Culture

Confluences Musicales révèle les trésors cachés d’Al Ala

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5174 Le 22/12/2017 | Partager
Raml Al Maya, joué intégralement devant le public
Un chantier de sauvegarde du patrimoine national
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Dans le cadre des rencontres «Abbadi», l’orchestre Rawáfid, sous la direction de maître Omar Metioui, interprétera pour la première fois  Raml Al Maya, dans son intégralité devant un public (Ph. D.R.)

Réunir les musiciens de musique andalouse pour exécuter les parties occultes des nùbas, c’est l’objectif que s’est donné l’association Confluences Musicales à Tanger, à  travers les rencontres de «Abbadi», désormais rendez-vous annuel des amateurs de musique andalouse.

L’évènement qui célèbre, du 22 au 23 décembre, sa 11e édition se propose d’exécuter la plus grande nùba du répertoire d’Al Ala, certainement la plus prisée de la part de presque tous les mélomanes, «la nùba Raml Al Maya». Constituée de panégyriques écrits et chantés à la gloire du Prophète, elle est considérée comme l’une des nûbâs majeures du répertoire et la plus grande œuvre religieuse du patrimoine de l’humanité.

Elle sera interprétée par l’Ensemble Rawáfid, sous la direction de maître Omar Metioui, pour la première fois dans son intégralité devant un public. S’il existe aujourd’hui un document de référence de la musique andalouse, qui est «l’Anthologie Al Ala», réalisé par le ministère de la Culture en 1991, et reconnu par tous les amateurs et spécialistes de la question, force est de constater, qu’aussi importante soit cette œuvre, elle n’a pas colligé tout le répertoire existant. 

«Le travail de recherche pour trouver toutes les san’as (chansons) non enregistrées dans l’anthologie, a été ardu. La plupart de ces san’as, une vingtaine, ont été conservées par les maîtres du Nord et seulement quatre par l’école de Rabat», précise Dr Omar Metioui, président de l’association Confluences Musicales.

Par la même occasion et pour faciliter la transmission et l’assimilation de la núba Raml Al Maya, en un temps record, à l’ensemble des musiciens, l’association a recouru à la transcription solfégique de tous les airs. Un livret sera distribué lors de cet événement qui contient une étude sur cette núba».

Un recueil qui réunit tous les poèmes chantés dans le répertoire de la  musique arabo-andalouse, où l’auteur revient sur presque chacune des san’s, qui sont au nombre de 135, pour expliquer son origine et donner quelques informations sur son évolution.

Il prend comme référence le corpus de Mohamed El Hayek, qui a compilé en 1799 une grande partie des chansons et poèmes. Un travail rectifié vers 1885 par Si Mohammed Ben Arbi El Jamaï, grand vizir du Sultan Moulay Hassan 1er et adopté par la majeure partie du Maroc, sauf les régions du Nord du pays qui sont restées fidèles aux copies originales d’El Hayek.

A travers les rencontres de «Abbadi» l’association tangéroise s’attelle à un immense chantier de réunification et de sauvegarde de notre musique traditionnelle. Car, comme le précise Metioui, «malgré le grand intérêt que revêt l’Anthologie d’Al Ala, il reste encore des san’as qui n’ont jamais été révélées au grand public».

 

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