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Branding «Définissons ensemble la marque Afrique»

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5192 Le 22/01/2018 | Partager
Chaque pays peut apporter sa contribution à une marque ombrelle
La diversité du continent est une richesse
Il faut repenser le système éducatif pour une meilleure adhésion des jeunes
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«Il faut définir la marque Afrique ensemble. Il faut rêver ensemble le monde et dans ce rêve, chaque pays apporte quelque chose», estime Amadou Diaw, fondateur de la première Business School privée du Sénégal, Institut supérieur de management (ISM) (Ph. Khalifa)

Amadou Diaw est le fondateur de la première Business School privée du Sénégal, Institut supérieur de management (ISM). En un peu plus de deux décennies d’existence, l’ISM s’est hissée parmi les trois premières institutions de cette discipline en Afrique francophone. Amadou Diaw est intervenu lors du colloque «L’empreinte de la marque Maroc comme porte-parole d’une vision africaine». 

Organisé par Langages du Sud, en partenariat avec L’Economiste, l’évènement s’est déroulé jeudi 18 janvier à Casablanca. Pour Diaw, le branding de l’Afrique passe avant tout par l’éducation et la culture. Les jeunes générations doivent avoir confiance en leur continent, l’aimer et en parler.

- L’Economiste: Peut-on parler d’une marque Afrique ou s’agit-il de la somme de marques territoriales spécifiques à chaque pays?
- Amadou Diaw:
L’Afrique est en fait une marque ombrelle. Chaque pays travaille sur le branding à son niveau, c’est le cas du Maroc, du Sénégal… J’ai invité nos amis marocains à se mettre autour d’une table avec les autres pays africains, pour voir ce qu’il y a de fort dans chaque pays et voir ce que chacun peut apporter à l’autre. Car il y a une forte diversité au niveau du continent et cette diversité, il faut en faire une richesse. Mettons ce que chacun a de particulier dans un même plat et partageons-le pour aller ensemble et vendre la marque Afrique au monde. Il  faut définir la marque Afrique ensemble. Il va falloir rêver ensemble le monde et dans ce rêve, chacun apporte quelque chose. Je suis convaincu que la Maroc a un rôle à jouer, de par son histoire, son économie, sa position géographique proche de l’Occident …

- Vous participez au processus de création de la  marque territoriale pour votre ville d’origine, Saint-Louis… Quels en sont les atouts?
- Effectivement. C’est une ville qui a plus de 350 ans d’histoire. Elle a été la porte d’entrée de la colonisation française en Afrique. La ville a aussi joué un rôle important dans l’organisation en Afrique occidentale, pendant des siècles. Depuis l’indépendance, la ville a été abandonnée, elle s’est endormie. Aujourd’hui, je travaille à son réveil par la promotion de cette marque-là, via la culture. On aurait pu faire la promotion de la marque par l’industrie, la pêche … Mais notre choix a porté sur la culture. La ville a été pendant longtemps un pôle d’éducation religieuse et occidentale. Elle compte un nombre important d’écrivains, musiciens et d’artistes qui y vivent. A partir de ce bouillonnement culturel, l’on peut sortir quelque chose de fort. On peut jouer le rôle de catalyseurs. Saint-Louis est d’ailleurs jumelée à Fès.
La ville avait déjà son logo, le viaduc. Nous travaillons aujourd’hui sur le moto, le message à véhiculer par la marque territoriale: demain Saint-Louis, Saint-Louis ville d’avenir ou Saint-Louis ville patrimoine de l’Unesco… Nous y travaillons depuis un an. Nous avons organisé une rencontre en novembre dernier avec la participation de plusieurs experts marocains, avec des exemples comme Essaouira, Casablanca, Marrakech… il y a eu des échanges riches en enseignements. J’ai également envoyé l’année dernière une dizaine d’experts de Saint-Louis pour faire une tournée des villes marocaines.

- Quel rôle les marques marocaines jouent-elles pour l’éducation et la culture en Afrique?
- Aujourd’hui, il y a la marque Maroc et la marque Afrique. Il va falloir être clair dans le montage de notre système éducatif. Nous sommes obligés de le repenser. Si nos marques ont des problèmes, c’est que les populations, les étudiants n’ont pas suffisamment confiance pour se les approprier. C’est en reconstruisant les programmes éducatifs que nous pouvons changer les choses. Il faut travailler la fierté d’appartenir au continent, la fierté d’appartenir à un pays. Il faut apprendre aux jeunes l’importance de montrer l’Afrique au monde et comment la montrer, comment avoir confiance en notre continent, l’aimer et savoir en parler. Tout cela passe, à mon sens, par l’éducation et la culture.
Dans un pays comme le Sénégal, où 20% de la population ont moins de 5 ans et 50% ont moins de 18 ans, si nous expliquons clairement l’importance de l’Afrique et de ce que le continent peut apporter au monde, nous aurons plusieurs générations qui pourront mieux vendre la marque Afrique.
Propos recueillis par Aziza EL AFFAS

 

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