelles avec le système de formation professionnelle. C’est l’un des sujets sur lesquels Mohamed El Gharrass est attendu. Le déploiement des synergies entre ce secrétariat d’Etat et le département de l’Education nationale sera décisif dans la réussite de la réforme.

El Gharrass devra également s’attaquer à une série de dossiers, légués par son prédécesseur, Larbi Bencheikh. Il s’agit notamment de l’épineux sujet de la formation continue, mais également de l’affaire polémique de la fabrication de tables scolaires par les élèves des centres de l’OFPPT.

Les professionnels de la Santé s’attendent également à avoir plus de visibilité concernant les priorités du nouveau ministre. Anas Doukkali va-t-il maintenir le bras de fer mené par son prédécesseur, Houssain Louardi, avec plusieurs corps de métier? Dans sa première déclaration après l’audience royale, Doukkali a affirmé être conscient «des attentes importantes des citoyens».

Il a expliqué qu’il va s’appuyer sur «les orientations royales et les grands objectifs du programme gouvernemental». L’idée est de s’inscrire dans la continuité. Pourtant, la politique de Louardi a été sévèrement critiquée, même par des responsables du PJD qui conduit le gouvernement.

Du côté du département de l’Habitat, Abdelahad El Fassi, devra s’atteler à la correction de certains dysfonctionnements durant le mandat de Nabil Benabdallah, pointés par le rapport de la Cour des comptes. Surtout qu’il s’agit d’un secteur qui enregistre un grand déficit, face à une demande importante en logements.

L’idée est de donner du punch à l’action de ce département dans le cadre des programmes de développement de certaines régions. El Fassi est aussi attendu sur d’autres dossiers, considérés comme des flops de la stratégie de son prédécesseur, tel le programme d’habitat pour la classe moyenne, boudé par les promoteurs privés.

Par ailleurs, la nomination de Mohcine Jazouli au poste de ministre délégué à la Coopération africaine devra aussi donner un coup de fouet à la politique africaine initiée par le Maroc. Les différentes tournées royales s’étaient soldées par la signature d’une série de conventions de coopération avec les pays d’Afrique subsaharienne. Le département piloté par Jazouli, patron du cabinet Valyans consulting, fera le suivi des différents chantiers lancés par Rabat sur le continent.

Nominations

Au-delà du dossier de la coopération africaine confié à Mohcine Jazouli, une nouvelle dynamique est en cours au niveau de ce dossier, chapeauté par le département de Nacer Bourita. Le Roi a nommé, lors du Conseil des ministres, tenu lundi à Rabat, de nouveaux ambassadeurs. Il s’agit de Fouad Yazough, directeur général des relations bilatérales, de Anas Khalis, directeur du protocole, et de Abdelkader El Ansari, directeur des affaires d’Asie Océanie.

 

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