Economie

Modèle économique: Le CMC précise ses contours

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5192 Le 22/01/2018 | Partager
Compétences, compétitivité et convergence des stratégies, les leviers
Anticiper les risques d’essoufflement de la croissance
La région, acteur incontournable de la nouvelle dynamique

Le débat est ouvert. Avec un consensus quasiment unanime parmi les institutions nationales de recherche: l’émergence d’un nouveau modèle économique. Après les orientations royales et les travaux du Conseil économique, social et environnemental, le Centre marocain de conjoncture étaie sa participation au débat par un spécial dédié à la question. 

Pour l’équipe du Centre, la nécessité de revoir l’actuel modèle est d’abord dictée par la montée des risques.  L’essoufflement de la croissance au Maroc est un constat unanimement partagé. Le taux de création des richesses, mesuré par PIB, peine à dépasser le rythme annuel moyen de 3,5% au cours de la période 2008-2018. Il accuse même un recul de 1,5 point par rapport à la décennie précédente. 

Une  croissance qui, de surcroît, ne crée pas suffisamment d’emplois. Ceci malgré les efforts consentis au niveau de l’accumulation des facteurs de production, investissement et capital humain. Ce qui amène, ensuite,  à s’interroger sur l’adéquation du modèle de croissance  avec les  exigences actuelles et futures du développement économique et social. 

Les analystes conviennent  que les défis majeurs à relever par le marché du travail marocain tiennent à la levée de trois contraintes majeures. Il s’agit, en premier lieu, de rehausser la qualité de la formation des compétences en lien avec la réduction des disparités socio- économiques, spatiales et selon le genre. Le second handicap à neutraliser serait de promouvoir des secteurs dynamiques, compétitifs à l’international et créateurs d’emplois.

Une option à renforcer  par des efforts de résorption de l’informel, d’élargissement de l’accès au financement et de lutte contre la corruption. Enfin, l’efficacité des politiques publiques doit être repensée  selon une meilleure coordination sectorielle et une plus grande convergence.

Globalement, le choix du Maroc de restructurer et de moderniser son secteur productif est justifié par l’impact potentiel des différentes stratégies engagées ces dernières années. Mais les résultats tardent à venir. La croissance reste ainsi  tributaire des aléas climatiques et les exportations ne jouent pas encore le rôle moteur souhaité, vu leur faible contenu technologique. Et dans la plupart des cas,  l’impact des différentes initiatives  sur l’emploi et les inégalités reste limité.

D’où la nécessité d’inverser la donne, estime le CMC. Aujourd’hui, la région s’érige en acteur incontournable du nouveau modèle économique. La recherche d’un meilleur équilibre des territoires fait de la région un acteur majeur dans la mise en œuvre des politiques publiques.

Les déséquilibres persistants au plan territorial, tels qu’ils ressortent des principaux indicateurs économiques et sociaux, témoignent de l’importance des efforts à fournir pour enclencher une véritable dynamique de développement régional. Ceci implique la dotation de la région de larges attributions au plan économique, social, culturel et environnemental.

Le rôle de la région en tant qu’acteur du développement ne peut être par ailleurs renforcé qu’à travers la mobilisation de moyens humains et financiers  pour le développement des potentialités locales et la réduction des écarts entre les territoires.

L’exemple de l’Asie de l’Est

Le cas de l’Asie de l’Est présente un grand intérêt, en se sens qu’il constitue un modèle de «rattrapage économique». Plusieurs facteurs combinés y ont favorisé la croissance. Ils tiennent aux IDE, aux exportations manufacturières, aux transferts de technologie (via les délocalisations) et aux coûts compétitifs de production dans les premières phases de développement. Mais il apparaît que le rôle de l’Etat a été déterminant. Celui-ci définit les objectifs économiques globaux à atteindre, les filières à développer, les exonérations fiscales, la protection du marché intérieur, la création des zones franches… Ces caractéristiques ont été théorisées dans la notion de l’Etat développeur, véritable instigateur de l’essor économique des Etats de l’Asie de l’Est.

 

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