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«Hirak» de Jerada Voilà pourquoi ils manifestent

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5182 Le 04/01/2018 | Partager
Créer de l’emploi et faciliter l’investissement
Réhabiliter les mines de charbon ou les fermer définitivement
12,3 milliards de DH débloqués depuis 2003 pour la province
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Sur le terrain, les manifestants ont maintenu leurs protestations jusqu’à mardi. Ils se sont grimés avec du charbon et ont entamé un tintamarre de casseroles pour protester contre la marginalisation de leur ville et revendiquer des actions concrètes en matière d’emploi. Le tout de manière pacifique (Ph. A. K.)

Pas de temps libre pour Aziz Rabbah, ministre de l’Énergie, des Mines et du Développement durable depuis son arrivée hier mercredi à Jerada. Il a présidé une série de rencontres avec les différents acteurs locaux dont notamment ceux du Hirak.

Cela a permis aux jeunes protestataires, qui viennent de constituer leur comité représentatif et boucler leur cahier revendicatif, de présenter leurs doléances à la délégation ministérielle et aux autorités locales. Leurs attentes s’orientent principalement vers une équité dans l’octroi du travail et le partage des richesses. Mais surtout, le collectif «exige» que les responsables soient pointés et qu’ils rendent des comptes.

Dans le détail, ces jeunes sollicitent des projets économiques à impact direct sur l’emploi. Si, à Jerada, les mines de charbon sont encore exploitables, que les autorités fassent en sorte de sécuriser cette activité afin qu’elle soit inoffensive et rentable. Sinon, qu’elles procèdent à leur fermeture définitive, décourageant ainsi toute activité clandestine.

Les protestataires souhaiteraient également que les autorités locales supervisent les procédures d’embauche au lieu de les déléguer à des prestataires ou des intermédiaires. Et aussi faire en sorte que les diplômés de la province soient prioritaires dans les concours qui seront lancés par les départements de l’Enseignement, de la Santé, de l’Energie, de l’Agriculture, etc.
Parmi les autres requêtes exprimées, certaines sont à vocation culturelle, comme la construction d’un musée de mémoire pour les mineurs, et sportive.

L’objectif est de redynamiser cette province qui survivait depuis la débâcle des Charbonnages du Maroc. Et comme pour tout plan de développement régional, cela doit passer par des encouragements fiscaux et du foncier accessible pour intéresser des investisseurs potentiels.

C’est dans ce contexte que la délégation présidée par Rabbah a tenu une première réunion mercredi après-midi avec les autorités locales, suivie de rencontres au siège de la province de Jerada avec les élus locaux, les syndicats, les partis politiques, les associations locales et les représentants du Hirak. «Ces réunions se poursuivront dès 8h30 jeudi matin», précise la wilaya de l’Oriental.

Avant d’arriver à Jerada, Aziz Rabbah a dressé un tableau exhaustif des programmes de développement réalisés à Jerada depuis 2003 lors d’une séance plénière à la Chambre des représentants. Il a rappelé que l’État a débloqué 12,3 milliards de DH depuis cette date. Un budget qui a servi au renforcement de l’infrastructure de base (1,54 milliard de DH), 340 millions de DH pour les programmes de l’INDH, 380 millions de DH pour les projets sociaux, 3 milliards de DH pour l’extension de la centrale thermique de Jerada (quatrième tranche). Elle devrait générer à terme 900 emplois. Ce n’est pas encore le cas.

Une cinquième tranche est en phase d’étude et sera lancée incessamment pour renforcer la capacité productive en électricité de la province. Elle s’ajoutera au projet d’extension de la centrale thermo-solaire à cycle combiné intégré d’Aïn Bani Mathar, lui aussi programmé pour 2018.

L’ensemble de ces investissements s’ajoute aux 2,2 milliards de DH d’indemnités aux 4.647 ouvriers des Charbonnages du Maroc, dont 684 millions de DH comme indemnisations (accidents de travail, maladies professionnelles et la sécurité sociale) et 231 millions de DH pour régulariser les ouvriers qui n’avaient pas totalisé 3.240 points pour bénéficier de la retraite. Toutefois, ces actions n’ont pas modifié la donne. Seulement 300 ouvriers ont été embauchés par l’ONEE et la majorité d’entre eux n’a pas pu réussir sa reconversion vers d’autres métiers ou activités. Ils n’ont pas été préparés ou accompagnés pour y parvenir.

Sur le terrain, les manifestants ont maintenu leurs protestations jusqu’à mardi. Ils se sont grimés avec du charbon et ont entamé un tintamarre de casseroles pour protester contre la marginalisation de leur ville et revendiquer des actions concrètes en matière d’emploi. Ce n’est pas la première fois que les manifestants du Hirak recourent à cette forme de protestation. Elle fait suite à celle organisée lundi et mobilise des milliers de protestataires chaque jour.

Des responsabilités pour l’ONEE aussi

Le cahier revendicatif réclame à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) d’accorder des prix préférentiels aux abonnés de la province car la production d’électricité impacte négativement leur environnement et santé. Ils insistent par ailleurs sur l’importance de réserver une partie des revenus de la TVA de l’ONEE aux projets de croissance locaux au lieu de les verser à Casablanca (lieu du siège central de la direction de l’ONEE).

De notre correspondant,
Ali KHARROUBI

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