Culture

Exposition: Quand les plasticiens conversent avec les poètes

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5171 Le 19/12/2017 | Partager
26 peintres, 24 poètes face à face
Des œuvres de la collection de Société Générale
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L’exposition magistrale, orchestrée par la commissaire Rim Laâbi, réunit une partie de la collection de Société Générale (Ph. D.R.)

«Le Poème se donne à voir/ Le Poème se donne à entendre/On le regarde. On l’écoute/Sorti de son drap de livre: il s’affiche, circule…».  Ces vers de Bernard Heidseick, le poète inventeur de la performance poétique, ou du poème action, font écho au plus lyrique des artistes peintres marocains: Jilali Gharbaoui.  Nous sommes à la galerie de Société Générale, pour la plus belle exposition qu’il nous ait été donné de voir cette année.

Une immersion émotionnelle intense orchestrée par la curatrice Rim Laâbi, artiste plasticienne et théoricienne de l’art. «Plasticiens du Maroc, Poètes du Monde» est une exposition magistrale qui réunit une partie de la collection de  Société Générale.
En tout, 26 plasticiens, 24 poètes…100 œuvres plastiques et 50 poème écrits et sonores.

«C’est ainsi que, par exemple, la ligne inouïe de Jilali Gharbaoui, moderne, matière fulgurante, libre, lieu de méditation, non sans lien avec des strates ancestrales de la mémoire visuelle et spirituelle marocaine, celle de la calligraphie arabe, se confronte et s’ouvre à la poésie sonore de Bernard Heidseick, contemporaine, effervescente, trépidante, bruits urbains à la texture quasiment physique, et réciproquement », interprète la curatrice .

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Loin d’illustrer ou de servir de simples commentaires aux toiles exposées, les poèmes sont présentés comme des œuvres à part entière, soit en résonance avec les tableaux, en confrontation ou en écho (Ph. D.R.)

En effet, loin d’illustrer ou de servir de simples commentaires aux toiles exposées, les poèmes sont présentés, selon une scénographie savamment étudiée, comme  des œuvres à part entière, soit en résonance avec les tableaux, en confrontation ou  en échos… «Un dialogue mettant chacun des arts à distance de leur contexte respectif pour affranchir le spectateur d’une familiarité qui l’aveugle». 

Des conversations intimes entre Farid Belkahia et Philipe Jaccottet, Abdelkebir Rabii et Ibn Arabi, Mohamed Chabaa et Abdellatif Laâbi ou encore Mahi Binebine et Mahmoud Darwich, et bien d’autres tandems, sont proposées à travers un itinéraire réparti en 8 espaces. «L’œil écoute», «Ligne de fuite», «Airs», «Nomade est la lumière», «A l’ombre des mots», «Souffles», «Ostinato» et enfin «Tout n’est pas dit».

Des espaces qui proposent une déambulation visuelle et sonore, mettant en exergue les passerelles entre différentes périodes, modes d’expression, disciplines… donnant le la,  «jusqu’à une poésie plastique, plastique par l’image, poétique par le langage», précise Rim Laâbi.
Une exposition qui se visite, sans début ni fin, au gré des allées,  privilégiant la perception, l’imaginaire, plutôt que la chronologie ou quelconque histoire toute tracée. A voir absolument à l’Espace d’art de Société Générale à Casablanca.

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