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Holacratie: Responsabilisez vos salariés

Par Karim Agoumi | Edition N°:5176 Le 26/12/2017 | Partager
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Responsabiliser ses salariés en les impliquant dans le processus décisionnel de l’entreprise et en cultivant leur autonomie. C’est le concept à la fois original et novateur de l’holacratie. Une méthode structurée en cercles et nécessitant la tenue de réunions collectives spécifiques qui requière beaucoup de transparence ainsi que des qualités communicationnelles indéniables pour être appliquée avec succès.

Un moyen de favoriser la coopération et d’instaurer la confiance au sein des troupes, augmentant ainsi sensiblement leur motivation. Oubliez vos clichés sur les formes de management classiques et découvrez les ficelles de ce nouveau modèle de gestion qui optimise considérablement le rendement au travail grâce à Jihane Labib, coach superviseur et DG du laboratoire de coaching «CoachingLab».

■ Un management en cercles
L’holacratie consiste plus exactement en un mode d’organisation mis en place par une société américaine de logiciels en 2001 et repris par le conférencier Brian Robertson en 2007. Cette forme de management révolutionnaire distribue et partage l’autorité et le pouvoir au sein des entreprises pour les rendre plus agiles et performantes, se distinguant ainsi nettement des modèles pyramidaux top-down. L’on obtient alors des équipes auto-managées et des salariés autrement plus responsables. Le groupe est tout d’abord structuré en cercles interdépendants et auto-organisés. Le manager du cercle «supérieur» définit les objectifs du cercle inférieur et a également pour rôle de désigner son responsable dirigeant. L’intelligence collective est aussi entretenue via la tenue de réunions de gouvernance visant à définir les responsabilités de chaque équipe et de réunions opérationnelles permettant de synchroniser les troupes puis de gérer leurs différentes interactions.

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Jihane Labib est coach superviseur et dirige également le laboratoire de coaching «CoachingLab» en qualité de directrice générale. Un métier qu’elle exerce depuis plus de 8 ans aussi bien au Maroc qu’à l’international (Ph. J.L.)

L’avis du spécialiste: L’holacratie se différencie nettement du modèle d’organisation pyramidal classique. Reposant avant tout sur une intelligence collective et un leadership distribué, ce type de management supprime les postes de pouvoir pour rendre l’entreprise plus agile. Fonctionnant grâce à un système de cercles intégrés, chaque salarié devient leader et responsabilisé, se libérant par la même occasion de ses peurs et de ses ambitions personnelles.

■ Des bienfaits qui favorisent la productivité des troupes
L’adoption de ce nouveau mode managérial au sein d’une entreprise favorise la coopération et consolide la confiance entre les membres du groupe. Plus impliqués et autonomes, les salariés gagnent ainsi considérablement en termes de motivation et donc de bien-être. Une pratique qui renforce ainsi sensiblement la productivité des équipes.
L’avis du spécialiste: L’holacratie apporte une bonne dose d’autonomie à chaque acteur de l’entreprise. L’employé passe de la fonction de suiveur à celle de leader, ce qui lui apporte un regain de confiance en soi visible au niveau de ses performances. Les membres des équipes se libèrent également de leurs égos, bâtissant ainsi des liens simples et sincères avec leurs collaborateurs. Ils se sentent enfin particulièrement concernés par les décisions du groupe puisque les idées de chacun sont entendues à travers la tenue de réunions intelligentes.

■ Une démarche en plusieurs étapes
Pour réussir ce tour de force, le manager holacrate doit tout d’abord déterminer en amont le budget et le timing de la mise en œuvre de cette nouvelle pratique au sein de ses troupes. Il est ensuite d’usage de recourir à des coachs spécialisés pour

accompagner les employés et mettre en pratique l’holacratie. Un travail pouvant durer plus de six mois. A l’issue de ces interventions, les spécialistes externes passent le relais à des facilitateurs en interne. Ils continueront néanmoins à assurer le suivi des rapports et des comptes rendus des réunions pour garantir l’avancement et le succès de la démarche. Enfin, un bilan est dressé au bout de six mois. En cas de non atteinte des objectifs, le dirigeant fait de nouveau appel à des intervenants externes et relance le processus.
L’avis du spécialiste: Des étapes claires et précises doivent être suivies pour réussir à instaurer un management holacrate. Le dirigeant doit en premier lieu déterminer le temps nécessaire et les budgets correspondants à l’instauration de cette pratique au sein de ses troupes. Des intervenants externes - le plus souvent des coachs spécialisés - peuvent ensuite être mis à contribution pour accompagner ce changement en interne mais aussi en assurer le suivi rigoureux.
 

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A l’opposé des modèles pyramidaux top-down, l’holacratie fait progressivement son apparition en entreprise. Un mode de gestion comportant des équipes automanagées dont la responsabilité est matérialisée sous la forme de cercles interdépendants (Ph. CIC)

■ Des outils pour faciliter la tâche
L’holacratie en entreprise nécessite le recours à plusieurs logiciels spécifiques et qui s’avèrent particulièrement utiles pour le manager comme pour les employés. Les programmes GlassFrog ou encore Holaspirit permettent ainsi de cartographier et d’analyser l’organisation tout en faisant évoluer sa gouvernance.
L’avis du spécialiste: Bon nombre de logiciels facilitent le fonctionnement de l’holacratie en entreprise. Interactifs et faciles à manipuler, ces derniers répertorient les rôles de tout acteur de l’organisation. Chacun visualise ainsi son rôle et ceux de ses collaborateurs.
■ Une pratique encore au stade embryonnaire au Maroc
L’holacratie et les autres types de management agile sont peu adoptés par les entreprises marocaines. Seules quelques multinationales soucieuses du bien-être et de l’implication de leurs employés mettent en œuvre une telle pratique au sein de leurs équipes. L’application de cette démarche est en effet encore trop souvent freinée par des cultures d’entreprise trop figées ainsi que par les habitudes socioprofessionnelles des employeurs. A l’étranger, ce mode managérial commence pourtant à prendre les devants. Ainsi, plusieurs grandes entreprises, dont entre autres Décathlon ou encore Danone, ont déjà instauré des pilotes en holacratie au niveau de leurs départements.
L’avis du spécialiste: L’holacratie en est encore à ses balbutiements sous nos latitudes. Néanmoins, les dirigeants des entreprises marocaines seront un jour ou l’autre amenés à revoir leur management afin de s’adapter à un environnement en perpétuel changement. L’enjeu actuel consiste ainsi à réinventer nos organisations afin que ces dernières deviennent vraiment porteuses de sens.

 

 

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