Régions

Rabat: Le bout du tunnel pour le plateau d’Akrach?

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5189 Le 17/01/2018 | Partager
Homologué en 2008, le plan d’aménagement arrive à échéance en novembre prochain
Un projet modificatif discuté par les autorités pour désengorger le foncier
Il prône une ouverture progressive du site à l’urbanisation
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Le plateau d’Akrach se distingue par une situation stratégique et constitue une réserve foncière pour la capitale. Mais l'absence de vision pour cette zone bloque son aménagement et son ouverture par la suite à l’urbanisation

Homologué en 2008, le plan d’aménagement sectoriel du plateau d’Akrach arrive à échéance en novembre prochain. Pendant toute une décennie, rien n’a été fait sur ce site restant encore vierge. Un échec pour la ville qui n’a même pas pu entamer les travaux d’aménagement d’une partie de cette zone dont la superficie totale avoisine 1.100 ha. Alors que ce dernier constitue une bouffée d’oxygène pour la ville de Rabat où le foncier devient très rare.

En anticipant l’arrivée à échéance du plan homologué en 2008, un projet du plan modificatif du plan d’aménagement sectoriel du plateau d’Akrach a été examiné dernièrement par le comité technique local qui s’est réuni sous la présidence de Mohamed Mhidia, wali de la région de Rabat-Salé-Kénitra. Une réunion à laquelle ont pris part notamment les présidents de conseils élus et les responsables des services déconcentrés.

Dans son intervention, le wali a rappelé «l'importance de ce site, de par sa situation stratégique pour la ville de Rabat et aussi comme réserve foncière en mesure de répondre aux besoins des habitants, notamment en matière de logements, d’équipements sociaux, de loisirs et de services». Les leçons tirées de l’échec de la décennie «blanche» avec les nouveaux défis urbanistiques à relever, une nouvelle approche a été retenue par le projet du plan examiné par le comité technique local.

Premièrement, il faut signaler que l’ouverture du plateau d’Akrach à l’urbanisation va se faire d’une manière progressive avec trois secteurs programmés par étapes, souligne Khaddouj Guenou, directrice générale de l’Agence urbaine de Rabat-Salé. Le projet du plan modificatif actuellement lancé va concerner seulement le secteur 1 étendu sur une superficie d’environ 400 ha, précise-t-elle.

Les plans se rapportant aux deux autres secteurs seront réalisés par la suite. Le projet modificatif du secteur 1 est un document d’urbanisme d’une nouvelle génération, est-il précisé. Ce qui a permis de créer de nouvelles formes urbaines selon des règles d’urbanisation flexibles favorisant la mixité fonctionnelle et le renforcement de la dynamique d’acteurs avec l’objectif de la consécration de l’urbanité de la ville verte de Rabat, explique Guenou. Cela à travers notamment l’intégration des espaces naturels comme élément structurant et l’adoption d’une faible densité afin d'optimiser les caractéristiques naturelles du site.

La réunion du comité local technique est la première étape de concertation de la phase d'instruction de ce projet. Par la suite, il sera soumis à l’enquête publique et la délibération communale avant d'être envoyé à la commission centrale. «Tous les efforts seront déployés pour que l’homologation de ce plan concernant le secteur numéro 1 du plateau d’Akrach soit effectuée au courant de cette année», espère la directrice générale de l’agence urbaine.

Mais après l’homologation, s’impose la mise en place d’une approche institutionnelle et participative proactive pour activer l’ouverture de ce site à l’urbanisation en respectant les objectifs fixés par ce plan. A ce titre, il convient de signaler que la majorité des propriétaires sont des particuliers, ce qui rend difficile leur mobilisation pour contribuer notamment au financement des travaux d’aménagement du site.

La directrice de l’AURS profite de l’occasion pour signaler que l’année 2018 sera également consacrée à l’adoption du plan d’aménagement de la ville de Rabat qui a pris un énorme retard car la date de lancement remonte à 2008. Alors que les plans se rapportant aux communes de Bouknadel et Shoul sont déjà envoyés au Secrétariat général du gouvernement pour homologation.

Manque à gagner

Après l’homologation du plan d’aménagement du plateau d’Akrach, un débat houleux a été suscité au sein du conseil de la ville présidé à l’époque par le socialiste Fathallah Oualalou. Pour faire face au déséquilibre du budget de la commune, quelques élus ont proposé la mise en application de la taxe sur les terrains non bâtis au niveau de cette zone du fait que celle-ci est couverte par un plan d’aménagement dûment homologué. Le montant des recettes à dégager a été estimé à cette époque à 75 millions de DH par an. Une proposition qui n’a pas pu aboutir par la suite en avançant comme argument que les propriétaires ne pouvaient pas construire du fait que le site n’est pas encore aménagé et raccordé aux réseaux d’eau et d’électricité. Les propriétaires attendent que l’Etat réalise ces travaux, ce qui va valoriser davantage le prix du terrain, explique un élu. Il s'agit d'une valorisation qui va se faire au détriment des finances de la collectivité, regrette-t-il.

 

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