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TGCC:«Le Maroc a besoin de grandes entreprises dans le BTP»

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5194 Le 24/01/2018 | Partager
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«Nous sommes plus performant dans le bâtiment, un secteur où nous avons grandit et cumulé de l’expérience et du savoir-faire», assure Mohamed Bouzoubaâ, PDG de TGCC (Ph. Jarfi)

Parti de rien en 1991, l’homme d’affaires Mohamed Bouzoubaâ est parvenu à construire une entreprise qui s’impose comme leader national dans les travaux industriels, publics et du bâtiment. TGCC emploie aujourd’hui plus de 8.500 salariés au Maroc et en Afrique. Le PDG revient sur l’opération de cession de 15% de son capital à Mediterrania Capital Partners et les raisons qui motivent le choix de ce partenaire qui accompagnera le déploiement de TGCC à l’international.

- L’Economiste: Quels sont les enjeux derrière l’ouverture du capital de TGCC?
- Mohamed Bouzoubaâ:
L’opération vise à consolider le développement de l’entreprise pour les prochaines années. Nos partenaires vont nous apporter le soutien pour nos projets nécessitant un apport financier. Dans le monde, on a vu évoluer les grands groupes de taille comparable vers d’autres secteurs d’activités liées au BTP, notamment les concessions de type PPP ou BOT  (Build Operate Transfer). On peut construire et assurer la gestion de parkings, autoroutes, aéroports… pour une période déterminée, 20 ou 30 ans, puis les rendre à l’Etat. Pour l’heure, au Maroc, il n’y a pas encore trop d’opérations similaires, mais c’est quelque chose qui va venir et qui nécessitera des financements. Nous voulons être prêts. Nos partenaires vont donc nous accompagner pour ces financements type PPP. Pour les parkings, à titre d’exemple, nous avons déjà repéré 2 ou 3 appels d’offres à Rabat. Nous sommes intéressés aussi par des projets de parkings à Casablanca.

-  Qu’est-ce qui explique le choix de Mediterrania Capital Partners?  
-  En fait, nous avons rencontré les responsables de Mediterrania Capital Partners il y a un an. Ils ont manifesté l’intérêt pour l’entreprise et leur plan stratégique et leur vision à long terme nous ont directement séduits. Nous avons commencé à travailler sur cette opération de cession de capital qui a abouti il y a 2 mois. Elle a été finalisée en janvier. Le plus important c’est qu’il y a un intérêt mutuel et que nos points de vue convergent.

- Quelle sera la valeur ajoutée de ce rapprochement sur les activités à l’international de l’entreprise?
 L’intérêt est de développer l’activité à l’international. TGCC est présente en Afrique depuis 4 ans sur le Gabon et la Côte d’ivoire, mais nous sommes intéressés par d’autres pays comme le Cameroun, le Sénégal et le Ghana. Nos partenaires sont des acteurs qui ont un réseau à l’international. Ils peuvent nous accompagner pour les projets avec financements, très communs en Afrique. D’autres pays d’Afrique ou du Moyen-Orient pourraient aussi nous intéresser dans l’avenir.

-  Quelles sont les opportunités à saisir au Maroc et ailleurs?
-  Au Maroc, nous sommes ouverts. TGCC est une entreprise pluridisciplinaire qui opère dans l’immobilier, l’hôtellerie, les travaux publics ainsi que des projets complexes comme les infrastructures, ports, aéroports, autoroutes, ouvrages d’art …
Nous avons les compétences pour attaquer tous les secteurs du BTP. Nous avons atteint un volume important de chiffre d’affaires que nous souhaitons consolider et améliorer en cherchant d’autres opportunités.

- Comment expliquez-vous que TGCC soit le chef de file dans plusieurs projets d’envergure au Maroc: BTP, autoroutes, ports, retail, immobilier, résidentiel de luxe, hôtellerie…
-  Le Maroc a besoin de grandes entreprises dans le BTP. Dans ce secteur, nous avons surtout des PME/PMI. TGCC a mis la barre très haut, en exigeant de ses collaborateurs un niveau supérieur de qualité. Nous avons aujourd’hui une cinquantaine de chantiers à travers le Royaume. La majorité d’entre eux sont dans le bâtiment (90%), le reste est dans les travaux publics. Nous sommes plus performants dans le bâtiment, un secteur où nous avons grandi et cumulé de l’expérience et du savoir-faire. Nous orientons notre stratégie sur le respect de la qualité et des délais et nous avons fait de la sécurité notre cheval de bataille depuis quelques années.

-  Où réside l’expertise technique de vos ouvrages?
-  Parmi les chantiers les plus emblématiques, figure le stade de Tanger. Le grand théâtre de Casablanca est pour sa part le 1er ouvrage du genre. Son architecture, très complexe, exige des courbures et des formes spécifiques. La façade non plus  n’est pas symétrique. La technique est également complexe à l’intérieur. C’est un théâtre qui répond aux normes les plus drastiques et les plus modernes au monde au niveau acoustique, technique… Le chantier, pratiquement finalisé, sera livré cet été. Nous avons aussi aménagé l’esplanade et le parking devant le théâtre (place Mohammed V) et le parking sous la place Rachidi. Nous allons livrer la promenade de la mosquée Hassan II en avril prochain.
Parmi nos réalisations récentes, le projet Houara, un hôtel 5 étoiles clés en mains (300 lits) aux standards internationaux. Nous comptons aussi dans l’avenir développer notre expertise sur d’autres ouvrages tels que les bâtiments de grande hauteur.
Propos recueillis par Aziza EL AFFAS

 

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