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Arabie saoudite «Personne n’est au-dessus de la loi…»

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5185 Le 09/01/2018 | Partager
Riyad sanctionne les princes mauvais payeurs
Ils doivent payer leurs notes d’eau et d’électricité...

Dans un extrait de son livre sur le président américain «Fire and Fury: Inside the Trump White House», Michael Wolff décrit la synergie entre le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et Donald Trump. Ce dernier aurait même joué un rôle dans la purge qu’a connu en 2017 l’Arabie Saoudite! Celle-ci se poursuit en ce début d’année. 

«Personne n’est au-dessus de la loi», a tenu à souligner le procureur général d’Arabie saoudite, Cheikh Saoud Al Mojeb, après l’arrestation de onze princes saoudiens. Ils avaient protesté contre une décision du gouvernement de cesser de payer les factures d’eau et d’électricité des membres de la famille royale.

Les princes (dont l’identité n’a pas été révélée) réclamaient aussi une compensation pour la condamnation à mort d’un de leurs cousins, reconnu coupable de meurtre et exécuté en 2016. En novembre dernier, les autorités avaient déjà arrêté plus de 200 personnalités, dont des princes, des ministres et des ex-ministres. C’était lors d’une purge liée à la volonté des autorités d’en finir avec la corruption.

Riyad a adopté ces dernières années une série de mesures d’austérité. Début janvier, le gouvernement saoudien a introduit pour la première fois une TVA à 5% sur la plupart des produits et services et annoncé une hausse substantielle des prix du carburant à la même date.

Des mesures d’austérité ont jusqu’ici consisté à augmenter les taxes sur le tabac et les boissons gazeuses et énergisantes, à imposer des taxes sur les expatriés et à augmenter davantage les prix de l’énergie et de l’eau. Il faut dire que la chute des prix du pétrole a affecté l’économie du premier exportateur mondial de brut. Le pays a accumulé ces quatre dernières années 258 milliards de dollars de déficits budgétaires. Il table pour 2018 sur un cinquième budget en déficit (à 52 milliards de dollars).

L’Arabie saoudite a annoncé qu’elle augmentait des allocations et avantages sociaux destinés à ses citoyens afin d’amortir l’impact des réformes économiques. En 2017, le PIB saoudien s’est contracté pour la première fois depuis huit ans, en partie à cause des effets des mesures d’austérité sur la consommation. Le budget 2018 prévoit toutefois des dépenses publiques importantes dans le but de renouer avec la croissance (1,1% en 2018 contre  0,1% en 2017, selon les projections du FMI).

Riyad est engagée dans un effort de diversification de son économie, incarné par le plan Vision 2030. Ce dernier prévoit entre autres l’introduction en Bourse de 5% du géant pétrolier d’Etat Aramco, en 2018 et la création d’un fonds souverain de 2.000 milliards de dollars. Plusieurs méga-projets ont été annoncés dont une zone spéciale de développement appelée NEOM et nécessitant 500 milliards de dollars d’investissements.

Ce que recommande le FMI

Le FMI avait conseillé à l’Arabie saoudite de ne pas aller trop vite dans ses réformes et dans les hausses de prix. Ceci au moment où le royaume reste confronté à la baisse de ses revenus pétroliers. «Si l’assainissement des finances publiques est réalisé trop rapidement, cela aura un effet négatif sur la croissance et entraînera de fortes hausses des prix du carburant et de l’électricité», avait estimé l’institution. La hausse des prix du carburant et de l’électricité a généré 7,5 milliards d’euros en 2016. Il faudrait s’attendre à 57,7 milliards d’euros d’ici 2020, selon les estimations. Les taxes et la TVA devraient générer 17 milliards d’euros d’ici 2020, soit 2 à 3% du PIB.

 

 

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