International

Lourde ardoise fiscale pour Apple

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5191 Le 19/01/2018 | Partager
La firme va payer 38 milliards de dollars sur ses bénéfices réalisés à l’étranger
En raison de la réforme fiscale américaine

La firme à la pomme Apple va payer 38 milliards de dollars sur ses bénéfices réalisés à l’étranger en raison de la réforme fiscale américaine. Votée juste avant Noël, cette réforme offre pendant une durée limitée aux entreprises américaines la possibilité de rapatrier les bénéfices réalisés à l’étranger à des taux variant entre 8% et 15,5%.

La taxe, qui n’est due qu’une seule fois et peut être payée sur plusieurs années, devrait rapporter au moins 220 milliards de dollars à l’Etat fédéral. Cet impôt s’applique même si les bénéfices ne sont pas réellement rapatriés aux Etats-Unis.

Auparavant, les bénéfices échappaient totalement à l’impôt tant qu’ils restaient parqués à l’étranger et se retrouvaient imposés à 35% s’ils étaient rapatriés aux Etats-Unis. Du coup, certaines grosses entreprises ont accumulé ce qu’on peut qualifier de «trésor de guerre» parfois gigantesque, celui d’Apple est estimé à environ 250 milliards de dollars.

L’annonce d’Apple, première capitalisation boursière mondiale à plus de 910 milliards de dollars, ne devrait pas avoir d’impact significatif sur sa santé financière. Le groupe avait publié début novembre un bénéfice net annuel de 48,3 milliards (+5,8%) pour un chiffre d’affaires de 229 milliards. Le titre a fini, mercredi 17 janvier, en hausse de 1,65% à 179,10 dollars à Wall Street. La monnaie américaine a aussi tiré parti de l’annonce du géant Apple.

Le fabricant de l’iPhone a aussi assuré qu’il comptait investir directement plus de 30 milliards de dollars aux Etats-Unis dans les cinq ans (via ses fournisseurs et sous-traitants ou dans des data centers) et créer plus de 20.000 emplois. Ces embauches se feront notamment via un nouveau campus destiné dans un premier temps à accueillir les services d’assistance technique aux clients du groupe.

Son implantation géographique sera précisée cette année. Apple emploie déjà directement 84.000 personnes aux Etats-Unis. Au total, la société estime qu’il contribuera directement à l’économie américaine à hauteur de plus de 350 milliards de dollars dans les cinq années qui viennent.

Parallèlement, Apple fait partie des multinationales dans le viseur des autorités européennes. Celles-ci les accusent notamment d’optimisation fiscale pour diminuer leurs impôts en Europe et cherchent à les imposer plus durement. Dans ce cadre, le gouvernement irlandais a annoncé début décembre avoir trouvé un accord avec Apple afin de commencer à collecter les 13 milliards d’euros d’avantages fiscaux jugés indus par Bruxelles.

Rentabilité et solidité financière

La réforme fiscale américaine bouleverse la comptabilité des entreprises américaines qui annoncent les unes après les autres des charges exceptionnelles pourtant sans grande conséquence sur leur rentabilité et leur solidité financière. En effet, Citigroup a annoncé 22 milliards de dollars de charges exceptionnelles. Goldman Sachs avait estimé la sienne à 5 milliards de dollars, le pétrolier britannique BP évoque 1,5 milliard de dollars comme Deutsche Bank... Mais, comme l’a souligné le PDG de Citigroup Michael Corbat, cette réforme fiscale, dont l’une des mesures phares est de baisser le taux d’imposition des entreprises de 35% (l’un des plus élevés de l’OCDE) à 21% va in fine profiter aux entreprises américaines.

 

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