International

Erdogan chez Macron pour parler «droits de l’Homme»

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5183 Le 05/01/2018 | Partager
Un critère important pour adhérer à l’UE
Cette visite portera aussi sur les dossiers régionaux

Le message est clair. La Turquie va devoir faire «des gestes très concrets» sur les droits de l’Homme si elle veut donner un nouvel élan à sa candidature européenne. Le président français Emmanuel Macron a annoncé qu’il aborderait cette question ce vendredi 5 janvier avec son homologue turc alors que cette visite est critiquée en France, notamment du côté de la gauche radicale et du Parti communiste.

Avant d’adhérer à l’Union européenne, plusieurs étapes doivent ainsi être franchies notamment par rapport au respect des libertés fondamentales. Le président turc se rend à Paris au moment où son pays semble vouloir rétablir ses relations avec l’UE après la crise traversée en 2017. L’ampleur des purges menées par la Turquie après la tentative de coup d’Etat de juillet 2016 lui a valu de nombreuses critiques de ses partenaires européens, Berlin en première ligne.

Ce qui ramène quasiment à l’arrêt les négociations sur sa candidature d’adhésion à l’Union. La presse étrangère fait état de plus de 140.000 personnes qui ont été limogées et suspendues et plus de 55.000 ont été arrêtées (dont des universitaires, des journalistes et des militants pro-kurdes).

Le président français a assuré qu’il aborderait également avec son hôte la situation des journalistes emprisonnés. Lors de son intervention à l’Assemblée générale des Nations unies en septembre, il avait plaidé pour la création d’un poste de représentant spécial du secrétaire général à la protection des journalistes. Le 31 octobre, à Strasbourg, il avait également affirmé son souhait que «la Turquie et la Russie, tous deux signataires de la Convention européenne des droits de l’Homme, respectent les engagements qu’implique leur adhésion, notamment en matière de liberté de la presse».

Cette visite bilatérale portera aussi sur les dossiers régionaux, comme le conflit syrien ou la question du statut d’Al Qods. Erdogan avait salué le soutien de Paris, mais aussi de Berlin sur ce dernier sujet.
Pour de nombreux observateurs, la Turquie souhaite se rapprocher de la France au moment où elle rencontre de nombreuses difficultés au Moyen-Orient (Syrie, Irak) et connaît des tensions diplomatiques avec les Etats-Unis. Il s’agit aussi de renforcer la coopération sur des dossiers clés comme la lutte contre le terrorisme et la crise migratoire.

Les questions économiques

Outre les questions politiques, les deux chefs  d’Etat devraient aborder des questions économiques, souhaitant renforcer leurs relations dans ce domaine.
En 2016, les échanges entre les deux pays valaient 13,38 milliards de dollars, selon les chiffres d’Ankara. Par ailleurs, la Turquie a signé en novembre une lettre d’intention avec la France et l’Italie ouvrant la voie à l’achat par Ankara de missiles sol-air au consortium franco-italien Eurosam.

 

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