Régions

Plan d’action communal: Un air de déjà-vu à Casablanca!

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5182 Le 04/01/2018 | Partager
Le PAC calqué sur le plan de développement du Grand Casablanca
52,7 milliards de DH pour la période 2016-2022
28 programmes et plus de 200 projets
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Le volet infrastructures/équité territoriale s’accapare la plus grosse part en termes de budget et de nombre de projets programmés d’ici 2022

La montagne a accouché d’une souris! Après plus de deux années de gestation, de diagnostic et de concertations, le Conseil de la ville de Casablanca vient de mettre les dernières retouches à son plan d’action communal (PAC), tant attendu. Une copie de ce document a été livrée aux élus communaux.

Cette mouture fera l’objet d’une série de consultations dans le cadre des commissions mixtes avant sa présentation au vote lors de la session ordinaire en février 2018. La commune urbaine de Casablanca (CUC) sera donc la dernière à dévoiler son programme de développement après la région Casa-Settat (mars 2017) et le conseil préfectoral (septembre 2017).

En tout, ce programme s’étend sur  six ans (jusqu’à 2022). Il nécessitera un montant global de près de 53 milliards de DH, pour financer 28 programmes et plus de 200 projets. Mais la part de la commune urbaine de Casablanca (CUC) dans ce budget ne dépassera pas les 6,8 milliards de DH (soit 12,7%). Le reste des financements sera assuré entre autres par la région, la DGCL ainsi que d’autres partenaires.

Avec un budget annuel ne dépassant pas au mieux les 4 milliards de DH, la CUC a-t-elle les moyens de ses ambitions? Le maire table sur une amélioration des recettes de l’ordre de 73% (à l’horizon 2022) par rapport à l’année 2015. Un pari difficile à tenir, selon des élus de l’opposition. A elle seule, la réalisation du PAC, par un bureau d’études, aura nécessité une enveloppe de 192 millions de DH.

Mais à y voir de plus près, la majorité des projets listés dans le document (non encore définitif) sont déjà engagés ou calqués sur le plan de développement du Grand Casablanca (initié à l’époque Sajid). «Où est donc la valeur ajoutée de l’équipe actuelle», s’interroge un élu de la commune.

D’ailleurs les cinq axes stratégiques du PAC sont pratiquement les mêmes que ceux du PDGC: développement durable/qualité de vie (36 projets), infrastructures/équité territoriale (40 projets), développement économique et social (32 projets), animation locale et développement participatif (37 projets) et transformation digitale (28). Ces axes reposent sur trois piliers: gouvernance et modernisation de l’administration communale (12 projets),  amélioration des recettes financières et  valorisation des biens communaux (11 projets) ou encore communication et relations publiques (9 projets).

A l’instar du PDGC, le plus gros des 52 milliards de DH (plus de 36 milliards) sera consacré à la mobilité, aux infra-structures et aux voiries. Sur ce montant, 6 milliards seront dédiés à la propreté (l’une des multiples plaies de la ville), 1,2 milliard aux espaces verts, 4 milliards aux voiries, 2 milliards aux ouvrages d’art (ponts, trémies…), 12 milliards au recasement des bidonvillois et à la réhabilitation des quartiers sous-équipés…

Pour rappel, le décret n° 2-16-301, approuvé en Conseil de gouvernement en juin 2016, fixe la procédure d’élaboration du plan de développement de la commune, son suivi, son actualisation et son évaluation, et les outils de dialogue et de concertation en vue de son élaboration. Valable pour 6 ans, le PAC trace la feuille de route et les actions de développement à réaliser, en vertu des dispositions de la loi organique 113-14.

Il doit comporter un diagnostic mettant en évidence les besoins et les potentialités de la commune, une identification des priorités et une évaluation des ressources et dépenses prévisionnelles. Le plan peut être actualisé à partir de la 3e année de son entrée en vigueur.

 

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