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Enquête ReKrute.com: Stress, fatigue, insomnie… au bord du burn-out!

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5185 Le 09/01/2018 | Partager
8% des cadres sont malheureux au travail, 6% énervés et le tiers stressé
Plus de la moitié manque de moyens pour réussir leurs missions
Des contraintes qui pèsent lourdement sur la productivité
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L’épuisement au travail guette plus particulièrement ceux qui s’occupent des autres. C’est le cas des cadres, dont la moitié souffre de stress et fatigue, et 9% sont sujets à des insomnies et à de la fatigue chronique

La vie n’est pas toujours rose en entreprise, et plus particulièrement pour la catégorie des cadres. 58% de ceux sondés par l’enquête du jobboard ReKrute.com disent souffrir de stress, fatigue et insomnie. Ce sont les seniors, avec plus de 10 ans d’expérience, qui sont le plus touchés. Leur niveau de stress est supérieur de 10 points à celui des cadres juniors. Cet état psychologique, souvent lié aux responsabilités qu’ils assument au fil des années en poste, pèse sur leur moral.

«Plusieurs facteurs sont à l’origine de stress (problème d’organisation, manque d’estime de son travail ...). Mais ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui, l’environnement externe impacte fortement le moral des cadres», indique Khalid Benghanem, directeur des ressources humaines de Taqa Morocco et membre du directoire. «Un exemple simple, celui de l’état dans lequel la majorité des salariés arrivent déjà le matin à leur travail avec une circulation insupportable», illustre-t-il.

Ce mal-être est d’autant plus grand que 55% des cadres estiment ne pas disposer des moyens nécessaires pour réussir leur mission. Ce qui représente une très grande frustration. A titre de comparaison, la même enquête réalisée en mai dernier auprès des dirigeants, avait relevé que 68% étaient satisfaits des outils qui leur sont fournis. Par ailleurs, moins de 2 cadres sur 10 affirment être sereins, et 18% se sentent heureux au travail.

Le tiers, lui, se dit stressé, tandis que 8% sont malheureux et 6% énervés. Le reste, quant à lui, est indifférent. «Etre malheureux au travail est toujours mauvais. Même si ce pourcentage semble petit, des efforts importants doivent être entrepris par les entreprises marocaines pour le bien-être de leurs collaborateurs», insiste Khalid Benghanem. «Cela ne peut être que bénéfique pour les engager davantage et les rendre plus performants», poursuit le DRH de Taqa Morocco.

Plus en détail, les cadres avec 6 à 10 ans d’expérience sont les plus malheureux et frustrés dans leur job. Pour l’ensemble, ils estiment que leur vie professionnelle est décourageante, sans intérêt, et ressentent même du rejet pour leur entreprise. La fatigue est dominante chez les plus expérimentés, 65% contre 48% pour les débutants.

«Eprouver du stress survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement, et de ses propres ressources pour y faire face», explique Loufia Akki, DRH de L’Oréal. Toutefois, malgré ces difficultés, une partie d’entre eux (qui ont entre 8 et 10 ans d’expérience) se dit heureuse, 14%. Les cadres juniors eux, ont une autre perception de la qualité de vie au bureau.

En début de carrière, et avec de l’énergie à revendre, ils admettent que leur travail est stimulant et développent un fort sentiment d’appartenance envers leur organisation. Ce cumul de contraintes entraîne un impact réel sur leur état de santé.
Selon l’étude de ReKrute.com, 49% d’entre eux avouent être fatigués moralement et subissent un stress continu au travail.

Par ailleurs, 1 cadre sur 10 souffre de troubles du sommeil et de fatigue chronique. «Les cadres doivent faire face à deux problématiques. Leur gestion du stress et leur rôle de manager face au stress des collaborateurs. Pour pallier ces situations, ils doivent doser le niveau de responsabilités adressées à chacun, en apportant du soutien social et en orientant tout le monde», précise Loufia Akki.

Plusieurs actions peuvent être déployées afin d’améliorer la qualité de vie au travail. Certaines entreprises optent pour les teams buildings et formations, tandis que d’autres préfèrent le dialogue, et choisissent d’instaurer des points hebdomadaires ou mensuels entre les salariés et les managers. «L’entreprise peut effectuer une enquête interne annuelle.

Cela permet aux collaborateurs de s’exprimer plus librement, et au management d’analyser leur vision quant au cadre de travail, et continuer ainsi à s’améliorer», propose la DRH de L’Oréal. «Nous avons adopté le mode de travail collaboratif. Lors des deux entretiens annuels d’évaluation et de développement, des objectifs clairs sont fixés dont un basé sur la collaboration», précise-t-elle.

 

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