Justice

De Gdim Izik aux événements d’Al Hoceïma: Une justice qui réitère ses vœux de transparence

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5184 Le 08/01/2018 | Partager
Le CNDH se positionne comme observateur
Organisation logistique et sécuritaire exceptionnelle
Police, Gendarmerie et Protection civile parties aux procès
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Le procès des événements d’Al Hoceïma va reprendre ce mardi 9 janvier à la Cour d’appel de Casablanca (Ph. Jarfi)

Un dispositif sécuritaire imposant accueille les visiteurs de la Cour d’appel de Casablanca. Vendredi 5 janvier, un peu plus d’une trentaine d’accusés comparaissent dans le procès des événements d’Al Hoceïma. Fait rare: les chroniqueurs judiciaires venus couvrir l’audience devaient se munir obligatoirement d’une accréditation et passer par un portique de sécurité pour accéder à la salle n°7.

A l’intérieur, Nasser Zefzafi, figure de proue des manifestants du Rif, et ses compagnons sont invisibles au public. Ils ont été installés par les forces de l’ordre dans un grand box blanc qui ne laisse rien apparaître. Appareils photos et caméras sont strictement interdits dans la salle d’audience.

Les 32 accusés font face à une longue liste de charges retenues par le juge d’instruction Abdelouahed Mjid. «Comploter en vue de porter atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat» est l’une des plus graves accusations. Les peines encourues peuvent aller de 5 à 20 ans de prison, selon l’article 201 du code pénal.

Le débat public n’est qu’à son début dans ce procès qui s’annonce marathon. Nous sommes donc loin encore de la sentence finale. Ce grand dossier compte cinq acteurs: la Cour présidée par Ali Torchi, le ministère public représenté par le jeune substitut du procureur du Roi Hakim El Ouardi, le greffier qui dresse le procès-verbal de chaque audience, les avocats de la défense et ceux de la partie civile. Des bancs ont été réservés aux plaideurs selon qu’ils représentent les accusés ou les plaignants. Ces derniers, c’est-à-dire la partie civile, sont la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), la Gendarmerie royale et la Protection civile.

Ces corps sécuritaires ont mandaté 4 avocats, notamment Mes Brahim Rachidi et Abdelkbir Tabih. L’Agence judiciaire du Royaume s’est également jointe à la procédure en tant que partie civile. Deux de ses juristes sont là pour représenter les intérêts de l’Etat marocain. Nous sommes donc en présence d’un grand procès qui s’inscrit dans la lignée de celui de Gdim Izik (cf. L’Economiste n°5071 du 24 juillet 2017).

La présence du Conseil national des droits de l’homme (CNDH) en tant qu’observateur est l’un des points communs entre l’affaire d’Al Hoceïma et celle de Gdim Izik. Soumicha Riyaha est la présidente de la Commission régionale des droits de l’homme de Casablanca-Settat. Elle fait partie des trois personnes mandatées par le CNDH pour suivre le procès de bout en bout. La mission de ces observateurs est de constater le respect des principes du procès équitable.

A l’instar de l’affaire Gdim Izik, le CNDH devra dresser un rapport final et qui sera rendu public (cf. L’Economiste n°5141 du 3 novembre 2017). Ce procès a aussi ses accessoires et qui sortent bien entendu de l’ordinaire judiciaire. Trois grands écrans, des caméras pour filmer chaque fait et propos et des micros pour que le débat soit véritablement audible. Un dispositif qui est loin d’être la règle dans d’autres procès…

 

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