Economie

Flexibilité du dirham: Boussaid et Jouahri assurent le service après-vente

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5191 Le 19/01/2018 | Partager
«Il n’y aura pas d’impact sur le pouvoir d’achat», s’engage le ministre des Finances au Parlement
«Une décision souveraine et volontariste», insiste le wali de BAM
boussaid-et-jouahri-091.jpg

Le sujet du dirham a fait salle comble avant-hier au Parlement. La réunion des commissions des Finances des deux Chambres a connu une affluence exceptionnelle. Plusieurs parlementaires n’ont pas trouvé de place pour suivre l’exposé de Mohamed Boussaid et Abdellatif Jouahri (Ph. Bziouat)

L’injection d’un peu plus de flexibilité au régime de change du dirham n’aura pas d’impact sur le niveau de l’inflation, ni sur le pouvoir d’achat. Intervenant devant les commissions des Finances des deux Chambres du Parlement, Mohamed Boussaid s’est montré rassurant.

Le ministre des Finances et le gouverneur de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, sont venus faire de la pédagogie et dissiper les craintes des parlementaires sur l’impact de la réforme du régime de change du dirham sur l’inflation et donc, le pouvoir d’achat des ménages.

Durant les premiers jours de l’application du nouveau système, la fluctuation du dirham est restée dans les marges de la période précédente, soit 0,3%. Ce qui témoigne de la réalité de sa valeur  par rapport à la situation économique du pays. Même analyse chez le wali de Bank Al-Maghrib, qui a mis l’accent sur les différents diagnostics du FMI sur le Maroc durant les 10 dernières années, qui ont tous conclu à l’absence de déphasage entre la valeur du dirham et les bases économiques.

Abdellatif Jouahri a minimisé l’impact de cette réforme sur les prix balayant ainsi des appréhensions qui montaient ces derniers jours dans l’opinion. Il a expliqué que le taux d’inflation connaîtra une hausse insignifiante, se limitant à 0,4%, permettant de rester en deçà de 2%. Le gouvernement a prévu, dans la loi de finances, un taux d’inflation de 1,5%. Idem pour le prix de certains produits, comme le gasoil. Son tarif pourra connaître une légère augmentation de 0,15 DH par litre.

Les autorités monétaires ont insisté sur les efforts menés pour assurer la réussite de cette transition. Contrairement aux critiques formulées auparavant par des parlementaires, notamment après la suspension de l’application du nouveau régime en juillet dernier, le gouverneur de la Banque centrale a rappelé que cette décision a été prise en coordination avec le gouvernement: «En matière de politique de change, le gouvernement s’occupe des aspects politiques et Bank Al-Maghrib prend en charge la gestion technique», a-t-il rappelé.

Il a également rejeté toutes les allusions à une pression du FMI. «C’est une décision souveraine et volontariste», a expliqué Jouahri. Il a précisé que les consultations avec le FMI s’inscrivent dans des réunions régulières que le fonds tient avec tous les pays membres, y compris les Etats-Unis. Le wali de BAM a fait savoir que cette réforme a été lancée après la préparation des conditions de sa réussite. Jouahri et Boussaid ont été unanimes à dire que «les conditions actuelles de notre économie sont convenables pour mener cette réforme».

Cela concerne notamment «l’amélioration des indicateurs macroéconomiques, particulièrement en matière de contrôle de l’inflation et du maintien d’un bon niveau des réserves en devises», mais également «la solidité du secteur financier national». Jouahri a rappelé la dernière évaluation du secteur bancaire national, menée par le FMI en 2015.

Le ministre des Finances a expliqué devant les parlementaires que l’élargissement de la bande de fluctuation du dirham +/- 2,5% constitue une première étape de ce processus progressif de réforme. L’objectif est d’assurer un passage en douceur vers un régime de change plus flexible. Les prochaines étapes ne seront lancées qu’après avoir mené des évaluations des étapes précédentes et la préparation des conditions nécessaires à son implémentation.

Rappelez-vous du PAS!

Face à une salle archicomble, Abdellatif Jouahri a appelé à tirer les leçons de la période où le Maroc appliquait une politique d’ajustement structurel (PAS). Cette période a été marquée par une grave détérioration des indicateurs macroéconomiques, avec un impact direct sur la politique de change. Ce rappel historique s’inscrit dans l’approche adoptée par le wali de BAM devant les membres des commissions des Finances des deux Chambres du Parlement. Jouahri s’est montré didactique, en expliquant, étape par étape, l’évolution de la politique de change au Maroc. Il a présenté les différents régimes adoptés au niveau international, selon la classification de la Banque mondiale, avant de mettre l’accent sur les motivations de cette réforme et ses objectifs. Il s’agit des mêmes arguments mis en avant par Boussaid, à savoir «renforcer l’immunité de l’économie nationale pour faire face aux crises extérieures, appuyer sa compétitivité et favoriser la croissance».

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc