Competences & rh

Accidents scolaires Flagrante ignorance des parents

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5176 Le 26/12/2017 | Partager
Les détails des polices d’assurance restent méconnus
Et ce, malgré les tarifs vertigineux imposés par certaines écoles privées
Dans le monde rural, beaucoup préfèrent s’en passer

La plupart des parents ignorent ce que couvre l’assurance scolaire de leurs enfants. Ceux dont les bambins sont inscrits dans des écoles privées, non plus, n’en savent pas grand-chose. Et ce, même si parfois ils paient des sommes vertigineuses, variant entre 1.500 et 4.000 DH, présentées dans une rubrique assez vague, «frais d’inscription et assurance».

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Si dans le public les tarifs sont symboliques, dans le privé les établissements scolaires imposent des prix souvent exagérés, inclus dans une rubrique fourre-tout, «frais d’inscription et assurance» (Source: L’Economiste)

«Un contrat bien garni, en général, ne dépasse pas les 150 DH. Les tarifs les plus courants varient entre 30 et 70 DH. Tout ce qui est facturé en plus par les écoles relève de l’exagération des frais», assure un spécialiste des assurances.
Obligés de se plier aux exigences des écoles, rares sont ceux qui contestent les dérives tarifaires de certains établissements.

En cas d’accident, beaucoup n’hésitent pas à faire valoir leur propre assurance maladie. Les écoles, elles, se réservent bien de leur livrer une copie de la police d’assurance. Pour les assureurs, les établissements sont, pour ainsi dire, de bons clients! «Cela témoigne de l’ignorance de ces parents. Pourquoi ne profitent-ils pas d’une assurance qu’ils ont déjà payée?», souligne Abdellah Khamiss, président de l’Union de l’enseignement et de la formation libres au Maroc.

«Dans notre association, nous exhortons les établissements à fournir toutes les informations nécessaires, et même à livrer des carnets avec le descriptif de l’offre d’assurance», poursuit-il. Concernant les tarifs pratiqués, il s’agit d’un problème «d’appellation», selon le président de l’Union. «Auparavant, les écoles ne faisaient pas toutes preuve de transparence.

Dans ce qu’elles appelaient assurance, elles intégraient d’autres frais, comme des fournitures, du soutien scolaire ou des excursions, mais sans donner de détails aux parents. C’est un héritage que nous avons malheureusement gardé, mais les choses sont en train de changer», explique-t-il. 

Dans le public aussi, les parents ne cherchent pas à s’informer. Dans les villes, la majorité s’acquitte de la somme symbolique demandée pour chaque élève (12 DH par an), sans s’intéresser aux garanties offertes. Dans le milieu rural, beaucoup préfèrent carrément s’en passer, car n’en percevant pas l’utilité. D’autant plus que les excursions, activités sportives et animations sont rares, voire inexistantes, en milieu rural.

Dans certaines régions, le taux d’abstention peut aller à 40 ou 50%. Le faible pouvoir d’achat y est aussi pour beaucoup. «Parfois, même les frais d’inscription, nous n’insistons pas pour qu’ils les paient, de peur de les dissuader d’inscrire leurs enfants», confie un directeur d’école rurale.
Que ce soit dans le public ou dans le privé, un gros effort de sensibilisation est nécessaire, à la fois par les écoles et les assureurs.

 

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