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Justice

L’accusation donne un avant-goût de son réquisitoire

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5184 Le 08/01/2018 | Partager
Convocation de témoins, vidéos, expertise médicale...
La défense face à un redoutable jeune procureur
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Al Hoceïma, la capitale du Rif, a connu depuis octobre 2016 des manifestations. L’on relève sur la photo le portait de Nasser Zefzafi brandi par des manifestants (Ph. Bziouat)

Hakim El Ouardi représente l’accusation dans le procès des événements d’Al Hoceïma (voir ci-dessus). Ce substitut du procureur du Roi est connu pour son ton provocateur, son expertise juridique hors pair et sa précision chirurgicale. Le jeune magistrat se lève de son siège en ce 5 janvier hivernal pour répondre aux multiples requêtes préliminaires de la défense: moyens de transport utilisés par la justice, convocation de témoins et de certains médias, jonction de plusieurs documents au dossier judiciaire…

Le procureur du Roi va qualifier, selon les cas, certaines demandes de «généralistes, inutiles ou bizarres». Comme lorsque l’un des avocats de la défense, Me Aziz Chaouch, affirme que «l’avion transportant certains accusés allait faire l’objet d’un tir balistique! Et qu’un autre groupe a été déplacé depuis Al Hoceïma par bus» lors de l’enquête préliminaire. «Qu’ils soient transportés par voie aérienne ou autre, l’essentiel est que les accusés sont arrivés saints et saufs», rétorque le magistrat.

Concernant la convocation de certains témoins en lien avec les incidents de Ouled Aâmer, l’accusation «n’y voit aucun inconvénient dans la mesure où cela va garantir le débat contradictoire» dans ce procès.
Le magistrat déclare aussi «vouloir convoquer en temps utile des témoins». Il y en aura une vingtaine dans ce dossier. Les noms de plusieurs personnes sont cités, comme celui de Benissa El Marzouki.  L’interruption en mai 2017 de la prière du vendredi dans la mosquée Mohammed V à Al Hoceïma est l’un des faits marquants de ce dossier. L’incident figure d’ailleurs parmi les charges dont doit répondre le meneur des manifestants, Nasser Zefzafi.

Le ministère public assure que les témoignages à charge recueillis lors des enquêtes «seront appuyés par des vidéos réalisées par la police judiciaire». Ces preuves à charge seront dévoilées aussi lorsqu’il sera question «des violences commises lors de l’arrestation de Zefzafi contre des agents de la force publique», promet l’accusation. Et qui assure que les rapports médico-légaux seront versés au dossier «pour démentir les prétendus cas de suspects torturés».

Les expertises médicales seront les seules à l’être «puisqu’elles ont une nature juridique et ont un lien direct avec cette affaire», argue la magistrature debout. La défense avait réclamé de joindre aussi le communiqué du Palais royal et les rapports de la Cour des comptes et du CNDH.

 

 

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